CHAPITRE VII
JÉRUSALEM A L'ÉPOQUE DE NOTRE-SEIGNEUR, OU DESCRIPTION SOM- MAIRE DES ENDROITS CONSACRÉS DANS CETTE VILLE PAR LES PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DE LA VIE DU SAUVEUR
L’antique cité de Melchisédech, la Jérusalem de David et de Salomon, celle de Zorobabel, d'Esdras et de Néhémie, celle aussi des princes asmonéens, en un mot, la métropole, pour ainsi dire, de l'Ancien Testament et de la loi de Moïse, avait accompli ses destinées. Le sceptre de Juda avait passé entre des mains étrangères ; tous les principaux traits de la vie du Messie avaient été reproduits en figures par avance, et le monde entier attendait depuis de longs siècles un libérateur. Les temps fixés par la Sagesse éternelle et annoncés d’âge en âge par les prophètes étant révolus, le Christ naquit à Bethléhem. Sans résumer ici cette vie incomparable, je vais me borner à esquisser, en peu de mots, les principaux lieux qui furent, à Jérusalem, témoins des enselgnements, des miracles, des institutions, de la passion, de la mort, de la résurrection et enfin de lascension du Sauveur. Les détails topographiques dans lesquels je vais entrer aideront peut-être le lecteur à mieux comprendre les récits des saints Évangiles, relativement à quelques-uns des événements de la mission terrestre de Notre-Seigneur.
J'ai déjà parlé du temple, relevé par Hérode, où l’enfant Jésus fut présenté après sa naissance, où, à peine
ägé de douze ans, il enseignait les docteurs de la loi, et où, plus tard, 1l conversa souvent avec ses disciples, au milieu d’une foule tantôt enthousiaste, et tantôt ennemie, que charmait ou irritait sa parole, et qui passait facilement pour lui de l’amour à la haine.
Un jour, que cette multitude aveugle et inconstante voulait le lapider, Jésus s’échappa des sacrés parvis et guérit, en sortant du temple, un aveugle-né, à qui il recommanda d'aller se laver dans la piscine de Siloé.Cet aveugle y alla, s’y lava et revint voyant clair. (Saint Lo GI TRUE 1) : é
« Et dixit ei : Vade, lava in natatoria Siloë (quod Manet missus) ; abit ergo et lavit et venit videns.»
J’ai déjà décrit précédemment cette piscine qui est située près de la jonction méridionale de la vallée du Tyropæon avec celle de Josaphat ou du Cédron. Il est donc inutile que je la décrive de nouveau en ce moment.
Une autre piscine, non moins célèbre que celle-ci, rappelle un autre miracle de Notre-Seigneur, celui de la guérison d’un paralytique. (Saint Jean, ch. v, v. 2-9.)
2. « Or, il y avait à Jérusalem une piscine dite Probatique, surnommée en hébreu Bethsaïda, qui avait cinq galeries,
3. « Dans lesquelles étaient couchés un grand nombre de malades, d’aveugles, de boiteux, d’infirmes aux membres desséchés, qui tous attendaient que l’eau fût et
ex Car l'ange du Seigneur, à certains moments, Mets dans la piscine et en remuait l’eau, et celui qui entrait le premier dans la piscine, après que l’eau avait été ainsi agitée, était guéri, quelque infirmité qu’il eût.
5. « Or, il y avait là un homme qui était infirme depuis trente-huit ans.
6. « Jésus l'ayant vu couché, et sachant qu'il était dans cet état depuis fort longtemps, lui dit : Voulezvous être guéri?