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Détruit par le khalife Hakem, l’an 1010, cet hospice fut relevé quelques années plus tard par des marchands Amalfitains qui trafiquaient avec le Levant, et la chapelle, également reconstruite, prit le nom de Sainte- Marie-Latine, parce que les offices y étaient célébrés suivant le rite latin. Non loin de ce couvent, un autre fut fondé sous le nom de Marie-Madeleine. Desservi par des religieuses, il offrait l’hospitalité aux femmes latines qui, malgré les dangers que présentait alors un pareil voyage, se rendaient à Jérusalem pour en vénérer les principaux sanctuaires. La chapelle portait le vocable de Sainte-Marie-la-Petite, sans doute à cause de ses proportions inférieures à celles de Sainte-Marie- Latine. À ces deux premiers établissements s’adjoignit bientôt un hôpital consacré à saint Jean l’Aumônier. Ces trois couvents étaient sous la juridiction de l’abbé de Sainte-Marie-Latine. Lors de la prise de Jérusalem par les croisés, l'hôpital avait pour directeur un saint homme nommé Gérard, et le couvent de femmes une noble dame appelée Agnès. Gérard prit quelque temps après habit régulier, avec ceux qui partageaient son pieux office; Agnès limita et fonda l’ordre des religieuses Hospitaliètes. Les nouveaux religieux prirent pour patron saint Jean-Baptiste à la place de saint Jean l’Aumônier et, en 1113, ils se séparèrent de la juridiction de l'abbé de Sainte-Marie-Latine. Dans cette même année, le pape Pascal IT, approuvant le nouvel ordre, adressa à Gérard une bulle qui le nommait fondateur et chef des Hospitaliers et conférait aux frères seuls, après sa mort, le droit de lui élire un successeur. En 1118, Raymond du Puy, gentilhomme du Dauphiné, succéda à Gérard par l'élection libre et unanime des frères Hospitaliers. Raymond du Puy était un homme de guerre. Blessé dans un combat, il avait été soigné par les frères de l'hôpital. Entré ensuite dans leur ordre, il le remplit de son esprit guerrier, et proposa aux frères de joindre à leurs trois premiers vœux, de