TOMBEAU D’HÉLÈNE, REINE D’ADIABÈNE
1, en sortantude Jérusalem:/par larportéwde
Damas, on chemine sur la route de Na-
\) plouse jusqu’à une distance de 770 mètres, on aperçoit à droite une vaste excavation, au A fond de laquelle se trouve un monument / funèbre de la plus grande magnificence et auquel une tradition constante attribue le nom de Tombeaux des Rois, Qbour-el-Molouk ou Qbour-es- Selathin. Cette dénomination reste la même, que l’on s'adresse aux juifs, aux musulmans ou aux chrétiens du pays.
Est-elle juste? C’est ce qu'il importe de rechercher. Maïs, avant tout, qu'on me permette pour cette fois d’être affirmatif, et de le déclarer sans crainte : Oui, les rois de Juda ont reposé dans les Qbour-el-Molouk. Si j'ose l’avancer aussi nettement, c’est que, par ce seul fait, je prends l’engagement de démontrer que j'ai raison, et que cet engagement ne me préoccupe pas le moins du monde.
Jusqu'à mon premier voyage en Terre sainte, les tombeaux
des rois avaient été visités et admirés par tous les pèlerins
à K SURD MS
Qbour-el-Molouk
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DE SUUN MERE HAS ni x
NÉCROPOLE DE JÉRUSALEM 22 Sa
précédents. Pas un d’eux n’avait pris la peine d'en lever un plan exact.
Pendant des mois, J'ai étudié ce monument avec le soin le plus minutieux, et je crois pouvoir dire qu'aucun détail de sa construction ne m'a échappé. Ici, sans entrer dans ces détails mêmes, je me contenterai de présenter une description générale de ce splendide hypogée.
Un plan incliné vers Fest, eéturesserré entre deux murailles de rocher, descendait vers un mur vertical, dans lequel est percé un soupiral donnant jour dans une citerne indépendante du tombeau. Cette rampe de terre me paraissait indigne du monument auquel elle conduisait; à première vue je compris qu’elle devait cacher un escalier monumental taillé dans le roc vif, et que je retrouvai effectivement sous un remblai de plusieurs mètres d'épaisseur. Cet escalier, de vingt-six marches, venait aboutir à une porte cintrée, taillée dans la muraille de gauche ; la muraille, réservée dans la masse, était enterrée si profondément, lorsque je commençai mes fouilles, que, pour franchie porte; ul falläitese, courberénv deux et: -marcher à quatre pattes. Une fois déblayée, je lui ai trouvé 5:mètres de hauteur sous clef.
ÉeSpahereshirecoupé dans l'axe même, de, la#muraille. par une marche entaillée dans la masse.
A l'extérieur, la porte est encadrée par une simple rainure. Mais à l’intérieur de la grande cour dans laquelle elle donne accès, le rocher s’est délité sur une épaisseur considérable, et il n’est plus possible de reconnaitre si la même rainure y a CRISE.
Cette porte débouche sur une cour carrée à parois verticales, taillées dans le roc. Le sol en est encombré par une couche énorme de remblais que les siècles y ont accumulés, Dans la muraille du fond a été creusé, avec un art véritable-
ment admirable, un vestibule qui était autrefois soutenu par
deux colonnes prises dans la masse et par deux piliers engagés. Les deux colonnes ‘ont: étébrisées; 1l0n/en “restetquenta partie supérieure du chapiteau de droite, encore appendue au plafond.
Au-dessus du vestibule et sur la face même du rocher, court une longue frise sculptée avec une délicatesse et un goût exquis. Le centre de la frise est occupé par une grappe de raisin, emblème de la terre promise; à droite et à gauche de cette grappe sont placés symétriquement : une triple palmette d’un dessin élégant, une couronne et des triglvphes, alternant avec des patères ou boucliers circulaires répétés trois fois.
Au-dessus, règne une riche guirlande de feuillage et de fruits retombant à angle droit de chaque côté de l’ouverture du vestibule. La portion de gauche de cette guirlande est beaucoup moins bien conservée que celle de droite.
Enfin, au-dessus de la ligne des triglyphes, commence une belle corniche formée de moulures élégantes, malheureusement très endommagées, et s’élevant jusqu’au sommet de la roche, c’est-à-dire jusque vers le niveau du sol de la campagne environnante.
A première vue on reconnait, à la présence d’une large fissure qui évide obliquement l’architrave ct le linteau du vestibule, qu’un tremblement de terre a mutilé le monument et brisé les deux colonnes qui l’ornaient primitivement.
Une fois descendu sur le sol du vestibule, le visiteur apercoit, au fond de la paroi de gauche, une petite porte basse, par laquelle il ne peut passer qu’en rampant. C’est l'entrée des caveaux.
Aujourd’hui libre, cette entrée était jadis déguisée avec soin. On en jugera par l'appareil assez compliqué qui était destiné à mesquer la porte.
Un disque de pierre fort épais, roulant dans une rigole
circulaire, venait s'appliquer exactement contre la baie, et cette
lourde pierre ne pouvait se mouvoir dans la rainure dans laquelle elle était engagée qu’à l’aide de la pression d’un levier agissant de droite à gauche pour dégager la porte, et de gauche à droite pour la clore. Afin d'opérer cette double action, il fallait arriver jusqu’au disque par un couloir direct que recouvrait ordinairement une dalle énorme, dont les encastrements latéraux sont bien conservés. Ce couloir aboutissait d’une part à la porte d'entrée, de l’autre à un large trou en forme de puits rond, pratiqué dans le sol du vestibule et d’une faible profondeur. |
On voit qu’une fois la dalle dégagée de son encastrement, le couloir devenait praticable, et qu’alors il était facile de solliciter, à l’aide d’un levier dont le point d'appui se prenait sur l'arétebniemer del'éncastrement, le disque dé piérresMorcé à) se mouvoir en montant à gauche de la porte sur le plan incliné del éramure circulare#Ponrrquendéadisquespüremontér 1 fallait de toute nécessité enlever une seconde dalle, moins épaisse que la première, et dont les encastrements sont parallèles à la paroi dans laquelle la porte est pratiquée. Aussitôt le disque de clôture chassé à gauche, et calé fortement, le passage devenait. libre. Mais pour remettre le disque en place, il fallait se glisser dans un second couloir creusé sous le roc, et recoupant le premier à angle droit, presque contre l’orifice du puits. Ce couloir auxiliaire se dirigeait par un retour d’équerre vers la paroi latérale du vestibule, et conduisait, parallèlement au premier couloir direct, à un point où le levier, pouvant s'appliquer au côté gauche du disque, le forçait à redescendre et à regagne de lui-même la place qu'il devait occuper pour fermer le caveau funébre.
Tout ce dispositif, auquel je croyais que personne avant moi n'avait fait attention, est encore intact; seules les deux dalles encastrées ont disparu, et le disque n’a pas conservé sa
position verticale, par suite du peu de soin que l’on a mis à
l’écarter et à le caler. À cela près, tout le système de fermeture se trouve dans l'état où l'ont laissé les architectes qui l'ont concu.
Je me trompais en croyant être le premier à reconnaître ce mode ingénieux de clôture; dès le xvi° siècle, Bernardo Amico de Florence l'avait étudié et fait graver.
Dans une large feuillure venait s’encastrer hermétiquement une porte massive de pierre, à double gond pris dans la masse, et qui a dû rouler sur les gonds de telle façon, qu'il était aisé de la mettre en mouvement du dehors,tandis que hwdis= position des crapaudines devait la faire retomber par son seul poids dans la feuillure où elle entrait. Cette porte, je l'ai rapportée; et'chacun peut la’ voirhau musée ‘du Louvre, "dans salle judaïque.
Pénétrons maintenant dans le caveau.
La porte franchie, on se trouve dans une salle carrée dont les côtés sont parallèles à ceux du vestibule.
Trois portes se présentent à l'explorateur : l’une percée à peu près au milieu de la face occidentale, les deux autres dans la face sud. Nous sommes en quelque sorte dans un second vestibule, puisqu’aucune tombe ne s’y trouve installée. Trois petites niches triangulaires, taillées avec soin dans les faces ouest, Nu et est. Montre rdestinées th Nrecevoinidés lampes an ont laissé Pour trace de leur présence une épaisse couche de suie. Au plafond se lisent quelques noms de voyageurs tracés avec la fumée d’une bougie, et parmi ces noms j'ai retrouvé avec plaisir celui de mon cher ami Léon de Laborde, suivi de la date 1827.
La porte de la paroi ouest donne accès dans un caveau plus petit, carré aussi, et dont le sol est plus profond que le seuil, lequel en se prolongeant forme une large banquette sur tout le pourtour de la chambre,
Chacune des trois faces autres que la face d’entrée est percée
de trois ouvertures en plein cintre. Mais les portes latérales, qui n’ont que la moitié de la hauteur de la porte centrale, sont en outre munies d’une feuillure rectangulaire ; à première vue elles semblent carrées. Les six ouvertures latérales donñent accès dans des tombes, les trois centrales mènent dans de petites chambres construites ndehlammantèére suivantes, à udroiteset. à gauche, chaque caveau est muni de couchettes surmontées dunépacdelentplntcmtresausfond 1h anne conchette semblable, taillée en voûte cintrée dans sa largeur. Il faut naturellement y introduire le haut du corps pour juger de son étendue.
Dinsrdeuce désrces chambres t)cellèestduvenord et" du sûd) on remarque au-dessus de chaque lit une entaille destinée a contente desnlampes Miunérares Seule chambres du côté ouest n'a pas de niche à lampe. À coup sûr, les couchettes ornées de lampadaires n’ont pas recu de corps, et j'en conclus que les autres n’en ont pas recu davantage.
Quant aux six tombes, elles sont de différentes formes, et taillées en général sur le principe suivant.
On pénètres d'abord dans} ne "chambre dont lé. sol porte une large rainure, destinée probablement à recevoir une saillie ménagée au-dessous de Ia caisse du sarcophage afin de fixer celui-ci le plus solidement possible. La tête du sarcophage une fois mis en place, masquait une petite ouverture ‘qui donnait dPcco dans qu rÉdUItNCATré dem IMensOonsR TIop restrelntes pour avoir jamais pu recevoir un corps. Nous verrons plus loin que l’on peut deviner la destination de cette pièce, qui ne pouvait être apercue tant que la tombe qui la précédait n’aurait pasnété, violée.
Au-dessous de la couchette du fond de la petite chambré à trois lits et à lampadaire est percée une ouverture assez difficile à franchir, et qui conduit par un plan incliné à
un caveau inférieur, portant à sa face ouest un arcosolium,
et sur sa face nord deux étagères superposées comme les marches: d'un «escalier. ‘Ee: couloir” qui sy eamène!: -déboiche#pan un trés ANort -Iressautisaus<dessus d'une marche élevées étagères. mont »-pu wrecevoir de sarcophagese 1lren'a/pres en trouver que sur la banquette du fond, c’est-à-dire parallélement à la face générale du monument. Comme, de plus, cette saller-est taillée précisément, dans axe) /dummrestibule, sal n'est pas possible de douter qu’elle n'ait eu une importance particulière, que tout l’hypogée ne lui ait en quelque sorte été subordonné.
C’est là, dans cette chambre sépulcrale, que gisaient dédaignés les deux morceaux du beau couvercle de sarcophage que j'ai donné au Louvre.
Passons maintenant aux autres salles.
La porte de droite pratiquée dans la face sud du second vestibule débouche un peu obliquement dans une salle carrée de même dimension que la précédente, munie comme elle d’une large banquette et percée de trois tombes sur chacune de ses faces ouest et sud, tandis qu’une seule ouverture percée à droite de la porte d'entrée conduit, par un escalier de six marches SUIVLéd'un palierMinchinés Meuner autre echembhrembassetaur, sur trois de ses faces, est munie d’une banquette surmontée par un arceau en plein cintre.
Un seul dessus de sarcophage y existait encore; 1l est orné de trois rosaces ciselées de chaque côté.
C'est la porte de gauche de Ia face sud de l’antichambre qui conduit dans la salle suivante. Cette dernière a sa banquette sur tout le pourtour, et six tombes seulement, dont trois percées sur da face eud MtroissuramaicerestAbeRce Se tomoes, deux ont pu recevoir des sarcophages. Les autres sont restées à l’état d’ébauche.
Lors de mon premier séjour à Jérusalem, cette pièce ne
communiquait avec aucune chambre inférieure connue.
Les trois chambres sépulcrales garnies de banquettes étaient closes par de belles portes en pierre tout à fait analogues à celle que j'ai décrite en parlant de l’antichambre. Violemment brisées, ces portes gisent aujourd’hui en morceaux, parmi les nombreux fragments accumulés sur le sol du caveau, fragments noyés dans la boue, et qui représentent certainement les pierres qui fermaient toutes les tombes, avec les restes des tombes elles-mêmes. Dans les souterrains de ce genre 1l règne constamment une chaleur étouflfante, et le séjour qu’on y doit faire pour les étudier est d'autant plus désagréable, que de toutes les parois et de tous les plafonds suinte incessamment une vraie pluie qui rend le travail de l'explorateur très pénible.
Bien des heures furent employées par mot à visiter ce beau monument jusque dans ses recoins les plus cachés, et de cette étude est” née ‘en moi l'admiration, la plus entière pour: le sépulcre des Rois. Un tel tombeau n’a pu être construit qu’à l’aide de dépenses énormes, et selon toute vraisemblance que par une dynastie royale, ainsi que le veut la tradition.
Porsqu'en” 1803 jéretournalt en elerretsante avais slim: tention de le fouiller à fond.
Des trois pièces supérieures, deux possédaient une chambre inférieure, et je me demandais pourquoi il n’en serait pas de même de la troisième. Mon idée fixe était donc de retrouver ce Caveaus Quelletjoie némseraits pas la mienne, VS mas bonne étoile me faisait pénétrer dans une chambre sépulcrale 1inviolée!
On va voir comment mes espérances à ce sujet ne furent pas décues.
Aussitôt mes ouvriers installés, je fis commencer Île nettoyage de l’hypogée. Ce travail urgent fut mené à bonne fin avec un soin extrême. #à
La chambre dans laquelle on pénètre lorsqu'on a franchi
l'entrée qui jadis était masquée par le disque mobile, était
encombrée de terre et de pierraille formant contre les parois un amas énorme, dans lequel je comptais retrouver des fragments de sarcophages primitifs. Mais, au lieu de sculptures, j'eus la bonne fortuné de voir surgir Ce à quoi certes je ne m'attendais pas.
En enlevant les terres, on rencontra une foule d'objets de l’époque romaine, entre autres un grand nombre d’urnes de toutes dimensions, remplies d’ossements incinérés, force fioles de verre, force petits verres en forme d’aryballes, force lampes de terre cuite, romaines ou en coquille, comme les lampes vulgaires qui se vendent aujourd’hui encore dans les bazars de Jérusalem; quelques débris de métal et une petite figurine en pierre de la triple Hécate; enfin des ossements appartenant à quelques cadavres en très petit nombre relativement, eu égard à la quantité de corps qui avaient subi l’incinération.
Trois groupes de monnaies de cuivre agglutinées deux à deux et trois à trois furent ramassés à côté de ces squelettes entiers, et ont par conséquent été enterrés avec la poche qui les contenait.
Ces monnaies furent nettoyées avec soin, et il se trouva que toutes étaient des monnaies juives, et qu'à l'exception d’une seule elles étaient de l’année qui précéda le siège de Titus. Celle qui faisait exception était précisément de l’année même du siège. |
On me permettra, uj espère. de conclurélide Ice=fait .queñj'ai retrouvé là un charnier de guerre dans lequel des morts romains (ceux-ci très nombreux) et juifs (ceux-là en minorité), ont été déposés pendant le siège.
Mais si le vestibule du tombeau des rois a pu servir de charnier de guerre, c’est que le monument funéraire lui-même avait été violé, ruiné et abandonné.
J'ai dit que le puits ouvert dans le vestibule extérieur était
peu profond; il a été déblayé complètement, et sa profondeur
ne dépasse pas 1 mètre. bo. C’est donc une véritable cuvette, qui n'avait d’autre destination que celle de faciliter le jeu du disque roulant qui fermait l’entrée de la grotte.
Lerfondede”cerpuitsnar été "sôndé aussi varec lé pic. et nous avons constaté qu’il n’était que la masse du roc.
Après le vestibule, les vraies chambres sépulcrales ont été nettoyecs amleumViotiatoutw ce quiLenteste sont a étéslavé et tamisé.
C'est ainsi que j'ai pu retrouver quelques fragments de vases d'albâtre, semblables: à ceuxquelon voit” si fréquemment dans les tombes de l'antique Égypte ; ils étaient affreusement rongés par le temps. Mais ce qui me paraît plus précieux encore, c'est la rencontre, dans la boue, de deux petits bijoux d’or fin, l’un ressemblant à un chaton de bague; l’autre est la représentation fidèle d’une graine de melon. Tous les deux portent à leur surface inférieure de petits anneaux. Les anneaux servaient à passer les fils d'attache qui devaient fixer sur une étoffe ces ornements d’or.
Quelques fragments de caisses à ossements, comme on en connaît beaucoup aujourd’hui, furent également retirés des chambres sépulcrales.
J'espérais toujours que la découverte d’une chambre nouvelle me fût annoncée, et, un matin, mon contre-maître vint me dire qu’en achevant de déblayer le vestibule extérieur on venait de reconnaître, à droite de la porte d’entrée, et sous un monceau de terre, une porte non encore signalée.
Mes.amis et moi y courûmes aussitôt; on ouvrit, et nous pénétrâmes dans une chambre inconnue. Tout y était bouleversé ; elle n’avait contenu qu’un seul sarcophage. De la cuve, tirée hors de sa place primitive, le fond seul était intact; les parois latérales avaient été dépecées à coups de marteau. Le couvercle était entier, gisant à côté de la cuve brisée; il ne
présentait aucun ornement.
A quelle époque avait-elle été découverte et dévastée de cette facon barbare? Nous ne tardâmes pas à être tirés d'incertitude sur ce point. Deux fragments de journaux, l’un français, l’autre anglais, gisaient au fond de la cuve. Ils furent vite ramassés, et l’ün d'eux portait la date 1860.
Une fois que la chambre basse correspondant au vestibule intérieur eutpété. retrouyée Wetmendoutai plus ouerendenlieniee tence de celle qui devait correspondre à la pièce supérieure. Cette hypothèse ne tarda pas à se vérifier.
Je fus prévenu de la découverte d’un joint dans la banquette du contour. En effet, il y avait là une dalle encastrée dans la banquette même et semblant former la continuation de celle-ci; selle -ftedlestementculbutée send ralrommlent retournée nous reconnûffles une de ces portes de pierre qui jadis avaient fermé toutes les entrées des caveaux et des tombes. La porte est aujourd’hui dans la salle judaïque du Louvre.
Au-dessous, le roc de la banquette était remplacé par de la maçonnerie que l'on entama promptement. Dans ce blocage se trouvait engagé un fragment de couvercle de sarcophage et déux#morceaux d'uneWpetité "cdisse à /ossements. ALoute Cette clôture avait donc été ajustée et remaniée après une violation de la chambre. |
Quandulerblocagse riutrarraché, # onvscavitoen ace une dalle carrée bouchant une ouverture cintrée, dont le tympan formait, avec le dessus de la dalle, une sorte de petite armoire. Dans celle-ci, des ossements humains avaient été déposés.
La dalle verticale fut chavirée, et derrière elle se présentèrent quelques hautes marches d'escalier. On attendit un instant pour permettre à l’air de pénétrer dans le caveau, puis, lorsque les flammes des bougies purent y brûler, on se glissa dans le souterrain. Devant l'entrée, un arcosolium suppor-
tait un sarcophage en place, avec couvercle én dos d'âne.
Comme ce couvercle avait en longueur des dimensions trop considérables pour pouvoir entrer dans l’arcade destinée à le recevoir, on en avait brutalement mutilé les extrémités afin d'enlever de la pierre ce qui entravait sa mise en place. Sur le devant du cercueil, se montraient deux disques ébauchés et en saillie, entre lesquels était tracée une inscription sémitique
dedeurmHpnes étide deux écritures différentes: A’droite età gauche de la salle étaient taillés deux arcosolia semblables à celui du sarcophage, mais vides. Le couvercle avait été relié AR ECHTeNpart duRctnent Com le rHtesSantér. Letratssitot lon reconnut des traces de pesées violentes qui ne laissaient plus d’espoir de rien trouver dans l’intérieur. Néanmoins, au-stbbelémcouvercletculbut mon evitt on -Squelettes la: tête appuyée sur un coussinet ménagé ans la masse. De l’occiput autb or trente dés pieds Mel cOps mesurait vemétret0o!:: il était donc de très petite taille. Toute la partie antérieure de la tête s'était effondrée et était retombée dans le fond de la boîte osseuse; lorsque je passai les mains sous le crâne, le plus délicatement possible, tout s’affaissa et disparut comme par enchantément, ne laissant au fond du tombeau qu’une longue tache desterreau brunatre. méèlé desquillésS #Fl#ne nous :résratde, ce corps, encore entier tout à l’heure, qu’une partie de la mâchoire inféneuredayec les fdenté, puis quelques Hrasments! d'osswle reste s'était évanoul.
Ééterreau tuinaineut recuelh#avec uni sormerelisienux, et nous pûmes constater que le long du côté gauche du cadavre il y avait des milliers de petits fils d’or tordus, d’une ténuité extrême, et qui avaient dû faire partie d’une bande d’or bordant un linceul d’un tissu de lin assez grossier, et dont quelques mailles se sont conservées seules sur un petit fragment d'os. Voilà tout! Pas un bijou, pas une bague, pas un collier! Rien, absolument rien. Hérode avait passé par là, et il
avait fait les choses en conscience.
L'inscription gravée ou plutôt égratignée sur le sarcophage nous apprend qu’il a renfermé le corps d’une reine. Les Qbourel-Molouk ont donc recu ce nom à juste titre, et ils sont un véritable caveau royal, qui a été violé avant le siège de Titus, et dépouillé des objets précieux qu’il renfermait.
Or il y avait à Jérusalem une catacombe royale, qui, nous le savons de source certaine, a été violée deux fois et audacieusement pillée; la première fois par Jean Hyrcan, la seconde par Hérode.
Nous savons de plus que deux des gardes d'Hérode périrent dans cette expédition de bandits, et que Île roi épouvanté fit construire au-dessus du vestibule du sépulcre un monument expiatoire que Josèphe a vu en place. Or, ce monument expiatoire, j'en ai retrouvé de beaux fragments dans les déblais de la grande cour, et au-dessus du vestibule; puis j'en ai retrouvé l'encastrement dans le roc, au-dessus du même vestibule, juste au point où il devait être placé.
Et l’on me demanderait si je crois encore que les Qbour-el- Molouk soient les tombeaux des rois de Juda? Je réponds oui! cent fois oui! plus que jamais, oui!
Avant de poursuivre cette étude en abordant les objections que l’on peut élever contre l'identification des tombeaux actuels des rois avec ceux de la dynastie de David, constatons un fait qui a bien sa valeur, et qui, dans le jugement à porter, doit être fortement pris en considération. Dans toute la nécropole de l'antique Jérusalem (et celle-ci est immense) 1l n’y en a qu'un seul, un seul où les corps ont été enfermés dans des sarcophages, au lieu d’être simplement introduits dans des fours à cadavres, ou koukim, ainsi que les Juifs appelaient ces niches étroites; c’est le tombeau des rois.
Maintenant entrons dans le vif de la question, et énumérons brièvement les objections mêmes que nous allons avoir à com-
battre. On peut dire
1° Que le tombeau de David était sur le mont Sion; qu'il y est encore en grande vénération parmi les musulmans;
2Quenrle livre. dérNéhémie, semblé placer léntombeaur de David sur le mont Sion;
3° Que les ornements architectoniques des Qbour-el-Molouk sont formés de motifs empruntés à l'architecture grecque;
4 Que le tombeau de David, ouvert une fois par hasard, il y a quelques siècles, suivant le récit de Benjamin de Tudèle, fut refermé aussitôt par l’ordre du grand rabbin de Jérusalem;
5° Qu'il y a d’autres dynasties royales que celle des rois de Juda, qui peuvent avoir de meilleurs droits à la revendication
de ces tombeaux.
LéProubuencriois éethsitune oséenparviens aidémontrer l’inanité de ces cinq objections, nous nous reverrons encore en présence de la seule dynastie de David, les autres se trouvant exclues par des raisons irréfragables.
— On a dit si longtemps, et l’on dit si souvent encore que le tombeau de David était sur le mont Sion, qu’on a fini par le croire fermement, sans se préoccuper, de discuter; une assertion passée à l’état d’axiome.
— À cela, je réponds : Non, le tombeau de David et de sa descendance n’était pas sur le mont Sion, et je le prouve.
— Sur quelle base solide a-t-on étayé cette opinion? Est-ce l'Écriture sainte qui le dit? Non. — Est-ce l’historien Josèphe ? Pas davantage.
— Il ny a d'autre raison pour le croire que l'emploi des mots «dans la ville de David », introduits dans les diverses indications que nous fournit l’Écriture sainte.
— Mais les mots « ville de David » n’ont jamais eu le sens étroit et exclusif qu'on leur attribue.
— Lorsque David eut pris la forteresse des Jébuséens, celle ci reçut le nom de ville de David. J'en demeure d’accord. — La
forteresse jébusite occupait le plateau du mont Sion. Mais
David étendit l’enceinte de la ville; est-ce que par hasard le nom de « ville de David » n'aurait plus été applicable aux quartiers nouveaux ?
Ezekhias, disent les Paralipomènes, fortifia Millo qui est dans la cité de David.
Est-ce que Millo était dans Jébus? Pas le moins du monde. C'était une vallée, «et cette . vallée n’est autré, chose “que "le Tyropæon; celui-ci faisait donc aussi partie de la ville de David.
Plus loin, le même livre saint nous apprend que Manassé bâtit un mur extérieur à la ville de David, vers l’occident, et qu'il le continua jusqu’à Ophel. Certes, ce qui est désigné ici par le nom « ville de David » n’est pas exclusivement la forteresse occupant le sommet du mont Sion.
Il y a mieux, l’Écriture nous apprend que Salomon fit habiter hors dela forteresse de Sion laÿreine-s1tfemme Mlle tdu Pharaon d'Égypte, parce que ce lieu, étant sacré, ne pouvait être profané par aucune chose impure, et Salomon, si scrupuleux en cette circonstance, eût mis ses scrupules de côté lorsqu’il s'agissait d’un cadavre et d’une tombe ?
Josèphe ne redit-il pas, après l’Écriture sainte : Notre loi déclare impur tout homme habitant un lieu où il y a des sépulcres? Les habitants de la cité de David, et Salomon tout le premier, eussent donc été impurs à perpétuité, si le tombeau de David s’y fût trouvé enfermé.
Le palais que Salomon fit bâtir pour la princesse égyptienne sa femme, était à Millo; la reine aurait donc été envoyée hors de la cité de David par un scrupule religieux du roi; et voilà que les Paralipomènes nous disent, ainsi que je l'ai rappelé tout à l’heure, que Millo est dans la cité de David même ! R
Enfin, à plusieurs reprises, dans le livre des Macchabées, c’est
toute la ville de Jérusalem qui s'appelle cité de David.
PLATINE [ll (in
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(Oued-el-Hasbany)