L’ARC DE L’'ECCE HOMO
nes pierres quadrangulaires sur lesquelles on observe quelques caractères grecs. Plusieurs pèlerins y ont lu : TOLLE, TOLLE. Après les avoir examinées moi-même à plusieurs reprises, j'ai cru y lire TO. C.
Ces deux pierres sont signalées pour la première fois, que je sache, par Marin Sanut, vers 1320. On lit, en effet, dans son ouvrage intitulé : Secreta fidelium crucis, composé vers cette époque : |
« Propè domum Pilati est domus Annæ...… Juxta
domum Annæ est ecclesia Sanctæ Mariæ de Pasmoison,
ub1 beata illa virgo syncopizzavit præ dolore, quando vidit innocentem filium bajulantem sibi crucem et sub ejus onere anxium, et adhuc sunt duo lapides magni et albi in arcu alto murati, super quos Dominus Noster requievit, quando crucem portavit. »
Le pied-droit sud de ce grand arceau est enchâssé
. dans une construction musulmane, appartenant à des
derviches indiens dont le chef habite dans une petite chambre moderne bâtie au-dessus de ce même arceau.
Ils vénèrent dans cette zaouïa l'emplacement de lancienne école de la Sainte Vierge. Cette tradition singulière se retrouve dans un certain nombre de pèlerins du xv° et du xvi° siècle; elle prouve qu’indépendamment de l’église de la Présentation, qui, d’après la plupart des témoignages, avait été élevée à l’endroitoùla Sainte Vierge aurait été présentée au Seigneur dès l’âge de trois ans, et aurait passé les premières années de sa vie, on montrait alors aux pèlerins l’école qu’elle aurait fréquentée.
On distingue encore dans le mur nord de cette zaouïa, un gros bloc faisant saillie et qui doit avoir appartenu au petit arc méridional, aujourd’hui complètement détruit, qui correspondait à celui que le révérend père Marie- Alphonse Ratisbonne a enclavé dans sa chapelle.
Mais revenons au grand arc central. Le pied-droit nord de cet arc se trouve maintenant dans cette même chapelle. Sur la face occidentale de ce pied-droit a été
creusée une niche ornée d’une coquille dans sa partie supérieure et qui a dû jadis renfermer une statue, Puis, au delà, vers le nord, s’arrondit le petit arc collatéral, dont j'ai déjà parlé et qui constitue le fond du maîtreautel. Vers l'angle sud de ce petit arc, on déchiffre avec peine les caractères grecs suivants :
Sur la première ligne : EAAINON
Sur la deuxième : 01?
Les traces du mot Aurélios signalées par M, de Vogüé ont complètement échappé à mes regards.
On donne le nom de Voie Douloureuse à une suite de rues qui, partant du Prétoire vers l’est, aboutissent vers l’ouest à la basilique du Saint-Sépulcre. Les quatorze stations qui marquentles différentes phases dela Passion de Notre-Seigneur, depuis sa condamnation au Prétoire jusqu’à sa mort sur le Calvaire et à son ensevelissement dans le Tombeau, font de cette Voie Douloureuse, appelée par les indigènes Harel-el-Alam, la voie la plus sainte et la plus vénérable de l'univers, et ce n’est pas sans la plus vive émotion que, le Vendredi Saint surtout, les chrétiens de Jérusalem et les nombreux pèlerins que les fêtes de Pâques y attirent alors, aiment à y prier pieusement, en se rappelant les grands événements dont elle été jadis le théâtre. Est-ce à dire, néanmoins, pour cela, qu'en la parcourant après tant de siècles révolus, on aitla consolation de suivre ainsi pas à pas et sur les mêmes traces l’Agneau Divin qui allait être immolé en holocauste pour le salut du monde? Non, assurément. La ville a été tant de fois bouleversée depuis la mort de Notre-Seigneur et son sol a été tellement exhaussé sur beaucoup de points, par suite des démolitions et des reconstructions successives qu’elle a subies, que le pavé actuel est loin de représenter le niveau des rues à l’époque de Jésus-Christ; par conséquent, pour être dans l’exacte vérité et pour ne pas donner lieu à des objections justement fondées, il faut tout d’abord reconnaitre que si la direction générale