ÉPOQUE ANTÉRIEURE A DAVID
tes, ainsi que l’atteste un autre passage du même chapitre du livre des Juges (ch. 1, v. 21).
Il est à croire quezles habitants de la ville supérieure avaient rebâti la ville basse, incendiée auparavant par la tribu de Juda. En effet, dans le chapitre xix de ce même livre, nous voyons que le lévite, si tristement célèbre, de la tribu d'Éphraïm, en s’en retournant de Bethléhem de Juda, où il était allé chercher sa femme dans La maison de son beau-père, et passant auprès de Jébus, vers le déclin du jour, ne voulut pas céder aux conseils de son serviteur qui l’engageait à y demeurer la nuit.
« Je n’entrerai pas, dit-il, dans une ville d’une nation étrangère, qui n'appartient pas aux fils d'Israël, mais je pousserai jusqu’à Grabaon. »
Il est, par conséquent, permis de supposer que non seulement la ville haute, mais encore la ville basse, étaient alors au pouvoir des Jébusites, car autrement le lévite aurait pu chercher un asile dans cette dernière, et 1l n’aurait pas pu dire qu’elle appartenait à un peuple étranger.
Les Jébusites restèrent ainsi en possession de Jérusalem pendant tout le temps de la domination des juges et durant le règne entier de Saül; mais après la mort de ce prince, quand David fut lui-même devenu maître de tout Israël, 1l songea à s'emparer de Jérusalem et à y établir le siège de son royaume.
Nous lisons à ce sujet, dans le deuxième livre des Rois (ch. v) :
6. « Le roi, accompagné de tous ceux qui étaient avec lui, marcha vers Jérusalem contre les Jébusites qui y habitaient. Les assiégés dirent à David : Vous n’entrerez point 1C1, que vousn’en ayez chassé les aveugles etles boiteux, comme pour lui dire qu'il n’y en- GAYS jamais.
nu one David Ra Forteresse de Sion, c’est la Gite de David. »
En nous ant le récit de ce même événement,
Josèphe rapporte que David s’empara assez facilement de la ville basse, mais qu’il eut beaucoup de peine à emporter de force la ville haute :
« Les Jébusites, dit-il, qui habitaient Jérusalem et qui, eux aussi, appartenaient à la race chananéenne, fermèrent leurs portes et, pour se moquer du roi, ils placèrent sur leurs remparts les aveugles, les boiteux et les mutilés detoutes sortes, répétant que les infirmes suffiraient pour l’empêcher d'entrer. Or, ils parlaient ainsi par mépris et en se reposant sur la puissance de leurs murs d'enceinte. Enflammé de colère, David commença lesiège de la placeet, après avoir déployé beaucoup d’ardeur et d'activité, sachant que la conquête de cette ville manifesterait immédiatement sa force et frapperait de terreur tous ceux qui, à l’exemple des Jébusites, oseraient faire éclater des sentiments hosüles, il s’'empara de la ville basse. Comme la citadelle tenait encore, ilrésolut, par la promesse d’honneurs et de récompenses, d’exciter davantage la valeur de ses soldats, et il annonça qu'il donnerait le commandement de l’armée entière à celuiqui parviendrait, en franchissant les vallées et les précipices, à gagner les remparts de la citadelle. Tous, alors, à l’envi, rivalisèrent d’ardeur pour monter à l’assautet ne reculèrent devant aucun obstacle, dans l’espérance de parvenir au commandement suprème. Joab, fils de Sarvia, prévint tous les autres et, ayant atteint le sommet'de la citadelle, 1l réclama à grands cris le commandement de l’armée.
«.. David, ayant chassé les Jébusites de la citadelle. rebâtit Jérusalem, lappela la ‘Ville de David et en fit constamment sa capitale... [Il enferma dans une enceinte la ville basse, y rattacha la citadelle et n’en fit qu’une même cité qu'il environna de remparts et dont la garde fut confiée à Joab, » (Antiquités Judaïques, 1. VII, ch. INe:$1, 2%)
Josèphe ajoute que cinq cent quinze années s'étaient écoulées depuis lentrée des Hébreux dans la Terre
DAVID fl
Promise et que pendant tout ce temps les Jébusites s'étaient maintenus indépendants à Jérusalem.
Remarquons ici une petite différence entre les indications de la Bible et celles de Josèphe. Dansla Bible, ilest dit que David appela la forteresse Ville de David ; Josèphe, au contraire, ‘élargit cette dénomination de Ville de David, en l’appliquant à la eité entière.
Cet événement arriva l’an 1046 avant l’époque chrétienne ; d’autres donnent pour date 1049.
Une fois devenu maître de Jérusalem, David se construisit un palais sur le mont Sion, avec l’aide des ou- .vriers que lui avait envoyés Hiram, roi de Tyr, qui lui avait fait présent également de bois de cèdre.
Sur cette même colline, 1l dressa ensuite un nouveau tabernacle, l’ancien étant demeuré à Gabaon; puis il songea aussitôt à y faire transporter et déposer l'arche d'alliance qui se trouvait alors dans la maison d’Obed- Edom, située dans un village voisin. L'arrivée de l’arche d’alliance à Jérusalem fut célébrée avec une pompe extraordinaire au milieu des cris de joie et d’allégresse du peuple tout entier et aux sons de divers instruments de musique. Elle fut placée dans le tabernacle qui lui avait été préparé, et on offrit au Seigneur des holocaustes et des hosties pacifiques.
David conçut bientôt après le projet d’ériger un temple à Jéhovah; mais il fut arrêté dans l'exécution de ce dessein par le prophète Nathan, qui lui annonça, au nom du Seigneur, que cette gloire était réservée à l’un de ses fils.
L'an 1035 avant J.-C. David était à Jérusalem pendant que Joab, général de ses armées, poursuivait le long siège de Rabbah, lorsque, séduit par la beauté de Bethsabée, femme d’Urie, il entretint avec elle un commerce coupable et joignit à cette première faute le meurtre de ce brave guerrier, en ordonnant à Joab, par un message secret, d'exposer Urie à la tête d’un détachement au plus fort de la mêlée et de l’y laisser périr
sans secours. On sait par quel touchant apologue le prophète Nathan sut alors reprocher à David ce double crime et lui prédire la mort de l'enfant qui devait ètre le fruit de son adultère. Emu par les remontrances énergiques de l’homme de Dieu et touché de repentir, le roi pleura amèrement ses iniquités, et c’est dans cette circonstance solennelle qu’il composa sa belle prière par laquelle il implorait la miséricorde divine. (Psaume L.)
Conformément à la parole du prophète, l'enfant né de Bethsabée tomba bientôt malade et mourut. David eut ensuite d’elle un autre fils qu’il appela Salomon. (1033 avant J.-C.)
Rabbah tenait encore. Comme cette ville était sur le point de se rendre, Joab envoya des messagers à David pour l’engager à venir en personne avec le reste de ses troupes, afin d’avoir lui-même la gloire d’emporter cette place. David quitta donc Jérusalem pour sediriger vers Rabbah, qui finit par succomber et dont les habitants furent traités avec la plus grande cruauté, conformément aux mœurs barbares de ces temps et de ces contrées. Les autres villes des Ammonites furent de même impitoyablement détruites.
L'an 1024 avant J.-C., Absalom, fils de David et de Maacha, princesse de Gessur, s'étant révolté contre son père, David s'enfuit de Jérusalem, suivi par tous ceux qui lui étaient restés fidèles et par les prêtres Sadoc et Abiathar, qui accompagnaient l’arche sainte; mais le roi engagea ceux-ci à rentrer dans la capitale pour le meltre au courant des événéments, au moyen de leurs deux fils qui devaient rester cachés près de la ville.
L'écrivain sacré nous le représente gravissant en pleurant, au delà du torrent de Cédron, les pentes de la montagne des Oliviers, pour se réfugier dans le désert.
Absalom, d’après les conseils d’Architophel, commença, en entrant à Jérusalem, par violer ouvertement le harem royal, afin de rompre d’une manière plus