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grand vestibule de la pierre de lOnction, appartient à toutes les confessions chrétiennes. C’est ici, au milieu de la rotonde, que se trouve le”saint sépulcre. On pénètre par une porte étroite dans une jolie chapelle circulaire, au centre de laquelle on vous montre l’endroit où fut roulée par l’ange la pierre qui fermait le tombeau du Christ. Le tombeau est dans une cellule carrée de dimensions très restreintes; un banc de marbre blanc occupe tout le côté droit, la place même de la couchette funéraire. Dans ce réduit, où brûülent perpétuellement des lampes consacrées, un moine grec offre de l’eau de rose pour asperger la dalle. |
Je ne dissimulerai pas que l’odeur de cette eau de rose vous prend un peu désagréablement à la gorge.
On ne distingue plus un millimètre carré du roc primitif, toutes les parois étant tapissées de marbres et de dorures. J’ai quelque peine à m'expliquer comment ceux qui ont cru honorer cette tombe illustre, à commencer par sainte Hélène, n’ont hen trouvé: de. mieux querde-la mutilerde la%si bien revêtir de marbres précieux que l’on n’en voit plus rien, Ont-ils cru éviter ainsi les petites mutilations indiscrètes des pèlerinst désireux d’emporter et de conserver une parcelle de la roche sainte ?
Dans une des parois de la petite chapelle est pratiquée une ouverture par laquelle on distribue le feu sacré aux croyants grecs, le jour du samedi saint.
En résumé, si j'en juge par ce que jai éprouvé moi-même, on ressent dans la cellule du saint sépulcre une impression de désappointement et de regret beaucoup plus que de vénération.
Au-dessus de l’édicule qui contient le tombeau s’élève l’immense coupole qui domine tout Jérusalem et dont le sommet n'est pas clos.
Cette coupole, je lai vue, lors de mon premier voyage, af-
freusement délabrée, montrant sur toutes ses faces de honteuses
déchirures. Il a fallu bien des négociations pour amener une entente entre le sultan, souverain territorial, l’empereur des Français et l’empereur de Russie, afin de remettre en bon état cette coupole à laquelle personne ne pouvait toucher, grâce toujours aux rivalités de confessions. Elle allait se dégradant si vite, qu'il était à craindre qu'au moindre coup de vent une des plaques de plomb de la couverture ne tombât quelque jour sur les processions qui se renouvellent sans cesse autour du saint sépulcre, et n’assommât prêtres et ouailles.
Grâce à l’entente des trois empereurs, la restauration de la coupole a été décidée et menée rapidement à bonne fin par mon ami M. Mauss, architecte du domaine de la France à Jérusalem, et par M. Eppinger, architecte russe qui lui avait été adjoint.
C’est encore par un de mes amis ét compagnons de recherches en Palestine, Auguste Salzmann, mort trop jeune, hélas! que les peintures décoratives de l’intérieur de la coupole ont été achevées.
Le problème à résoudre pour déterminer les motifs de ces peintures décoratives n’était pas facile, car 1l fallait éviter ce qui, deriprès ou de loin. Matraitipn -Seurattacher urine plutôt qu’au rite latin et réciproquement. Disons bien vite que lat solution ra été des plus theureuses que, Fetferhproduites été à la hauteur de tout ce que l’on pouvait désirer. J'avais admiré à Paris même la charpente de la coupole et lesquisse des, peintures, La premiére Maprèshayvoir hétémmontée mure molie pièce à pièce et emportée en Terre sainte pour y être reconstituée ; dla seconde, naturellement, "a"été exécutée sur place, et lors de mon dernier voyage j'ai pu constater le succès qui avait couronné l'achèvement de ces deux œuvres capitales.
Au-dessus du tambour, et à la naissance de la coupole, règne
une galerie nommée galerie des Lampes, dont la possession et
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l'usage a été et doit être encore une source constante de disputes entre Grecs et Latins.
Au rez-de-chaussée, la rotonde est entourée de salles spacieuses qui presque toutes appartenaient aux Grecs, et sur lesquelles ouvrent onze petites portes. Cependant il faut faire une exception au sujet des deux salles centrales, de celles dans lesquelles on accède par la petite porte placée dans laxe général du monument, et par une autre qui la suit immédiatement à droite de cet axe. La première est une chapelle appartenant aux Syriens, et de laquelle on passe par un étroit couloir dans une chambre sépulcrale contenant deux tombes taillées parallèlement dans le roc vif et ayant la forme des fours à cercueil de toutes les sépultures judaïques. Ces deux fours à cercueil passent pour être les tombes de Joseph d’Arimathie et de Nicodème.
Il y avait donc, à quelques pas du saint sépulcre, de véritables tombeaux judaïques taillés dans le roc et dont personne n’a songé à altérer la physionomie primitive. En faut-il plus pour conclure que tout ce qui est contenu de terrain dans l’église actuelle du Saint-Sépulcre était en dehors de l’enceinte de la ville de Jérusalem à l’époque de la Passion?
La chapelle de droite, contiguë à celle des Syriens, appartient aux Coptes. On y descend par un escalier à trois paliers, mais elle ne renferme qu’un tronçon de colonne, que l’on appelle la colonne de la flagellation, en affirmant que Notre-Seigneur y fut attaché pour subir cet ignoble supplice. |
Devant le saint sépulcre, à l’est, s'étend la nef de [a grande église des Grecs, avec son iconostase et son chœur circulaire dont le sommet est occupé par le trône du patriarche. Autour de ce chœur règne une allée circulaire sur laquelle s'ouvrent deux petites chapelles; puis, à droite de l’axe du monument, un escalier de quarante-neuf marches conduit au haut du Cal-
vaire et à la chapelle de la Crucifixion. Celle-ci se subdivise en
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trois nefs, dont les deux premières sont terminées par les chapelles de Sainte-Hélène et du Bon-Larron. La troisième nef conduit par un escalier de treize marches à une chapelle des Francs, ouvrant sur la salle de l’Invention de la croix, qui appartient aux Grecs. En enlevant sur le sommet du Calvaire le parement en bois d’un autel, on montre le trou dans lequel était plantée la croix de Jésus-Christ, non pas le trou primitif, car il a été agrandi par une mutilation pieuse; en effet, sur une certaine épaisseur les parois de la cavité ont été enlevées. A droite, on vous fait remarquer dans le roc une large fissure qui s’est produite au moment où le Christ rendit l’âme.
Je ne m'arrêterai pas plus longtemps à décrire les diverses parties de l’édifice. Jusqu’à l'incendie de 1808, on voyait dans la chapelle dite de Golgotha, située à droite du vestibule qui contient la pierre de l’Onction, et à laquelle on accède par une rampe de dix-sept marches, les tombeaux des rois latins Godefroi de Bouillon et Baudouin I”, Aujourd’hui qu'ils ont disparu, on raconte que l'incendie les a détruits sans en laisser trace. Est-ce bien sûr? La présence de ces tombeaux n'offusquait-elle pas la susceptibilité des Grecs, parce qu’elle rappelait trop clairement le rôle exclusif des Latins dans la conquête de la Terre sainte? C’est possible, car je ne voudrais pas affirmer que ces pierres sépulcrales n’existent pas encore, cachées ou enterrées, dans quelque recoin ignoré des nombreuses possessions des Grecs à l’intérieur du Saint-Sépulcre.
C'est là, dans ce sanctuaire où toutes les passions humaines devraient: seDtaire et, faire Wrève. cest laque se Hassen trop souvent des scènes déplorables que j'aurais honte de raconter par le menu. Lorsque des processions latines et grecques ont la mauvaise chance de se rencontrer, il n’est pas sans exemple que de part et d’autre on se soit salué à coups de chandeliers et de hampes de croix. Dans ces douloureuses circons-
tances, il se produit habituellement un fait plus douloureux
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encore; c’est que les soldats turcs interviennent et rétablissent l’ordre avec les crosses de leurs fusils. Que l’on s'étonne après cela que les Turcs n'aient pas un profond respect pour ces chrétiens qui ne savent pas se respecter eux-mêmes!
DeuxVountrois fois jallété, lentémoin bien ‘involontaire, et bien désolé de scènes aussi scandaleuses. Je n’en raconterai qu’une. Devant la porte qui donne entrée dans le couvent latin de Beïit-Lehem se trouve une place dallée que longe le cimetière. Moines grecs et latins se disputent l'autorité sur Ééripiacesquinta riens dénbienmvénérablénentsoi. ett qui n’a d'autre titre à la convoitise des deux corporations religieuses que déstenir,aux murailles du. couvent. Chacun défend: à son compétiteur de balayer le dallage, ce qui serait faire acte de propriété. Mais lorsqu'elle est salie par des immondices de toute nature. faut bien se’ décider à fairè intervenir le balai. Celui qui ar commencés cette. œuvre louable;,s'1l ést® moine: latin, est assuré de recevoir lestément sur les épaules le manche d’un balai monacal soumis au rite grec; si c’est un moine grec qui entreprend le nettoyage, il est infailliblement rossé par les moines latins. De là des conflits odieux où tous les manches à balai des deux communautés rivales entrent en action et ne font qu’épousseter un peu rudement la bure des uns et des autres.
J'ai vu ce fait se passer sous mes veux, assistant, avec un déplaisir que je ne cherchai pas à dissimuler à mes correligionnaires, à une vraie bataille de moinillons bruns et noirs qui n’y allaient pas de main morte, tapaient dru, et s’injuriaient de la belle facon.
Jen diraitrien, et pour cause, de ceérqui seupasse dansel'église du Saint-Sépulcre la nuit du vendredi saint des Grecs, et le lendemain lorsque se pratique la distribution du feu miraculeux. C’est un scandale inouï et que je laisse à d’autres le soin
de raconter, ne m'en sentant pas le courage.
De l’église bâtie par l’impératrice Hélène, je ne crois pas qu’il existe une seule pierre restée en place. Bien des fois, on le sait, l’église a-été Complètement ruinée, et tell quemnous la voyons aujourd’hui, elle est sortie des mains des Russes après l'incendie de 1808. |
Nous allons énumérer rapidement ces destructions et reconstructions successives. |
L'éshisetdesainte Hélène Neonsacréeen S55ddenérencheee tienne, fut renversée par les Perses, pendant l'invasion de Chosroës, en 614.
Quinze ans après, elle était restaurée par Modestus, supérieur du couvent de Saint-Théodose, qui remplissait en qualité de vicaire les fonctions du patriarche Zacharias, prisonnier des Perses. Il fut activement secondé dans cette œuvre de piété par Jean, patriarche d'Alexandrie; en très peu de temps le désastre des lieux saints fut réparé, mais 'il n’en fut pas de même de la ville, qui se releva lentement de ses ruines.
Le 14 septembre 620, l’empereur Héraclius, après avoir chàtié les Perses et repris la vraie croix, qu'ils avaient emportée dans leur capitale, faisait son entrée triomphale à Jérusalem, . pieds nus, dépouillé de tous les ornements impériaux et portant sur ses épaules le bois de la vraie croix de Jésus-Christ. L’anniversaire de ce jour est fêté par les chrétiens sous le nom d’Exaltation de la croix.
Peu d’années après, Jérusalem tombait au pouvoir des musulmans (634), mais les églises étaient respectées par le khalife Omar. |
Voici ce qui arriva après le rejet de la première capitulation proposée par Abou-Obéidah, qui assiégeait la ville sainte. Après plusieurs mois de résistance, les chrétiens n’espérant plus de secours des armées impériales, toujours battues par les Sarrasins, le patriarche Sophronius déclara à leur chef qu'il était
prêt à traiter, mais qu’il ne traiterait des conditions de la capi-
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tulation qu'avec le khalife lui-même. En conséquence, un message fut expédié à Médine, où résidait Omar, et celui-ci s’empressa d’accourir. Le Commandeur des croyants n’était pas mieux équipé qu’un simple bédouin : deux sacoches attachées à la selle de son chameau et remplies des provisions les plus vulgaires, une grande cruche, un plat de bois, tel était l’attirail de voyage qu'il portait avec lui.
Arrivé en vue de Jérusalem, il s’écria : « Dieu est très grand! O Dieu! accorde-nous une conquête facile! » Il attendit une députation des chrétiens et, après une courte conférence, signa le traité suivant : « Au nom du Dieu clément et miséricordieux ! Voici les articles de la capitulation dont moi, Omar, serviteur de Dieu, commandeur des croyants, je garantis l’exécution au peuple d’Ælia (c'était alors le seul nom que portât parmi les Arabes Jérusalem, qui avait pris le titre de Colomia Ælia Capitolina sous le règne d’Adrien). J’assure la vie des habitants et de leurs enfants, ainsi que la possession de leurs biens, leurs églises, leurs croix, tout ce qui leur appartient. »
« Leur pays et tout ce qui touche à leur foi religieuse seront respectés. Leurs églises ne subiront ni spoliation, ni destruction, ni outrages. Aucun habitant de Jérusalem ne sera inquiété dans la pratique de sa foi religieuse; personne ne sera exposé à des outrages; pas un seul des juifs d’Ælia ne sera dépouillé. Il est arrêté et convenu que le peuple d’Ælia payera le même tribut que le peuple des autres villes conquises (c’étaient cinq deniers pour les riches, quatre pour la classe moyenne, trois pour les gens du peuple; les vieillards et les petits enfants restaient affranchis de la capitation). Les Grecs et les voleurs auront trois jours pour quitter la ville, sans courir de risques pour leur existence et leurs biens. Tous les habitants du pays qui viendront se fixer à Æla seront assujettis au même HDUPESESSN L
Ces préliminaires une fois arrêtés, les portes de la place
s’ouvrirent, et le khalife fut recu à son entrée par le patriarche, auquel le misérable accoutrement du prince, revêtu d’une simple maschlah en poil de chameau, n’inspira pas grand respect. « En vérité, s’écria-t-il, voilà l’abomination de la désolation dont parle le prophète Daniel, implantée dans la cité sainte ! »
Omar n'eut pas l’air de s’en apercevoir; il fut conduit à l’église de la Résurrection, et lorsqu'il allait y entrer, l'heure de la prière arriva. Omar voulut faire cette prière. « Commandeur des croyants, lui dit le ‘patriarche, prie ici. — Je ne veux pas prier ici, » répondit le khalife. A l’église de Constanun liditi Ce ne nweux (pas non plus prier Mc. D'AMSSOrTITEUE l’église par la porte orientale pour faire sa prière sur les degrés. Lorsqu'il l’eut finie: « Sais-tu, dit-il au patriarche, pourquoi je n’ai pas voulu prier dans l’église ? Si je l'avais fait, tu aurais perdu tes droits sur elle, et après ma mort les musulmans s’en seraient emparés en disant : Omar a prié ici. » Aussitôt il écrivit un ordre à tous les musulmans, ordre qui ne leur permettait de faire la prière sur ces degrés qu’un à la fois, et sans qu’on püt les y appeler comme dans les mosquées.
Le khalife alla faire ensuite ses dévotions à la tour de David, après quoi il demanda qu’on le conduisit à la mosquée de David. Le patriarche devina que cette étrange dénomination désignait le temple de Salomon; mais la place du temple était abandonnée depuis si longtemps que personne ne la connaissait. Dans son embarras, Sophronius conduisit Omar à l'église de la Résurrection, et lui dit: « Voilà la mosquée de David. » Omar, après un regard attentif jeté sur l’intérieur de l’église, répliqua : « Tu te trompes; cela ne ressemble en rien à la mosquée de David que m’a décrite le prophète; que sur lui soit la bénédiction et la paix de Dieu! » Il en fut de même à l’église de Sion et dans les autres sanctuaires de la ville, jusqu’à ce qu'il füt arrivé à la grande église située près de la porte de Mohammed,
L'eau ruisselait sur les marches et à travers la rue. Le patriar-