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premières en pierre, les trois dernières en planches, dont l’une était veuve d’à peu près la moitié de sa surface. Il n’y avait pas deux de ces cinq marches qui eussent la même hauteur, et comme elles étaient très élevées, il semblait difficile de rien trouver de mieux pour vous disloquer les jointures. Au bas de ce délicieux escalier commençait un corridor sur lequel étaient distribuées, à droite et à gauche, six bonnes petites chambres; puis, au bout du corridor, en tournant à droite, on se trouvait sur une nouvelle terrasse sans garde-fou, dominant la piscine. De ià, à gauche, une échelle détraquée conduisait à une dernière terrasse dominant toute la maison. Au fond, un escalier hors d'usage descendait vers la rue, et à droite, il y avait deux chambres semblables à celles du corridor. La première de ces deux chambres fut choisie par moi. Jénnemferai pas äkmestlecteurs Pinjüredercrorresquils ont jamais rien vu de plus bizarre que cette distribution, et cependantojenle dis ”enttoute Sincérité "maloremiewsolerlmalerente vent et la pluie, on s’habituait à l'hôtel Hauser et ne s’y trouvait pas si mal. D'ailleurs, n’était-on pas à Jérusalem, ce qui compense bien des inconvénients? et les maisons de cette ville, illustre entre toutes, ne sont-elles pas bâties, sans exception, sur des plans si invraisemblables qu’on les dirait choisis par plaisir pour se donner de l’exercice sans sortir de chez soi? Une fois installé, et mon bagage mis en ordre pour un séjour de quelques mois, je commencçai par faire l'inspection de ce que je pouvais apercevoir de mes fenêtres. Je dominais à pic le Birket-Hammam-el-Batrak, qui se montrait alors pres- He nentièrementiat sec (nous étions au 429 Octobre Onbnay voyait plus qu’une large flaque d’eau remplissant la partie méridionale de la citerne, et dans laquelle végétaient de larges touffes d’une plante aquatique vert-gris, peuplées de crapauds. Deux tronçons de colonne gisaient sur le roc qui forme le sol
du bassin. À l’angle nord-ouest, un escalier par lequel on a
pu jadis descendre dans la piscine; aujourd’hui, cet escalier n’aboutit plus qu'à une porte murée. A l’angle sud-ouest, et à 4 mètres environ au-dessus du fond, est percée l'ouverture d’un aqueduc en mauvais état, et comme l’eau qu’il apporte par les temps des grandes pluies doit être fort sale, on a pratiqué sur le fond de la piscine une espèce de petit réservoir formé de murs, où les immondices et la vase peuvent quelque péu se déposer avant que l’eau ne se répande dans la piscine proprement dite, quoique malproprement tenue. Sur ses quatre faces celle-ci est entourée de murs à pic appartenant aux maisons qui l’entourent. Devant moi (j'étais placé vers l’angle sud-est), j'avais la terrasse du patriarche latin, qui était alors Mgr Valerga; à ma gauche, la tour de David dominait toutes les autres constructions, à savoir : un café arabe avec balcon en bois surplombant la piscine, puis le consulat du royaume de Grèce, avec son mât de pavillon, et derrière le consulat la terrasse de M. Gobat, évêque anglican de Jérusalem. Enfin, j'étais affligé d’un voisinage peu récréatif, celui d’un moulin qui travaille jour et nuit, et dont les meules, mises en mouvement par un cheval ou par un âne, font un tapage incessant des plus monotones, quisn estienjohvétque/ par esters de forcéne du meunIenR ON jurerait qu’on étrangle ce brave industriel, et cependant il ne braille ainsi que pour donner du cœur à la pauvre bête qu’il emploie. Ce moulin doit occuper en partie la face nord du Birket-Hammam-el-Batrak.
Je reviendrai tout à l'heure à la piscine, mais puisque j'ai pris le parti de décrire l’hôtel Hauser, afin que mon lecteur, désireux peut-être de savoir comment sont disposées les maisons de Jérusalem, puisse ab uno discere omnes, je ne veux pas me dispenser de dire ce qui compense grandement les petits désagréments de l’organisation intérieure.
Je viens de décrire ce qui m’entourait du côté du Birket,
c'est-à-dire à l’occident; maintenant passons à l’orient.
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Je prends le chemin par lequel je dois descendre à la salle à manger, c’est-à-dire je grimpe les cinq marches de lescalier et me trouve sur la terrasse. Au-dessous de moi, la rue du Patriarche. Tout un flot de gens qui crient à qui mieux mieux, denontsexe dé tourace#demoutes couleurs; Lcofte. déstplus singulières, dans laquelle on entrevoit peu de costumes européens. D'autre cote della, ruelest'occupé par un établissement de bains orientaux dont les cheminées vous asphyxient toutes les fois que le vent est bon. Ce sont les bains du Patriarche (Hammam-el-Batrak); au delà s'étend un vaste terrain vague où fut jadis le grand hôpital des chevaliers de Saint-Jean. Plus loin, le dôme vert de la Qoubbet-es-Sakhrah, le Haram-ech- Chérif, l'enceinte du temple de Salomon; plus loin encore, la montagne des ir: Galilæi, le Mont des Oliviers avec le hameau qui en couronne le faîte, autour de l’Église de l'Ascension; puis à droite, le Mont du Scandale. Tout cela d’un gris fauve qu'égaye seule la pale verdure de quelques oliviers. A droite, je vois un couvent grec, puis l’escarpement de l’ancienne ville des Jébuséens, garni aujourd’hui d'habitations, dont quelques-unes ont un aspect européen des plus charmants. A gauche, et tout près de l’hôtel, l’église du Saint-Sépulcre, dont la coupole à cette époque était encore indignement délabrée. lout contre le Saint-Sépulcre: s'élève une: mosquée dont lé muezzin vous réjouit le plus régulièrement du monde de ses pieuses gargouillades. Au delà, vers le nord, j'aperçois les quartiers ennamplithéatre de ABezethanetl d'Atra, amas de constructions grises, ou du blanc le plus cru, cubes de maçonnerie recouverts invariablement d’une coupole. Voilà ce que Je pouvais voir de l'hôtel Hauser, quand je voulais, à chaque heure, à chaque minute. Trouvez-moi, je vous prie, dans Punivers entier, un panorama qui réveille plus de souvenirs grandioses que n'en réveille celui-là! Je me hâte de revenir à la
piscine que J'ai failli perdre de vue.
C’est cet immense réservoir que Josèphe appelle Amy gdalon, l'amande. Elle est taillée dans le roc vif, exactement rectangulaire, et ses dimensions sont encore très grandes, bien que les constructions modernes aient empiété notablement sur son extrémité septentrionale. Tel qu'il est aujourd'hui, le Birket- Hammam-el-Batrak a 84 mètres de longueur sur 40 de largeur.
Voici l’histoire de cette piscine
Au moment où les attaques des rois chaldéens commençcaient à présager la ruine du royaume de Jérusalem, le roi Ezekhias fit creuser un grand réservoir auquel un aqueduc amenait les eaux du‘Birket-Mamillah, qui est à un niveau supérieur, et à l'extérieur de l'enceinte. Aussitôt que la piscine d’Ezekhias fut construite, l’enceinte de la ville dut être modifiée, de telle manière que son nouveau tracé rejeta le réservoir à l’intérieur de la place. Aujourd’hui ce sont les pluies qui alimentent le Birket; aussi à la fin de chaque saison chaude est-il presque à sec.
Passons au Birket-Mamillah.
A l’extérieur du mur actuel de Jérusalem, et à l’ouest-nordouest de la ville, on trouve à quelque cent mèêtres de la porte de Beïit-Lehem, sur un plateau un peu dominant, l’étang de Mamillah. Ce plateau est occupé tout autour de l'étang par un vaste cimetière musulman, dans lequel se trouvent quelques tombes remarquables et certainement vieilles de plusieurs siècles.
Josèphe, en décrivant …les ‘trayaux: de’ sièce de Ulitus/"dit que ce prince fit aplanir le terrain devant la place, depuis le Scopos jusqu’au monument d’Hérode, situé devant la « piscine des Serpents ». De toutes les circonstances rapportées dans l’histoire de ce siège mémorable, il résulte que la piscine des
Serpents ne peut être que le Birket-Mamillah. Je ne crois plus
aujourd’hui que la piscine soit uniquement alimentée par les
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