ÉGLISE DE SAINTE-ANNE
l'extrémité orientale de la voie Douloureuse, et en face du Birket-Israël, s’élève l’église de Sainte-Anne. Les opinions sont partagées sur l’âge de l’église actuelle. M. de Vogüé y voit
un monument latin des croisades, d’autres y
trouvent une église wgrecque antérieure au x1° siècle, et j'avoue de je partage l’avis du
premier, à cause de l'identité du plan de l’église avec celui de
Vo
Sainte-Marie-la-Grande.
Sa forme n’est pas exactement rectangulaire, bien qu'il soit probable que larchitecte qui a construit le sanctuaire a voulu le faire régulier. A l’est, l’église se termine par trois absides polygonales, dont l’intermédiaire est notablement en saillie. Ces absides correspondent à trois nefs, dont la centrale est plus large que les autres. Chacune de ces nefs comporte trois travées et aboutit à un transept surmonté d’une coupole dans le prolongement de la nef du milieu. Sur le côté oriental du transept s'appuient les absides, en cul-de-four et demi-circu-
laires, mais celle du centre s’appuie sur le prolongement rec-
tiligne de la partie centrale du transept surmonté d’une coupole.
Les trois groupes de soutiens qui, de chaque côté de la nef centrale supportent les voûtes et les arcades des bas-côtés, sont formés de piliers rectangulaires très simples, et sans ornements. Quelques-uns ont été recoupés assez grossièrement à une certaine distance au-dessus du sol.
Tous les arcs sont en ogive, mais peu accentuée. Justement au-dessous du transept se trouve une crypte, taillée dans le roc vif, et que la tradition regarde comme une partie de la maison de Sainte-Anne, dans laquelle naquit la sainte Vierge. Cette première cave communique, par un couloir étroit, avec une deuxième cave également taillée dans Île roc.
La première des deux grottes a manifestement servi d'église ä une époque réculée ,! car des peintures murales’ dontilèce reste plus que des traces méconnaissables, l’ont ornée jadis. M. de Vogüé a reconnu au fond d’une petite niche une image grecque de la Panagia, sur fond bleu.
Tout le sommet de l'édifice est en terrasse, et.au-dessus de cette terrasse se-drésses lacoupole”La-porte d'éntréesouvermets l'occident est petite et accostée de deux larges contreforts ; elle est beaucoup plus ornée que l’intérieur même de l’église. Au-dessus de la porte était naguère un tarikh, c’est-à-dire une inscription arabe, qui a disparu depuis que l’église a été rendue au culte.
Les récits. des pèlerins quiyrdès te", siècle, wisitérent Jérne salem, constatent l'existence d’une église bâtie en lhonneur de sainte Anne auprès de la piscine probatique, et sur la maison de saint Joachim. Lorsqu’en 1099 les croisés conquirent la ville sainte, une église existait encore au même lieu; mais était-ce la première? Chosroès et El-Hakem ne l'avaient certainement pas épargnée plus qu’ils n'avaient épargné les autres. Quoi qu'il en soit, Godefroi de Bouillon la trouva debout et y atta-
cha un couvent de femmes. Pour moi, l’église actuelle est bien