Son tabernacle esten Salem et son arts en Sion
De ce passage ressort pareillement, à ce qu'il me semble, l’identité de Salem avec Jérusalem, où, sous le règne de David, reposait l’arche sainte, transportée par ce prince dans cette ville, et placée dans un nouveau tabernacle.
Quelques savants ont enfin reconnu dans Jérusalem la ville de Cadytis, mentionnée par Hérodote : « Dans la Phénicie, dit cet historien (1. IIF, ch. v), jusqu'aux confins de la ville de Cadytis, le pays appartient aux Syriens, appelés Palestiniens. A partir de Cadytis, ville, à ce qu'il me semble, peu inférieure à Sardes, les comptoirs maritimes jusqu’à lénysus sont sous la domination arabe. » |
Précédemment, le même historien (1. [T, ch. czix) avait dit : |
« Néchao, ayant attaqué par terre les Syriens, Îles vainquit à Magdol, et, après cette bataille, il s'empara de Cadytis, grande ville de Syrie. »
On a cru généralement que, dans ces deux passages, il s'agissait de Jérusalem sous le nom de Cadytis, et
qu'il y avait identité pour le fond entre ce mot et celui de El-Kods, (Za Sainte), nom que porte encore aujourd’hui Jérusalem et que les géographes arabes du Moyen âge lui donnent souvent. Ce nom de Cadytis ne serait ainsi qu'une altération du nom araméen Kadichtha (/a Sainte), etilfaudraitsupposer que déjà, dans l’antiquité, Jérusalem était désignée de la sorte .
: Ce rapprochement est, sans doute, assez frappant, et j'inclinerais même volontiers à admettre une pareille conjecture qui a pour elle de la vraisemblance et de graves autorités, n’était une autorité plus grave encore qui m'empêche d'y souscrire, à savoir le texte même d'Hérodote qui semble placer Cadytis sur le bord de la mer et qui assigne à l’Arabie tout le pays, bordé de comptoirs, qui s’étend depuis Cadytis jusqu'à lénysus : And CE. Kaëbrioc...… rx éumépia Ta Ent Oahasons pÉyet Ivoccv môMéS EoTt Toù Apaélou.
Ce dernier passage ne peut évidemment pas s’appliquer à Jérusalem, qui est à quatorze lieues de la mer. Comment, en outre, considérer comme faisant partie de PArabie, à l’époque d’Hérodote, la contrée immédiatement située au sud de cette ville? La Palestine, en effet, s’étendait bien au delà de Jérusalem, vers le midi. Aussi, le docte Reland rejette-t-il cette opinion et en propose-t-1l une autre. Pour lui, Cadytis est probablement la ville de Geth. Cette hypothèse d’un érudit aussi perspicace a quelque chose de spécieux ; toutefois, elle peut soulever contre elle plusieurs objections. D'abord, Geth est pareillement assez éloignée de la mer, et ensuite, à aucune époque, surtout à celle d'Hérodote, elle n’a pu être appelée grande ville de Syrie et peu inférieure à Sardes. Pour mon compte, je préfère de beaucoup le sentiment de ceux qui identifient Cadytis avec Gaza, opinion quime paraît avoir été très bien développée par le docteur Stark. (Gaza, und die philistaiche Küste, p. 218 et suivantes.)