LA TOUR ANTONIA
compartiments : le premier, qui avait quarante coudées de longueur, renfermait trois objets admirables et célèbres dans le monde entier, le candélabre, la table, et l’autel des parfums. Les sept lampes du candélabre figuraient les sept planètes, et les douze pains déposés sur la table, le cercle zodiacal et les douze mois de l’année; l'autel des parfums, par ses treize aromates, empruntés à la mer et à la terre, habitée ou inhabitée, signifiait que tout était à Dieu et devait lui être consacré. Le dernier compartiment du naos avait vingt coudées de longueur et un voile le séparait de même du précédent. Il ne contenait absolument rien, était inaccessible, invisible et inviolable, et s’appelait « le Saints des Saints ». (Guerre des Juifs, 1. V, ch. v, $$ 4 et 5.) |
On sait que Jérémie avait enlevé du temple de Salomon, avant qu'il ne füt détruit par Nabuchodonosor, le tabernacle, l'arche d'alliance et l’autel des encensements, et les avait, par l’ordre du Scigneur, transportés sur le mont Nébo pour les cacher dans une caverne, d’où, d'après ce prophète, ils ne reparaïîtront à la lumière, que lorsque Dieu rassemblera son peuple. (Macchabées, 1. V, ch. n, v. 4-8.)
Voici maintenant les renseignements plus précis que Josèphe nous fournit sur la tour Antonia :
« Antonia était placée à l’angle où se réunissaient les portiques du nord et de l’ouest du premier hiéron. Elle avait été bâtie sur un rocher, haut de cinquante coudées et escarpé de tous côtés. C'était l’ouvrage du roi Hérode où il avait Le plus révélé la grandeur naturelle de ses conceptions. D'abord, il avait revêtu les parois du rocher, dèsla base, de dalles très polies, dansle double but d’embellir cette construction et d'offrir une surface glissante à quiconque essaierait, soit de monter, soit de descendre. En avant de la tour était un mur de trois coudées et en dedans de ce mur, tout l’espace qu'occupait la tour s'élevait à la hauteur de quarante
coudées. Cette tour. intérieurement, avait l’étendue et la distribution d’un palais. Elle renfermait toutes sortes d'appartements pour divers usages, des portiques, des bains et de vastes cours pour les mouvements des soldats. Murnie de toutes les ressources nécessaires à la vie, elle eût pu passer pour une ville; mais sa magnificence en faisait un palais. Construite, dans son ensemble, en forme de tour, elle était flanquée à ses quatre angles d’autres tours, hautes de cinquante coudées, à l'exception de celle qui défendait l'angle sud-est et qui atteignait une hauteur de soixante-dix coudées ; en sorte que, de son sommet, on pouvait dominer du regard le hiéron tout entier. À l'endroit où la tour rejoignait les portiques, deux escaliers permettaient aux soldats de descendre. Or, 1l y avait toujours une cohorte logée dans son enceinte. Ces soldats, distribués en armes sur divers points des portiques, prévenaient les séditions qui auraient pu, à l’époque des fêtes, éclater parmi le peuple. En effet, si le Aiéron était la citadelle de la ville, à son tour il avait pour défense Antonia. » (Guerre
des” Juifs, AN EC RAMASTSS) | L’enceinte sacrée du temple était à peine achevée depuis quinze ans avec ses immenses parvis, Ses superbes portiques, son sanctuaire rival en splendeur de celui de Salomon, sa forteresse Antonia, belle comme un palais, puissante comme une citadelle, lorsqu'un enfant y fut apporté par ses parents quarante jours après sa naissance, pour y être offertau Seigneur. Cet enfant, né à Bethléhem, passait pour le fils d'un pauvre charpentier de Nazareth; mais le saint vieillard Siméon, en le recevant des bras de, son auguste Mère dans les siens, pour le bénir, reconnut aussitôt en lui le Désiré des nations et le Messie promis à la terre. Anne, la prophétesse, s’empressa aussi de saluer dans sa personne le Rédempteur d'Israël. À l’âge de douze ans, l'Évangile nous le montre enseignant déjà dans le temple, où il étonne les vieillards et les docteurs de la loi,