‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 110 sur 179 · GROTTE DE L’AGONIE · texte numérisé non relu

GROTTE DE L’AGONIE

Ce passage de l’higoumène Daniel est confirmé par le témoignage analogue de Jean de Wurtzbourg, qui visita la Palestine vers le milieu du douzième siècle :

Istorum locorum distinctio, videlicet, ubi discipuli remanserant, et ubi Dominus oraverat, manifeste in valle Josaphat apparet ; nam, juxta majorem ecclesiam in qua sepultura Beatæ Mariæ Virginis adhuc hodie exstat, in dextera parte capella est cum caverna in qua tristes et dormitantes remanserant discipuhi, Domino... ter veniente et ter recedente ab eis : hoc indicat ibidem pictura adhue existens. Locus vero, ubi Dominus oravit, circeumdatus est nova ecclesia, quæ dicitur ecclesia Salvatoris ; in hujus ecclesiæ pavimento eminent tres non opera lapides, velut rupes quædam. In his dicitur Dominus orasse et ter genu flexisse. Quare hi lapides apud Christi fideles in hodiernum usque diem in maxima devotione et veneratione habentur. Ad paulo ante dictam cavernam, Dominus Noster, noscens Judam cum turbis appropinquare, dixit discipulis suis : « Surgite, eamus. »

On voit par ces deux passages que je viens de citer, el par ceux que Je pourrais PURE à d’autres pèlerins de la même époque, qu'on regardait, au Moyen âge, la grotte, vénérée aujourd’ hi sous le nom de l’Agonie, comme la caverne où Jésus vint tout d’abord avec ses disciples, les engageant à y rester et à s'y reposer, tandis qu'il irait prier autre part. Ce dernier lieu, selon saint Luc (ch. xxnr, v. 41), se trouvait à la distance d’un jet de pierre, comme l’indique l’higoumène Daniel. Jésus n’y alla pas tout seul, il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée (saint Mathieu, ch. xxvi, v. 37), et il leur dit : « Demeurez ici et veillez avec moi. » Et, s’en allant un peu plus loin, il se prosterna le visage contre terre en priant..

Ensuite, revenant versses disciples, les ayant vus endormis, 1l dit à Pierre: « Vous n'avez donc pas pu veiller une heure avec moi... » C’est encore aux trois

apôtres seulement que Jésus s'adresse en ce moment, puisque les autres étaient demeurés dans la caverne. Ce n’est qu'après sa troisième prière que le Christ retourna vers tous ses disciples, et leur dit : « Dormez maintenant, et reposez-vous : voici l'heure qui approche, où le Fils de l'Homme va être livré entre les mains des pécheurs.Levez-vous, allons. » Et aussitôt parut Judas, qui le trahit par un baiser.

Cette divergence de la tradition relative à la grotte qui nous occupe en ce moment ne lui enlève en rien de la sainteté dont elle doit être entourée aux yeux des chrétiens, car elle n’en reste pas moins consacrée par le souvenir du Christ qui y aurait eu sa sueur de sang ou y aurait été livré aux Juifs par Judas.

Traîné par une foule sacrilège, Jésus est d’abord conduit à la maison d'Anne, l’ancien pontife, puis à celle de Caïphe, gendre d'Anne, et alors grand-prêtre. Sur l'emplacement traditionnel de ces deux maisons, situées toutes deux sur le mont Sion, l’une dans l’enceinte actuelle de la ville, l’autre en dehors des murailles, ont été construits des couvents.

L'église du premier de ces couvents, qui est habité par des religieuses arméniennes, consiste en deux oratoires séparés, mais communiquant ensemble, et dont l’un est vénéré comme l’endroit où Jésus aurait subi son premier interrogatoire, et aurait été souffleté par l’un des gardes. Ce dernier oratoire est orné d’un autel élégamment sculpté et richement doré. Cest dans cette maison aussi que saint Pierre aurait renié une première fois son divin Maitre. |

En dehors de la ville actuelle est le second couvent, qui appartient également à la communauté arménienne. Bâti sur l’emplacement de la maison de Caïphe, il renferme une chapelle à l’intérieur de laquelle on montre, près de l’autel, l'endroit où Jésus aurait été attaché et livré aux outrages et aux coups d’une vile troupe de valets; on l’appelle la Prison du Christ. La pierre qui

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