‹ JérusalemChapitre 7 sur 81 · LE SAINT-SÉPULCRE NEO · texte numérisé non relu

LE SAINT-SÉPULCRE NEO

perdu la mémoire des lieux saints. Soixante-cinq ans après, en 135 ou 136, date de la catastrophe dernière et définitive qu’eut à subir la nation juive révoltée, l’empereur Adrien, en haine du nom chrétien, et dans le but d’anéantir jusqu’au souvenir de la Passion de Jésus-Christ, eut l’idée ‘de faire construire sur le Golgotha un temple de Vénus. C’est vers 330 que l'impératrice Hélène voulut sanctifier le Calvaire et le Saint-Sépulcre, c’est-à-dire cent quatre-vingt-quinze ans après la construction du temple de Vénus. A qui fera-t-on croire qu’un temple fondé par Adrien n'avait plus laissé de traces au bout de moins de deux siècles? Pour ma part, je n'hésite pas à affirmer que ce temple était debout, fréquenté encore par les paiens de Jérusalem, lorsque le pic et le marteau du démolisseur à la solde d'Hélène le firent disparaître du lieu sacré qu’il profanait.

Ainsi, tout s'accorde pour prouver qu’au moment où Hélène vint à Jérusalem, la tradition était restée vivante et inébranlable.

Depuis lors, par quel prodige le souvenir du véritable site des lieux saints aurait-il pu s’effacer absolument et faire place à des lieux saints faux et apocryphes? Est-ce que depuis Hélène il y a eu un seul moment où l’on ne comptât plus de chrétiens dans Jérusalem? Les descendants de ces chrétiens d'Orient, deétéefpars oi la -traditionvest pourtainsi, dirénpétrifiée, ne doutent pas, eux; il a fallu que doutes et dénégations fussent mis en avant par de soi-disant chrétiens de l’Occident !

Je crois avoir assez fait pour établir l'authenticité du (Cal-

vaire et du sépulcre de Jésus-Christ. Maintenant je puis passer à la description de cette église illustre.

Le pâté de constructions dans lequel est englobée l’église du Saint-Sépulcre forme un carré régulier, circonscrit à l’ouest par la rue du Patriarche, au sud par une ruelle en pente conduisant au grand parvis, qui est toujours peuplé d’une multitude de petits

marchands de chapelets et d’objets de dévotion, et auquel fait

suite la rue des Paumiers (marchands de palmes); à Pest, par la rue de Saint-Étienne; au nord, par la rue du Saint-Sépulcre.

Lors de mes deux premiers voyages à Jérusalem, une petite porte basse donnait accès sur le parvis, et il fallait prendre de grandes précautions pour ne pas se casser la tête contre le linteau. Depuis lors, une princesse de la famille impériale, la princesse Murat, que le consul de France avait l'honneur de conduire, s’étant grièvement heurtée le front contre cette maudite Wpierresmla porte areété démolie. Met#atjourd'hunshomenest plus obligé de se courber en deux pour entrer dans le parvis. :

Une fois sur celui-ci, on se trouve en face d’un charmant portail dont Île style rappelle les églises carlovingiennes des bords du Rhin. Il est flanqué de colonnes de marbre blanc, couvertes de signatures de pèlerins de toutes les époques. Ce .portail est muni d’une double porte, mais celle de gauche reste seule ouverte. Jadis les tympans étaient remplis d’un champ de mosaïque dorée qui a presque disparu; mais au-dessus se trouve encastré un bas-relief de l’époque des croisades, représentant des scènes de la vie de Jésus-Christ, notamment son “entrée à Jérusalem le jour des Rameaux. Dans le tympan de la porte condamnée se voit un autre bas-relief qui n'offre que des rinceaux de feuillages et de fleurs.

Le parvis est dominé par un clocher carré, resté inachevé et qui appartient aussi à l’époque des croisades.

Une fois le seuil franchi, on traverse un vestibule, à gauche duquel les effendis préposés à la garde de l’église ont établi leur lit de camp. Devant ce vestibule et dans le pavé de l'église se trouve un bloc de jierre rougeâtre, bien polie; c’est la pierre de POnction.

En marchant devant soi, le visiteur viendrait au bout de quelques pas se heurter aux stalles des moines de la communauté grecque. Il faut donc, pour accéder au saint tombeau,

tourner à gauche et gagner la rotonde qui, de même que le

Page 1