‹ JérusalemChapitre 55 sur 81 · XX VIII · texte numérisé non relu

XX VIII

PES SOUREREMENS

SOUSSE GCUMVENRSD ES MD EMES D ENSTON

Z=R ORSQU'ON entreprit les fouilles nécessaires pour établir les fondations de ce couvent, voisin de l’arcade antique qu’on appelle l’arc de l’Ecce-Homo, on découvrit une première galerie souterraine que je tenais grandement à visiter. Les excellentes religieuses du couvent s’empressèrent, avec une grâce parfaite, de se mettre à ma disposition pour me guider.

La galerie me parut si remarquable qu’immédiatement je priai mon ami et compagnon de voyage Gélis d’en lever le plan.

Il consacra bién des journées à ce travail minutieux, que j'espère publier un jour ou l’autre. Pour le moment, je me bornerai à dire que le souterrain se partage en deux parties distinctes ; la première, longue de 18 mètres, est recouverte d’une voûte en plein cintre; la seconde, de 26 mètres de longueur, est voûtée en ogive. Une grande flaque d’eau croupissante remplit l'extrémité de la galerie; quant à la largeur du caveau, qui

n'est évidemment qu’une citerne, elle mesure jusqu’à 6 mètres.

Le mur de fond, au-dessus de la flaque d’eau, est percé d’une ouverture qui mène Je ne sais où; et une autre ouverture a été pratiquée dans la muraille de droite, à proximité du fond.

Dans la première pièce qui précède la galerie se trouve une source assez abondante.

À la fin de l’année 1868, un second souterrain a été trouvé sous le couvent des Dames de Sion, lorsqu'on l’a agrandi du cotéide l'est. Ce tsotterrain fa plus de 8 metres déonstene et une largeur variant de 6 à 8. On ne pourrait faire que de pures suppositions sur l’origine et l’usage de ces deux construc-

tions.

OSCENTERN Palestine, on a toujours grande chance de > retrouvenidesatracesfeertainmest.de ce qua été fait par la main de l’homme. Cela tient au climat d’une part et à l’indifférence absolue des populations pour tout ce qui est

antique. Jamais ni Turc ni Arabe ne se

donnera la peine de renverser un monumen quelconque Sirunerpierre tombe, 1l névlarrelèvera pas:-!sielle est tombée depuis longtemps, il ne s’en occupera que moins encore et ne songera pas un seul instant à la déranger. Cela est une vérité absolue pour le Bédouin nomade qui ne comprend pas que l’on passe sa vie ailleurs que sous la tente. Pour les habitants des villes, comme ils sont nés dans des maisons, ceux-là reconnaissent la nécessité d’en bâtir, mais chacun préfère que ce soit son voisin qui bâtisse, et n’a pas le moindre désir de réparer son gîte si son gîte a besoin de réparation. De là cet aspect étrange de Jérusalem ét de toutes les villes de la Palestine. Les maisons ont l'air de ruines et les amas de décombres se montrent partout. Chaque hiver, pendant la

saison des grandes pluies, quantité de maisons, délayées pour ainsi dire par les torrents d’eau que le ciel déverse incessamment sur elles, s’écroulent avec un fracas épouvantable. La première fois qu'on entend ce bruit sinistre, on est saisi de terreur en songeant aux habitants, broyés peut-être sous une avalanche de moellons. Ma-châ-Allah! s’écrie le musulman (ce que Dieu veutl)}, et, je l’avoue avec honte, on finit par entendre presque aussi froidement qu'eux le vacarme que fait un édifice qui s'écroule.

En six semaines, pour ma part, je lai entendu une quaranfaine de fois, et, a da fin, We me Conténtaissdéidire”: Bontiene core une!

Une rue se trouve-t-elle barrée par les éboulements, le premier homme qui passe n’y fait attention que pour tourner de côté «une pierre :quilenpéneraitéparotrop 1 Lessecontd sen ts autant, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’un vrai sentier praticable pour tous franchisse l’obstacle.

Si le pacha gouverneur ne s’en mêlait pas, tout resterait en cet état jusqu'à la fin du monde. On déblaye donc quelquefois, mais on ne déblaye que les obstacles que le pacha a rencontrés par hasard sur son chemin.

Voilà pour les vieilles maisons; quant à celles que l’on construit à notre époque, on voudrait les rendre solides. Pour atteindre ce but, l'emploi des pierres de taille est indispensable. Où les trouver? Dans la carrière? C’est trop fatigant. Il faudrait les faconner, d’ailleurs. Mieux vaut les prendre là où elles se trouvent toutes prêtes. Les monuments antiques, pour lesquels 1l professe le plus souverain mépris, voilà les carrières que tout bon musulman fait exploiter avec bonheur, au profit des villes modernes. C’est ainsi que Jaffa dévore petit à petit Césarée, comme elle a dévoré Athlit; quand Césarée sera épuisée, viendra le tour de Samarie. Loin des grandes villes, qui

chercherit à se développer en imitant tant bien que mal les

mœurs européennes, les grosses pierres restent en place, et les ruines ne changent de physionomie que lorsqu'un tremblement de terre les secoue un peu brutalement.

Si les grosses pierres que l’on pourrait utiliser ne bougent pas, comment les amas de terre ou de pierrailles pourraient-ils bouger? Par quelle idée saugrenue le nomade qui passe ramasserait-il ici un caillou pour le rejeter là?

Il était donc évident qu'autour de Jérusalem je devais retrouver les traces des travaux d'attaque de Titus; n’avais-je pas retrouvé les redoutes et les lignes de Flavius Silva autour de Massada, aussi visibles, aussi nettes et fraîches que si elles avaient été construites depuis une quinzaine de jours? N’en avait-il pas été de même pour le camp de Vespasien, entre Tibériade et Tarichée ? C'était avec une confiance absolue qu’en me rendant à Jérusalem pour la seconde fois, je m'étais promis de rechercher les ouvrages de siège. J'avais à reconnaître des camps, des aggeres, des postes d'observation, et toute la ligne de contrevallation; je ne doutais pas un instant de leur étiStence:

Le 1°’ mars 70, Titus quittait son campement de Gabath- Saoul pour aller s'établir sur le Scopos, dans des retranchements qui furent achevés le lendemain.

De Gabath-Saoul, à la tête de six cents cavaliers. Titus avait tenté une reconnaissance de la place, reconnaissance dans laquelle il fut battu par les Juifs. Le jeune César ne se tira du péril qu’à grand’peine.

Mais, dans la nuit suivante, la cinquième légion arrivait au camp et opérait sa jonction avec le gros de l’armée, dont la douzième et la quinzième légion faisaient partie. La dixième venant de Jéricho, devait rejoindre ie 1‘* mars et s’étabur sur le mont des Oliviers, pendant que Titus occuperait le Scopos.

Le Scopos, que traverse la route antique de Jérusalem à

Naplouse, route qui n’a jamais changé de direction, est entouré

par les deux ravins qui, réunis, forment la vallée du Cédron ou de Josaphat. Le plateau a un développement de l’ouest à l'est d'environ 1,000 mètres; il domine une plaine un peu accidentée et qui s'étend jusqu’au mur septentrional de l'enceinte. Du camp jusqu'aux murailles, Josèphe dit qu'il y avait 7 stades, soit HU: 300 "mtres sLcetteévaluanionmde/thsrance est. tres suffisamment exacte.

Les deux légions venues de Césarée avec Titus campèrent ensemble : la cinquième, que sa marche de nuit avait dû fatiguer ; reçut.l'ordre ide rester, äsS"stadestentarrière

Il s'agissait d'abord de fixer la position de ces deux camps. J'allais un dcbeau-matin: ÆnWicherchermdles Myraces Commentmes traces? Les retranchementstérientiintacts et faute/detrerce/uls avaient été construits en pierraille, comme à Massada. Ma première visite au Scopos fut interrompue un moment par un incident assez burlesque. J’accomplissais cette intéressante promenade en compagnie de mon ami l'abbé Michon, et nous n'avions pas tenu compte de la présence d’un brave fellah qui labourait un champ rocailleux à une centaine de mètres de la route de Naplouse. Pendant que nous étions, l'abbé et moi, occupés à reconnaître les lignes du camp de Titus, un petit monsieur arabe, monté sur une bourrique, arrivait de son côté sur le plateau du Scopos et allait rejoindre le laboureur. Tous deux, après avoir causé un instant, se rapprochèrent de nous et nous appelèrent. Nous avions toute l'apparence de flâneurs inoffensifs, et les braves gens avaient flairé une occasion de nous soutirer un bakhchich. Je m'arrêtai, et la conversation s'engagea comme il suit: « Eh! Khawadja, donne-moi un bakhchich. — A propos de quoi? — Parce que tu te promènes sur ma propriété. — Bah! c’est à toi tout cela? — Oui. —- Je t'en fais mon compliment, mais tu n'auras pas de bakhchich. — Alors va-ten de mon terrain, toi et ton compagnon. —

Viens nous en faire sortir! » Et ce disant, je tirai un revolver

détmanpoche Tlhn/en Ait pA plis pouricalmer ces deux honnètes cultivateurs; le fellah retourna à sa charrue, le petit monsieur alla bien vite regrimper sur son bourriquet et s'empressa de détaler. Il n’en fut plus question.

Du sommet du Scopos, la vue est réellement merveilleuse. Le lieu est un véritable observatoire sur Jérusalem et ses alentours. Aussi n'est-ce pas Titus seul qui a occupé militairement ce point stratégique. Avant lui, Cestius y avait déjà campé avec son armée, et 1l faut probablement attribuer à la succession de deux camps romains les longues lignes de pierres entassées qui semblent se croiser sans cause.

Après avoir examiné le plateau, nous sommes redescendus à travers les terres labourées, et par le flanc oriental du Scopos, vers la vallée du Cédron. Cette petite excursion m'a permis de constater un fait, peu important sans doute, mais que je ne crois pas moins devoir consigner ici, parce que tout ce qui se rattache à la topographie de Jérusalem et de sa banlieue est digne d’être noté. J'avais pensé jusqu'alors que le torrent du Cédron, ce torrent qui ne coule jamais qu'après des semaines de pluies, ou à la suite d’un violent orage, commençait dans la vallée au-dessus de laquelle se trouvent les tombeaux. des rois, et dont tout le flanc droit est couvert de monuments funéraires, exploités, depuis des siècles, comme de vertablestcosrières AC éraithune erreur. LLevfondidu. ravins est uni, et ne présente pas trace d’un lit par lequel les eaux pluviales doivent descendre pour former le torrent. Ce lit, au contraire, est parfaitement caractérisé dans le vallon qui longe le Scopos à l'orient, et de ce côté se trouve incontestablement l’origine du canal du Cédron proprement dit, canal qui se prolonge dans tout le fond de la vallée de Josaphat.

Voyons maintenant en quoi consistent les traces encore visibles du campement des légions romaines.

La crête du plateau faisant face à la ville est couronnée

par un long vallum avec retour à angle droit au point où la route actuelle de Naplouse devait le recouper. Pendant la traversée de l'emplacement du camp, cette route est encaissée entre deux longues branches de terrassement.

Elle divise donc le camp en deux parties distinctes, assignées vraisemblablement à chacune des deux légions venues de Césarée. La portion de droite est close à l’est par un -vallum, à l'extrémité duquel se trouve un tumulus considérable; puis en arrière du retranchement extérieur se voit une sorte de redan à faces parallèles aux côtés regardant le terrain ennemi, et dont la branche orientale est munie extérieurement de deux gros tumulus. La portion de gauche se ferme à l’ouest par une ligne en crémaillère à deux crans, dont le saillant extrême est couvert par un tumulus très élevé. Au centre de cette portion occidentale se trouve encore un beau tumulus. Quelle a été la destination de ces collines, et font-elles partie de la construction du camp lui-même ?

À gauche, et à-deux outrois cents mètres lenarrière.des retranchements rectilignes faisant face à la ville, se présentent trois grands yvalla concentriques, s'appuyant tous les trois sur la crête d’un ravin profond et escarpé. Est-ce là le camp de la cinquième légion venue d’Emmaüs ?

Au moment où les travaux destinés à mettre à couvert les camps du Scopos venaient de commencer, la dixième légion, qui avait recu l’ordre, en arrivant de“Jéricho;, de :camper à£six stades des murailles, paraissait sur le mont des Oliviers. A peine les légionnaires avaient-ils mis la main à l’œuvre, que les Juifs, sortis de Jérusalem, fondirent sur eux. La déroute des Romains fut complète, et la légion allait être exterminée, lorsque Titus accourut au secours et chassa les assaillants.

Mais au moment où les Romains évacuaient les pentes sur lesquelles ils venaient de. combattre, les Juifs recommencèe-

rent leur attaque, s’imaginant que les Romains étaient en fuite.

LES OUVRAGESRDE STÈGELDE TITUS 215

Cette charge furieuse, par laquelle les légions furent d’abord ébranlées, allait réussir, quand Titus reparut de nouveau et se lança presque seul contre les Juifs. Il était grandement compromis, quand ses soldats apercurent le jeune César enveloppé par l’ennemi. Tous alors revinrent au combat et se jetèrent avec rage au-devant de l’armée juive, qu'ils réussirent à rejeter au fond de la vallée.

Les ouvrages de défense furent repris et achevés sans autre alerte.

J'ai vainement cherché à retrouver le camp de la dixième légion sur le plateau du mont des Oliviers et au milieu des terres labourées qui le couronnent. Il n’en subsiste plus rien, à mon grand regret.

Les approches de la ville, à partir du Scopos, furent nettoyées dans les quatre journées du 3 au 6 mars, et, le lendemain 7, Titus transporta son camp à l'occident, en face de la tour Pséphima (Une rautré parnender läraee vint, s'établirs.en face de la tour Hippicus. Comme ce mouvement s’exécuta le jour même de la Pâque juive, les assiégés ne pensèrent pas un instant à l’entraver, d'autant moins que Jean de Giscala profita de la solennité du jour pour s’impatroniser dans le Hiéron.

Le point d'attaque fut bientôt choisi, ‘et ce point était à prosmmitéemdumtombeautdu/gSrandéprètres Jean. Là, en effet,vla muraille av battre étaitmoins élevée, et ne se reliait pas ‘à la sseconde) enceinte MCekprèmier muriiranch,fitus pensait qu’il lui serait facile de marcher sur la dernière muraille, à travers laquelle 1l devait prendre la ville haute, de même qu’il prendrait le Hiéron en passant par la tour Antonia.

Du 8 au 16 mars, les abords de la place furent dévastés, tous les arbres coupés, les bois préparés pour construire aggeres et tours d'approche.

Le 17, les aggeres furent commencés sur trois points dif-

férents.

Il était véritablement intéressant de s’assurer que sur place il existait des traces de ces grands mouvements de terres. Là aussi, il y avait gros à parier que la recherche serait fructueuse, et mon espérance n'a pas été décue. J’ai longuement étudié les points d'attaque présumés de Titus, et à point nommé, avec l’aide de mes amis, le commandant d'état-major Gélis et Auguste Salzmann, j'ai retrouvé, comme autant de véritables tire-l’œil, les aggeres de Titus. Certes, leurs sommets ont été arasés par lé 'temps,/\maisMilS Se Woientuencore. Mélenes de plusieurs mètres et traversant le fossé antique, dont il n’est pas difficile de retrouver le tracé précis toutes les fois qu'il a été taillé dans le roc vif.

Titus a dirigé sa principale attaque contre la tour Pséphina, qui, on le sait, n’est que la ruine nommée aujourd’hui Qasr- Djaloud, ou château de Tancrède. Si on recherche là le fossé antique, on le retrouve immédiatement et fort bien conservé. L'’enceinte y constitue une crémaillère à trois crans successifs, et dont la branche mitoyenne a été occupée par la citadelle. Au saillant de la tour, sur toute la largeur de sa face, le fossé est traversé par un agger parfaitement déterminé et qui en recouvre l’escarpe.

Immédiatement au nord-est de Pséphina était une seconde tour dont l'assiette de rocher est visible encore aujourd’hui. Un second agger traverse le fossé et vient s'appuyer contre le saillant de droite de cette tour. A celui-ci, comme au premier, la contrescarpe est à très peu près noyée sous les terres accumulées. Mais, à coup sûr, ce groupe de deux aggeres destinés à l'attaque d’un même saillant représente l’une des attaques signalées par Josèphe dans la position de l'armée assiégeante.

Du saillant occupé par le Qasr-Djaloud jusqu’à la porte de Damas, enceinte présente deux branches à peu près rectilignes,

dont la plus grande, qui se relie à la porte, est en retraite sur

l’autre, qu’elle rachète par une face d’une cinquantaine de mètres de développement.

La branche reliée à la tour Pséphina offre vers son milieu un cran de crémaillère, devant lequel le fossé taillé dans le roc est encore bien indiqué. Rien de plus aisé que de reconnaître en ce point un nouvel agger nettement caractérisé.

A 140 mètres plus loin, presque sur le milieu de la branche reliée à la porte de Damas, se voit un nouvel agger très distinct.

Puis, à la porte même de Damas, nous trouvons, à droite Chaboaucherdes-tourss desMFemmies #déèuxr apperes énormes. .et dont l’origine ne saurait être douteuse.

Ces ouvrages ont dû servir à supporter les tours d’approche et constituer les plates-formes pour les machines destinées à battre les murailles.

Du 18 au 28 mars, les aggeres furent terminés, les tours d'approche amenées devant les murs, et le battage des béliers commenca Dèsile*3r, la premiére enceimtetétat. forcée. et! Titus fut maître de la ville neuve.

Aussitôt, le césar transporta son camp au dedans de l’enceinte qu'il venait de conquérir; 1l l’assit au lieu que l’on appelait le camp des Assyriens, en souvenir du siège de Sennachérnb#koutalespace--représenté par le quartier. de:, Bezetha, jusqu’à la vallée du Cédron, fut occupé par l’armée romaine.

Il est clair que de ce troisième camp de Titus, il n’y a pas possibilité de retrouver trace, puisque le terrain sur lequel on l’avait établi est de nos jours l’assiette d’un quartier de Jérusalem.

L'attaque contre la seconde enceinte fut immédiatement commencée et l’hélépole appliquée à la tour qui s'élevait au milieu de la muraille septentrionale. Suivant toute apparence, cette tour devait se trouver à peu près au point où la voie

Douloureuse se dirige, par une montée raide, vers l'endroit où

la tradition place à tort l'emplacement de ce qu’elle nomme la porte Judiciaire.

Le siège du second mur avait commencé le 1° avril, et le 5 cette enceinte fut forcée une première fois. Le point où les Romains pénétrèrent dans la place était celui où l’on avait établi, pour le service de la ville neuve, un bazar où se vendaient la laine, la chaudronnerie et les vêtements. Là, des ruelles tortueuses s’étendaient vers la muraille. Les Romains s’engagèrent imprudemment dans ces ruelles, sans déblayer par l'incendie le terrain qui s’étendait devant eux, sans abattre le mur quils avaient franchi ; aussi furent-ils promptement Tepoussés.

Quatre jours après, le à avril, l’assaut fut donné de nouveau, avec un plein succès cette fois. La muraille nord de la deuxième enceinte fut démolie, et les Juifs se virent contraints de se réfugier dans la dernière enceinte. Puis, le 10 avril. des aggeres furent commencés devant la tour Antonia même, près du monument du grand prêtre Jean. A chacune de ces attaques, deux aggeres devaient être construits, et chacun d'eux était assigné à une des quatre légions. Ils ne furent terminés que le 2%.

La cinquième légion avait construit le sien vers le milieu de la piscine nommée Sfrouthion (l'herbe à foulon); celui de la douzième se trouvait loin de là; quant à la dixième, elle élevait son agger contre le mur nord de la première enceinte, dans le voisinage de la piscine Amygdalon (Birket-Hammam-el-Batrak); la quinzième, enfin, établissait le sien à 30 coudées de distance, vers le monument du grand prêtre.

Je croyais naguère que le Strouthion était une piscine analogue au Birket-Israëi, mais placée au nord de celui-ci, avec lequel elle communiquait par les deux arcades qui se voient à l’extrémité ouest de ce vaste bassin. C'était une erreur, ainsi

que l’ont démontré les fouilles anglaises et l'existence du sou-

terrain sous le couvent des Dames de Sion. Ne sachant plus maintenant où retrouver cette piscine, bien qu'il y ait apparence que c’est la même à laquelle aboutit le puits creusé à l'extrémité sud-est du roc d’Antonia, dans le Haram-ech- Chérif, j'en serai réduit à ne faire que des hypothèses sur l'emplacement des aggeres dirigés contre Antonia. Est-ce l'angle nord-est qui a été entrepris ? ce ne paraît guère probable, car les travailleurs, sur la face orientale du saillant, eussent été pris à revers par les défenseurs établis sur le portique nord du Hiéron. C’est donc plutôt l’angle nord-ouest d’Antonia qui aura été attaqué.

Passons aux deux aggeres dirigés contre la ville haute.

Des détails du siège de Jérusalem donnés par l'historien Josèphe semble ressortir le fait que la muraille d’Ezekhias, construite pour couvrir la piscine Amygdalon, aurait été supprimée comme inutile, lorsque l’enceinte d’Agrippa vint entourer la ville neuve.

S'il en était ainsi, Titus n'avait plus devant lui que le mur qui se dirigeait à peu près en ligne droite, depuis l’emplacement actuel du Qaläah jusqu’au Mekhemeh. Mais n’oublions pas que des deux aggeres dont nous nous occupons en ce moment, l’un était tourné contre la face nord du mur antique, dans le voisinage de la piscine Amygdalon, l’autre à 15 mètres du premier, vers le monument du grand prêtre. Or ce monument, sans nul .doute un tombeau, devait être en dehors de l'enceinte antique et éloigné d’au moins 50 coudées des murailles, suivant la loi judaïque. Aïnsi, il ne pouvait avoir été bâti dans le mur même d’Ezekhias, qui lui était antérieur de quelques centaines d'années. Il fallait qu'il se trouvât à l’ouest ou au nord de la piscine, dans le terrain qu’entoura plus tard le mur d’Agrippa. En un mot, il en fut du monument du grand prêtre Jean comme de celui du roi Alexandre et comme

de celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ : la création de l’en-

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ceinte d'Agrippa les plaçca tous les trois à lintérieur de Jé- s rusalem. Lis "Lee, ;

Le 22 avril, les aggeres dirigés contre Antonia étaient de détruits par la mine. Deux jours après, les rampes élevées aungididetia ville haute étaient détruites à leur tour, avec æ"t toutes les machines que l’on y avait mises en batterie. N

De ces ouvrages, je le répète, il serait impossible de retrouver la moindre trace dans une ville qui a été relevée de ses ruines et qui n'a plus cessé d’être habitée par une popula-

tion nombreuse.

Dès le lendemain 25, un conseil de guerre réuni par Titus $

s ARR

décida la construction d’une ligne non interrompue de contre- À vallation qui ne manquerait pas de prendre la ville par la fa-

mine. Le 26, le tracé de cette contrevallation était achevé et le travail distribué à l’armée; qui le termina le 27.

Voici le parcours de la ligne d'investissement :

Elle partait du camp des Assyriens (Bezetha), où se dressait la tente de Titus, pour descendre vers la partie la plus basse de a ville neuves de Tà, traversant la vallée du Cédron-*elle gagnait ie mont des Oliviers. S'infléchissant alors au midi, elle entourait la montagne jusqu’à la roche nommée le Péristéréon (le Colombier), puis la colline voisine qui domine la vallée où se trouve la piscine de Siloam. De là, tournant à l’occident, elle

descendait dans la vallée de la Source; puis, remontant auprès

du tombeau du grand prêtre Ananus, et contournant la monta- 1 gne sur laquelle Pompée avait jadis établi son camp, elle reve- % nait vers le nord, s’avançant jusqu’à un certain hameau nommé +

la maison des Pois-Chiches, et enveloppait le monument d'Hérode. Se dirigeant vers l’orient, elle venait rejoindre les

retranchements du camp, duquel à son point de départ elle

s'était détachée.

Cette ligne énorme avait 30 stades de développement.

Extérieurement étaient construits treize castella, dont la somme

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