TOMBEAU D’ABSALON
LDOMBEAUX EL DEES DPABSAEOMLET DE. JOSAPHAT 251
sans cracher sur le monument et sans lui jeter une pierre, punissant par ce double outrage le crime du fils rebelle. Faut-il en conclure que le tombeau est le même qu’Absalom s'était fait élever de son vivant ? Non ; mais j'affirme qu'il est d’une haute antiquité.
La Bible mentionne un second mausolée qui devait être très imposant, à en juger par le passage suivant, et que Jje trouve dans Isaïe : « Ainsi dit le Seigneur Jéhovah-Sabaoth : Va vers ce haut fonctionnaire, Sibna, qui est intendant du palais. — Qu'as-tu ici, et qui des tiens lést ici. qué'tuite Creuses un sépulcre ? [1 creuse dans la hauteur son sépulcre ; il taille dans le roc sa (dernière) demeure. »
Cette partie des prophéties d’Isaie se rapporte au règne d'Ezekhias, dont Sibna était l’intendant (727 à 698 avant J.-C). A l’époque dont il s’agit, des tombeaux magnifiques étaient donc taillés dans le roc vif.
S1 les chrétiens de Jérusalem appellent ce mausolée le tombeau d’Absalom, les musulmans lui donnent un autre nom; ils Pappellent Z'outourah-Faraoun (toutourah est le nom de la haute coiffure en forme de corne dont s’affublent les femmes riches du Liban); malheureusement cela ne nous apprend rien sur son origine.
Architectes et antiquaires ont été unanimes jusqu'ici pour déclarer que le soi-disant tombeau d’Absalom présentait tous les caractères de la décadence, qu’il devait appartenir à la fin du iv® siècle de notre ère. J’ai le regret de devoir leur enlever cette croyance. En effet, le pèlerin de Bordeaux qui a visité Jérusalem en 333, c’est-à-dire justement à la fin du premier tiers de ce 1v° siècle, mentionne « auprès de la roche où Notre- Seigneur fut livré par Judas et du palmier auquel les enfants arrachèrent des palmes pour les jeter devant le Christ, lors de son entrée à Jérusalem, à un jet de pierre de là, deux
monuments funèbres d’une beauté admirable : le premier,
un monolithe, dans lequel fut déposé le prophète Isaie; le second, qui fut le tombeau du roi Ezekhias. »
Sans doute le pèlerin de Bordeaux a recueilli la tradition locale qui avait cours du temps de sa visite, et le monument que l’on dit postérieur à cette époque passait alors pour contemporain du roi Ezekhias. Je me contente de cette réponse ax architectes et aux antiquaires.
Nous avons vu que Sibna était l’intendant d’Ezekhias, et 1l est singulier que le tombeau d’Absalom ait passé en 333 pour être celui d’Ezekhias lui-même. Il y a là une coïncidence qui pourrait | faire croire qu'il s'agit Len” réalité tduwmsépulerentde Sibna.
J'ai déjà dit que les patères de la frise dorique étaient presque toutes dissemblables; ajoutons que les faces du monument, autres que celle qui regarde Jérusalem, ont été fort négligemment taillées, et présentent partout des différences de dessin notables. |
Tout cela indique beaucoup plus de grossièreté d'exécution que de décadence d’un art classique; d’ailleurs, explique qui pourra le mélange des ordres ionique et dorique, avec des motifs empruntés à l'Égypte, c’est-à-dire la conception la plus originale et dont on ne retrouverait pas de traces ailleurs.
Je passe au tombeau dit de Josaphat.
Dans la paroi du fond de l'espèce de cour, taillée dans le roc, au milieu de laquelle s'élève le mausolée que nous venons de visiter, se voit à gauche le sommet d’un fronton orné d’acrotères et d’élégants rinceaux remplissant le tympan; c’est, pour les juifs comme pour les chrétiens de Jérusalem, le tombeau de Josaphat. Quel Josaphat? On n’en sait rien. La tradition, si elle pense au roi Josaphat (919 à 804), a oublié que l’'Écriture sainte dit en toutes lettres que le roi Josaphat fut enseveli dans le caveau dynastique de David. Nous ne pour-
rions donc en ce cas que rejeter résolument la légende, et
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si Josaphat il y a, ce n’est certes pas au roi qu’il faut songer.
Le centre du tympan est occupé par une triple palme, motif habituel des monuments judaïques de la belle époque; les rinceaux, d’une simplicité charmante, partent des côtés de la palme médiane, et leurs révolutions, diminuant progressivement de diamètre, viennent expirer à la cinquième, dans l'angle même du tympan. Celui-ci n’est orné qu’à sa partie supérieure, d’une moulure composée de deux listels que sépare un tore. Les acrotères sont formés de quatre folioles, les trois premiers faisant volute.
Au-dessous du fronton, une double plate-bande encadre la face de rocher dans laquelle était la porte.
Je n'ai jamais pu voir que le fronton et la portion de gauche de l’encadrement que couronne ce fronton, grâce à la présence de ce qui semblait être une tombe juive toute fraîche, placée en travers de la porte. Est-ce vraiment une tombe? est-ce un simple amas de terre simulant une tombe pour écarter les indiscrets ? Je ne sais; mais la partie inférieure de ce joli petit monument funéraire n’en reste pas moins masquée.
Il paraît, du reste, que cette condamnation de la porte d’entrée a des intermittences. À mon premier séjour à Jérusalem, on me raconta que des curieux, furetant dans la grotte sépulcrale, y avaient découvert un Pentateuque fort ancien, et qu'à partir de ce moment les juifs décidèrent que le caveau serait fermé.
Il ne l’a pas été toujours depuis lors, puisque le frère Liévin a pu y pénétrer. Voici ce qu'il en dit: « La première chambre a été creusée avec beaucoup de soin, enduite d’une espèce de stuc et peinte ensuite (en quelle couleur? il a oublié de le dire). Dans le mur ouest, on voit une loge funéraire; de la première chambre on entre successivement dans deux autres, dont la dernière est située sous le tombeau d’Absalom. Il est
probable que cette dernière servit d’ossuaire, parce qu’on y
voit beaucoup d’os et de vêtements pourris accumulés. J’y ai, en outre, observé une certaine quantité de terre en forme de dos d’âne qui exhalait une odeur cadavéreuse et qui m’a fortement aidé à satisfaire ma curiosité en aussi peu de temps que possible. Je crois que les juits ensevelissent dans ce monument, qui est toujours fermé. Je ne l’ai vu qu’une seule fois entr'ouverts1jy suis entré avecibeaucouprdetdiiicuités, 11@yM#audés quelque temps; mais ayant perdu les notes que j'avais prises, jaime mieux omettrenle restemdenlandesenptiontaque#decrtee
des choses inexactes. »
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