ÉGLISE DE L’ASCENSION
Par un hasard dont je me hâtai de profiter sans l'ombre de scrupule, j'avais trouvé les portes ouvertes; je cédai avec empressement à cette invitation tacite. J’entrai donc et furetai si bien partout, sans être dérangé par personne, que j’arrivai au coin des bâtiments du couvent, devant une petite porte qui s'ouvrait sur un escalier descendant à une cave quelconque. Je ne me serais jamais pardonné de résister à la tentation de visiter ladite cave, par pur acquit de conscience, et bientôt je fus au basde: l'escalier, dans ün caveair funéraire, au. milieu duquel se dressait un grossier sarcophage parfaitement antique et sans autre ornement que des cornes en saillie aux quatre angles du couvercle, qui est en dos d’âne. Lorsque jy vis un peu plus clair, après quelques instants de séjour, j’apercus, encastrée dans les parois de la chambre, une inscription grecque, que j’eus hâte de copier.
Elle est ainsi conçue
OAPCIAGO METIAA OYAICAOAN ATOC
« Prends courage, Dométilla, personne n'est immortel! »
Deux ou trois autres inscriptions, arabes celles-là, sont également encastrées dans la muraille, mais. faute de lumière suf- 1SAinte ethsurtoutide loisiPiNesnentesaimEas relevées
Voici pourquoi le temps m'a manqué.
Lorsque je terminais le déchiffrement de mon épitaphe grecque, je fus assez désagréablement surpris par la perception d’une kyrielle d’invectives arabes qui me tombaient dessus, dru Comirenerelén Je me, retourna pour voir lan tetes denlindis vidu qui me servait pareils compliments, et que je n'avais ni vu n1 entendu venir; il était temps, car le bonhomme allait,
je crois, prendre la liberté grande dé me miéttré la main
au collet. Saisir cette main menaçante et la rabattre un peu plus vite qu’elle ne s'était levée, fut l'affaire d’une Seconde. A mon tour alors de parler arabe; car je venais de deviner à la belle barbe blanche de mon interlocuteur que j'avais affaire à l’imam de la mosquée. Tout en lui tenant la main, je lui dis effrontément, je le confesse, que je l’avais cherché partout, mais en vain, pour le combler de bakhchich, et que, puisqu'il était venu de lui-même, je ne demandais pas mieux que de donner suite PACE généreux iIprojet.
Au mot bakhchich, toute trace d’irritation disparut comme par enchantement de la face du vieillard; sa mäin, que je làchai, se tendit avec convoitise; j'y déposai respectueusement deux bechliqs, soit un peu moins de cinquante sols de notre monnaie, et je vis poindre le moment où nous allions nous embrasser le plus tendrement.du monde. J'avais vu tout ce que je voulais voir; cela ne m'avait pas coûté deux francs cinquante; je restai donc très satisfait, et l’imam aussi.
Revenons au caveau, théâtre de ce grotesque orage.
Une tradition chrétienne, peu ancienne, je crois, y voit la grotte dans laquelle une courtisane d’Antioche surnommée /a Perlevar cause dé son luxe Hinsolent- vint. apres s étre /converHe au christianisme, vivre dans la pénitence et mourir. Elle y avait pris le nom de Pélage et le costume d'homme; après sa mort, elle fut mise au rang des saints, et recut le nom de Pélagie.
Est-ce son tombeau qui se trouve dans le caveau ?
A moins de 100 mètres au sud-sud-ouest du minaret de la mosquée, on vénère le lieu où Notre-Seigneur Jésus-Christ composa la prière du Pater noster.
Ce sanctuaire, devenu depuis un certain nombre d'années la propriété de la princesse de la Tour-d’Auvergne, a été entouré par elle d’une espèce de galerie cloïtrée à laquelle est attenante une petite chapelle funéraire, dans laquelle elle a fait préparer
d'avance le tombeau où elle doit reposer.