RECONSTRUCTION DU TEMPLE PAR HÉRODE
cidentaie, ses deux limites extérieures. Cet ouvrage était l’un des plus remarquables qu'il y eût sous le soleil... Quatre rangées parallèles de colonnes régnaient d’un bout à l’autre du portique; la quatrième était engagée dans un mur de pierres de taille. Le diamètre de chaque colonne était tel qu’il fallait trois hommes pour les embrasser; elles mesuraient vingtsept pieds de long et étaient au nombre de cent soixantedeux. Leurs chapiteaux étaient corinthiens et admirablement sculptés. Disposées sur quatre rangées, elles formaient trois portiques, deux mesurant trente pieds de large, un stade de long et plus de cinquante pieds de haut, et le troisième, entre les deux autres, avait une fois et demie la largeur et deux fois la hauteur de ceux-ci... Tel était le premier péribole. En dedans de cette enceinte et à une faible distance, en était une seconde où l’on montait par quelques degrés et qu’entourait une balustrade en pierre portant une inscription qui en interdisait l’accès aux étrangers sous peine de mort. Le péribole qui limitait cette deuxième enceinte était percé sur ses deux faces, nord et sud, de trois portes espacées les unes des autres et, sur sa face orientale, d’une seule de grandes dimensions, par laquelle pouvaient passer les Juifs purifiés et les femmes. Plus intérieurement encore était Le parvis sacré, où les femmes n'avaient pas le droit de pénétrer. Enfin, la première enceinte n'était accessible qu'aux prêtres seuls. Là, s'élevait le naos, et devant le naos, l'autel des holocaustes... Le roi eut, en outre, le soin de faire creuser une voie souterraine conduisant de la tour Antonia à la porte orientale du hiéron extérieur, au-dessus de laquelle il construisit une tour qui devait lui servir de reluge, dans le cas où le peuple s’insurgerait contre son souverain. »
Dans son autre écrit intitulé : La guerre des Juifs, Josèphe nous donne une seconde description de ce temple. plus détaillée encore que la première, et je prie le
lecteur de vouloir bien la lire dans cet ouvrage. (L. V, ch. v, $$ 1% et suivants.)
Sans revenir sur le péribole extérieur, sur les portiques qui l’environnaient et sur les autres parvis signalés plus haut, j’ajouterai seulement ici quelques nouveaux détails, tirés de ce second ouvrage de l'historien juif sur le temple proprement dit et sur la tour Antonia.
« Le naos même s'élevait au milieu de lenceinte sacrée. On y montait par douze marches. De front, il avait une hauteur et une largeur égales de cent coudées, mais, par derrière, il était plus étroit de quarante coudées; ainsi, par-devant, deux espèces d’épaules, longues chacune de vingt coudées, se projetaient de chaque côté de la façade. La première porte, haute de soixante-dix coudées, et large de vingt, n’avait pas de battants et figurait le ciel qui est visible et ouvert de joutes parts. Son fronton était entièrement doré, et par son ouverture on apercevait la première partie de lédifice qui était très grande. Les parois qui environnaient la porte intérieure attiraient surtout les regards, tant elles étaient resplendissantes d’or. Comme le naos avait intérieurement deux étages, ôn n'avait devant soi que le premier étage du vestibule, lequel formait une salle, haute de quatre-vingt-dix coudées, longue de cinquante, et large de vingt. La porte intérieure était, comme je l’ai dit, complètement dorée, de même que le mur qui l’encadrait. Au-dessus, courait une vigne d'or d’où pendaient des grappes de raisin de la taille d’un homme... Devant cette porte était suspendu un voile d’égale longueur et d’étoffe babylonienne, éclatant des couleurs de l’hyacinthe, du byssus, du safran ,et de la pourpre, et d’un tissu merveilleux. Quand on l’avait franchie, on pénétrait dans la partie inférieure du naos, dont la hauteur était de soixante coudées, la longueur égale, et la largeur de vingt. Ces soixante coudées étaient, à leur tour, divisées en deux