PES ET PP CPS
tatives qu'il faut avoir éprouvées pour en comprendre le puissant attrait. Les heures s’écoulent, sans laisser de trace ni de fatigue, etle passé, avec ses mystères les plus sublimes et les plus émouvants, semble revivre sous vos yeux. Au Calvaire, on croit assister aux dernières et douloureuses scènes de la Passion ; on entend retentir ce cri suprême qui a traversé tous les siècles : Consummalum est. Tout est consommé. On voit, au pied de la Croix, la Vierge Mère et le Disciple bienaimé en pleurs. Si l’on est venu en incrédule, on peut, comme un autre Thomas, mettre sa main dans la fente miraculeuse du rocher, témoin fidèle et irrécusable de la véracité des Évangiles et de la divinité de l'Homme- Dieu expirant sur un gibet. Au-dessus de tout, rayonne l'incomparable figure du Christ qui va mourir, et, par sa mort, racheter l’humanité coupable.
Que si, descendant du Golgotha, on s’achemine vers le Saint Sépulcre, à l'instant où l’on pénètre dans la chapelle de l’Ange, on s’imagine apercevoir le messaœer céleste assis sur la pierre renversée qui fermait l’entrée du tombeau ; les pieuses femmes accourues dès l’aube du jour pour embaumer de nouveau le Sauveur entrent avec vous. Mais le sépulcre est vide ; la mort n'a pu garder longtemps son hôte divin, devenu son vainqueur, et sur ce sépulcre ouvert, d’où sont sorties la vie et la rédemption du monde, dix-neuf siècles ont déjà prié, et tous les siècles futurs prieront encore jusqu'à la fin des temps. Que de larmes, que de soupirs, que d’invocations ferventes, que d'actes d’adoration dans toutes les langues se sont échappés des yeux et des lèvres des innombrables pèlerins qui sont venus tour à tour se prosterner dans cette étroite demeure où le Fils de l’homme a dormi trois jours son mystérieux sommeil, avant de se réveiller dans sa gloire et dans sa majesté triomphante ! En collant après eux son front et ses lèvres sur le marbre qui recouvre un pareil tombeau, on comprend pourquoi, au Moyen âge, la plus
grande partie de l'Europe s’est levée en masse pour Le reconquérir des mains des infidèles ; on comprend aussi pourquoi, depuis qu’il est retombé en leur pouvoir, les nations chrétiennes. et à leur tête la France, n’ont jamais cessé de lui apporter leurs hommages. Ge sépulcre, en effet, à moitiébrisé peut-être sous l'enveloppe qui le cache à nos regards, a été tout imprégné d'un sang divin, dont une seule goutte, même desséchée, pourrait sauver le monde entier.