THÉATRE ANTIQUE
w EPUIS longtemps j'avais remarqué, à 250 mètres du Bab-ech-Cham, ou porte de Damas, à droite de la route qui mène à Naplouse, un grand tertre en forme d’hémicycle, entouré d’un mur en pierres sèches, et dont la pré-
sence m'intriguait fort. Je résolus d’en avoir
le cœur net, et j'y envoyai une équipe d’une demi-douzaine de terrassiers.
Ce tertre, qui a 4 mêtres d’élévation, était regardé par quelques-uns de mes compagnons de voyage comme n'étant qu’un amas de cendres analogue à celui dont je me suis occupé en parlant du temple; il y avait donc tout intérêt à chercher la solution du nouveau problème.
Le monticule fut entamé par le pied. Une tranchée de plus de 2 mètres ne produisit que de la terre végétale pure, sans le moindre mélange de cendres; à peine y trouva-t-on quelques fragments de marbre ayant servi de placage. Alors le travail fut reporté au sommet, où les résultats restèrent les mêmes. Si donc il y a là un massif de maçonnerie, il ne nous a pas été donné
| de l’atteindre.
Après cet insuccès, les travailleurs furent placés au bout de la branche gauche de l’hémicycle, contre l’amas de décombres qui représente la direction et la place d’un proscénium. Presque aux premiers coups de pioche, on rencontra un massif de blocage grossier, n'ayant malheureusement aucune forme caractéristique, mais dont la présence n’en était pas moins significative. [Il devenait évident que cet énorme monceau de terre végétale recouvrait, à une assez grande profondeur, une maconnerie en demi-cercle qui lui avait fait prendre la forme qu’elle affectait elle-même. Je ne conserve que de faibles doutes sur la présence d’un théâtre en ce point. Plus loin, on lira les raisons de sa disparition.
Dans la dernière tranchée, les morceaux de placage de marbre se montrèrent en grand nombre, et il fut aisé d’y reconnaître les traces manifestes d’un incendie.
Voici ce que Josèphe nous apprend du théâtre de Jérusalem.
En racontant l’histoire d'Hérode, il dit que ce roi fit construire un théâtre dans sa capitale, mais il néglige d'ajouter à son récit quelque détail topographique qui puisse nous guider pour en retrouver l'emplacement.
Toutefois nous devons nous rappeler que la ville était extrêmement resserrée dans ises umurailles ; que le quartier de Bezetha, qui devint plus tard la ville nouvelle, se trouvant englobé dans l'enceinte d’Agrippa, existait déjà à cette date et se développait chaque jour. Il n’y a donc rien que de très admissible dans l’hypothèse que ce théâtre aurait occupé un espace libre encore, mais situé à une faible distance des terrains réservés aux habitations, autrement dit dans un swburbium tel que devait être le lieu où se trouve aujourd’hui l’hémicycle dont il s’agit. |
D’après Josèphe, « le théâtre était décoré avec une grande magnificence, et portait sur son pourtour des inscriptions rap-
pelant les actes de la vie d’Augusté, avec les trophées "que
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