Et cet homme fut guéri à l’instant même
Le texte latin du premier verset de ce passage est ainsi CONÇU :
Est autem, Jerosolymis Probatica piscina quæ cognominatur hebraïce Bethsaïda, quinque porticus habens. »
Le texte grec du même verset est le suivant :
« "Eort dë év roïc “Teposobpots, rt th Ipobanx, 10h06 Nb
h mhcyouévn Efoaiort Bneoda, mévre oroùs Éyouoa. »
« [Il y a à Jérusalem, auprès de la Probatique, une piscine, appelée en hébreu Béthesda, qui a cinq portiques. »
Cette dernière leçon me paraît bien supérieure à celle de la Vulgate ; car d’abord le surnom de Bethsaïda (maison de la Pêche) ne peut guère convenir à un bassin destiné à laver les brebis que l’on introduisait dans le temple; ensuite, il semble difficile d'admettre que le même bassin servit à la fois et aux malades, et aux troupeaux qu’on allait immoler; en troisième lieu, si Le Birket-Israïl, qui est, à mes yeux, la véritable piscine Probatique, est en même temps celle où se plongeaient les malades qui cherchaient leur guérison dans ses eaux, on ne distingue aucune trace des cinq portiques qui l'entouraient. Les deux galeries voûtées que l’on remarque à l’ouest de cet ancien réservoir n’ont jamais pu servir, en effet, à y étendre des malades. En quatrième
lieu, Debbe et saint Jérôme, au mot Bethesda, dans l’Onomasticon, identüfient, il est vrai, la piscine ainsi appelée avec celle à laquelle on donnait le nom de Probatique; mais l’un et l’autre parlent de deux bassins Jumeaux : Ava Mouo (gemini lacus). Le Pélerin de
Bordeaux mentionne pareillement au même endroit deux piscines jumelles : piscinæ gemellares ; or, l’une de ces piscines est, selon toute apparence, le Birket- Israïl, et, comme elle touche à l’enceinte du temple, elle ne peut être que la piscine Probatique où on lavait les brebis destinées aux sacrifices. Cette piscine avoisine l’angle nord-est du Haram-es-Chérif. Longue de, cent quinze mètres sur quarante de large, elle est actuellement aux trois quarts comblée; car. depuis longtemps, on y déverse toutes sortes de décombres, de terre et d’immondices, ce qui fait qu’on ne peut plus en apprécier la profondeur, qui a dû dépasser vingt-cinq mètres. À son extrémité occidentale, on observe, comme je l'ai dit, deux longues galeries voütées et parallèles, en partie obstruées maintenant et qu'on peut suivre une cinquantaine de pas, mais à la condition de se courber beaucoup. La seconde piscine, depuis longtemps comblée et séparée de la précédente par une rue, a été retrouvée, il y a peu d'années, dans les restaurations récentes de l’église Sainte-Anne, avec les restes de quelques-uns de ses portiques, tout auprès de cette église. et dans enclos qui entoure, par M. Mauss, architecte du Gouvernement français. Les fouilles entreprises par lui ont été depuis poursuivies par les Révérends Pères missionnaires d'Alger, auxquels la garde du sanctuaire de Sainte- Anne a été confiée. Cette deuxième piscine est la véritable piscine Béthesda, voisine dela Probatique, comme l’affirme le texte grec, mais non identique avec elle. Le nom de Béthesda, qui signifie en hébreu maison de Miséricorde, lui convenait beaucoup mieux, à cause des nombreux miracles qui s’y accomplissaient, que celui de Bethsaïda (maison de la Péche),que lui donne
la Vulgate.
__ Décrivons maintenantles divers endroits, qui, à Jérusalem, furent témoins des principales scènes de la Passion. |
La veille du jour, à jamais mémorable, où le Christ