‹ JérusalemChapitre 72 sur 81 · SOURCE DU JOURDAIN · texte numérisé non relu

SOURCE DU JOURDAIN

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ÉGLISE DE L’ASCENSION 299 Saint-Sépulcre. Dans l’église primitive qui existait déjà du temps de saint Jérôme, cette dispositon avait été adoptée en souvenir du passage du corps de Notre-Seigneur, comme le déclare le saint écrivain.

L'église octogonale datait du temps des croisades, suivant l'opinion de M. de Vogüé, qui a certainement raison. Elle avait remplacé l’église primitive, dont des fouilles impossibles à pratiquer aujourd’hui révèleraient seules l’ordonnance. Très probablement, cette église fut abattue par les défenseurs de Jérusalem avant le siège de 1090.

Mais après la destruction, un oratoire fut élevé au centre

de l’église disparue. Comme celle-ci, 1l était octogonal et percé

huit arcades ogivales à jour, qui sont maintenant murées. Au-dessus se dresse un tambour cylindrique, surmonté ‘d’une

coupole. Un pèlerin du xrm°.siècle, Willebrand d'Oldenbourg, qui visita Jérusalem en 1211, rapporte qu'il existait à cette date un petit oratoire bâti par un musulman au milieu des ruines de l’église de l’Ascension. 1

Résumons l’histoire du monument.

La première église fut construite par sainte Hélène, mère de Constantin, et détruite par Chosroès. Eusèbe, dans sa Vre de Constantin, parle deux fois de l’église que l’impératrice Hélène et son fils firent élever sur le lieu de l’Ascension, et qu’il qualifie de grand et splendide édifice. Vient alors saint Jérôme qui, plus explicite que l’évêque de Césarée, décrit l'églisé, et affirme qu’elle. était de formef@eulaire. En 333, le pèlerin de Bordeaux écrivait ceci : æ De la, tu montes. sur le mont des Oliviers, où le Seigneur instruisit les apôtres avant la Passion. Là a été construite une basilique par l’ordre de Constantin. »

Lorsque je visitai pour la première fois Jérusalem en 1850, je vis à droite et à gauche du chemin qui conduit aux tombeaux des prophètes, et à proximité du cimetière juif, des

blocs de pierre, des tronçons de colonnes, des morceaux de

corniches et des chapiteaux d’apparence romaine, qui avaient été descendus par quelque fellah de Zeïtoun pour être vendus aux juifs désireux de se procurer à bon marché des pierres tombales. Je dois ajouter que je visitai l’excavation d’où ces débris avaient été tirés, et qu’elle était à une centaine de pas en avant. Si donc ces débris provenaient, comme Je le pense, de l’église d'Hélène et de Constantin, celle-ci n'aurait pas été exactement située au même point que le petit oratoire musulman actuel et qué Ja tdeuxiemeMéslisemruinée quille remplacée. MUnenCiItEnre avait été mise au jour par ces mêmes fouilles, et sa présence montrait qu'à cet endroit 1l y avait eu une certaine population à demeure fixe, chargée du service de l’église.

Ce saint édifice fut renversé ‘par Les Perses en 614, et rème placé peu après par celui que Modestus fit élever, et qui tomba à son tour par l’ordre du khalife Hakem. Les chrétiens durent se contenter de rétablir une chapelle circulaire, analogue à celle qui existe aujourd’hui, et autour de la pierre qui passe pour avoir conservé l'empreinte du pied gauche de Jésus-Christ.

Les pères franciscains sont assez facilement admis, moyennant un bakhchich, à célébrer à certains jours le saint sacrifice de la messe dans [a mosquée actuelle; de plus, chaque année, la veille de lAscension, ils vont en communauté s’y établir jusqu’au lendemain ayectpleine*etentière liberté d'y officreele nuit et le Jour comme dans leur propre église de Jérusalem.

Au sud du sanctuaire de l’Ascension, et parmi les bâtiments qui restent de l’ancien couvent des moines augustins installés par les rois latins, on trouve l'habitation de l’imam de la mosquée, brave homme qui n’a pas d'horreur native pour la monnaie des chrétiens, et se montre très disposé à accueillir de son mieux les visiteurs qui payent leur bienvenue. Il est bon de le savoir pour ne pas s’exposer à une avanie comme celle qui

faillit m'arriver la première fois que je voulus visiter la mosquée de l’Ascension.

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