‹ JérusalemChapitre 68 sur 81 · GROTTE DE L’AGONIE — TOMBEAU DE LA SAINTE VIERGE JARDINADES NOLIVIERS · texte numérisé non relu

GROTTE DE L’AGONIE — TOMBEAU DE LA SAINTE VIERGE JARDINADES NOLIVIERS

partant du Bab-Setty-Maryam, traverse le lit ÉSCCAIUNTOeN Ce ISUDEUNAPe PONT APOUDELEE

monter vers le flanc occidental du mont des

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pont, on trouve un escalier qui amène sur le parvis de l’église nommée indifféremment Tombeau de la sainte Vierge Marie, ou église de l’Assomption.

Un escalier de quarante-huit marches conduit dans l’église proprement dite, qui se compose d’une salle d’une trentaine de mètres de longueur. Elle est terminée par une abside en arc de cercle. L’escalier vient aboutir dans le transept de droite, dont il a toute la largeur; le transept de gauche contient un autel des Grecs, dédié à saint Étienne. Du côté de l’est, un petit édicule renferme le tombeau de la Vierge. Comme au Saint-Sépulcre, du tombeau même il n’a été conservé que la couchette, le roc ayant été entaillé tout autour. Les parois de lédicule sont formés du roc ainsi réservé, sauf à l’angle nord-ouest, où il a

été remplacé par de la maçonnerie. Contre cette partie bâtie,

et à l'extérieur de l’édicule, est adossé un autel appartenant aux Arméniens. [l va sans dire qu'ici encore la sainte couchette a été revêtue d’une plaque de marbre. Deux petites portes donnent ertrée dans l’édicule. Devant celui-ci, au nord et au sud, le mur de. V'éplise ; “qui n'est. qu'une paroi de roc, est entaillé de deux absidioles; celle du nord contient un autel, propriété des Syriens jacobites; l’autre, au sud, est le feu de prières des musulmans, qui vénèrent le tombeau de Setty- Maryam autant que les chrétiens eux-mêmes.

En se dirigeant vers l’ouest, on trouve en avant de l’abside terminale une petite citerne qui précède un autel des Coptes.

Rentrons un instant dans le transept méridional, auquel aboutit l'escalier qui descend dans l’église. A la paroi “de gauche s'applique un autel grec de saint Nicolas. Remontant ensuite le grand escalier, on rencontre sur sa droite une chapelle arménienne occupant, dit-on, la place du tombeau de saint Joseph; plus loin, sur la gauche, s'ouvre une autre chapelle avec deux autels placés, suivant la tradition, sur les tombeaux de saint Joachim et de sainte Anne. Du même côté, il y a une porte murée, on ignore depuis quand, et qui conduisait on ne sait Où.

La tradition qui a fait des deux petites chapelles les tombeaux desssaint Josepli. de saint loachimaer de tSainte PA ane de date peu ancienne. L’apparence des. autels est moderne, et leur disposition, si peu d'accord avec l’emplacement du tombeau de la Vierge, ne permet guère d'accepter une telle tradition les yeux fermés. D'ailleurs, Guillaume de Tyr nous dit que Melissende, fille de Baudouin II et femme de Foulques d’Anjou, roitde Jérusalem, morte le fr7 septembre 46: tit Cns terrée dans un petit caveau de maçonnerie, fermé par une grille de fer, et situé à droite, en descendant au tombeau de la Vierge. Il serait difficile de désigner plus clairement la cha-

pelle grecque où l’on prétend placer les tombes de sainte Anne

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et de saint Joachim. Quant à la petite chapelle vis-à-vis et de l’autre côté de l'escalier, il n’est pas possible de lui assigner une origine précise. Peut-être un autre membre de la famille royale de Jérusalem y aura-t-il recu la sépulture, sans que les historiens des croisades aient songé à consigner ce fäit dans leurs annales. à

Il paraît, du reste, que les grands personnages de la cour de Jérusalem se faisaient volontiers inhumer dans le voisinage immédiat de l’église où se trouvait le tombeau de la Vierge. Ainsi letchroniqueur Albert vd'Aïx envcitendeux ? Wérner.de Gray, cousin de Godefroi de Bouillon, déposé en 1100 « dans le portique de la basilique de sainte Marie, dans la vallée de Josaphat », et Arnulphe d'Oudenarde, tué à la chasse et enterré en 1107 « dans la vallée de Josaphat, auprès de l’église la Tour-de-Sainte-Marie ».

L'Église de l'Assomption a sa face occidentale presque complètement enterrée sous les terres et les décombres éboulés, provenant du flanc droit de la vallée. L’obscurité qui règne dans ce sanctuaire est profonde, et il faut y avoir passé quelque temps déjà pour que les yeux se soient habitués à discerner à travers les ténèbres les détails de sa construction et de sa disposition intérieure.

Quelques mots maintenant sur son histoire.

La première mention d’une église bâtie en ce lieu se lit dans le second discours de saint Jean Damascène sur l’Assomption. Il y est dit que l’'impératrice Pulchérie !, ayant fait bâtir à Constantinople une église en l’honneur de la sainte Vierge,

et sachant que le tombeau de la Mère de Dieu se trouvait dans

1. Aelia Pulchérie, surnommée la sainte, et fille d'Arcadius et d'Eudoxie, naquit le 19 janvier 309. Créée Auguste le 4 juillet 414, elle partagea 1: pouvoir avec son frère Théodose II. À la mort de celui-ci, en 450, elle épousa l’empereur Marcien; elle mourut en 453. C'est dans l’année qui précéda sa mort (452) qu’elle fit bâtir, au palais de Blachernes, l’église de la Vierge- Marie.

l'église de Gethsemani, demanda à Juvénal, patriarche de Jérusalem, qui se trouvait alors à Constantinople, de lui donner quelques reliques de la Vierge, pour illustrer le sanctuaire qu’elle venait de consacrer. Juvénal lui répondit que la tombe était vide, qu’on ne la vénérait qu’en souvenir du séjour qu'y avait fait le corps de la mèré de Jésus, entre le/moment/dessà mort et celui de son Assomption. |

Jusqu'à la fin. du vu°'siècle, 11 est plus”, quéstionede l’église. À cette époque, elle fut visitée par Arculphe; mais de la description que ce voyageur en donne, il résulte que l’église actuelle n’a de commun que l’emplacement avec celle qu'il a vue.

Lors du siège de Jérusalem par Godefroi de Bouillon, elle fut probablement détruite par les assiégés; ce qui est plus certain, c'est qu'en 1100 elle était encore Len trames nNdes bre actes de la royauté de Godefroi fut d'établir auprès du tombeau un couvent de moines noirs de l’ordre de Cluny, qu’il dota richement. Ce couvent fut visité par Sæwulf en 1103, et les religieux qui lhabitaient construisirent l’église qui existe encore aujourd’hui. Telle que nous la connaissons elle était déjà en 1161, ainsi que le constate le fait rapporté plus haut de l’inhumation de la reine Melissende.

Lorsque Jérusalem retomba au pouvoir des musulmans, en 1187, le couvent des moines noirs fut rasé, et ses matériaux furent employés à la mise en état des remparts de la ville; mais on respecta l’église, grâce à la vénération que les musulmans professent pour Maryam, mère d’Ayssa (de Jésus).

En 1363, la rene Jeanne dé Naples obunt/du soudan d'Égypte un firman qui remettait les pères franciscains en possession du sanctuaire, avec faculté de rebâtir le couvent détruit. Faute d'argent, il n’en fut rien. Depuis lors, Grecs et Latins n’ont cessé de se disputer la possession du tombeau. Un

firman de 1757 reconnut les droits des franciscains sur la pro-

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