‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 132 sur 179 · RUINES DE SAINTE-MARIE-LA-GRANDE · texte numérisé non relu

RUINES DE SAINTE-MARIE-LA-GRANDE

quatorzièmesiècle, comme nous le savons par des témoignages de cette époque; mais bientôt, sa ruine et ses. dégradations successives augmentèrent, quand le monastère dont elle formait la chapelle eut été changé en caravansérail musulman.

Une fois devenus possesseurs de l’emplacement de ce couvent, les Prussiens y ont entrepris et exécuté des fouilles importantes et, sous une masse énorme de terre, de décombres et de débris de toutes sortes, ils ont découvert, à la profondeur de 7 à 8 mètres, de gros piliers construits en magnifiques blocs, parfaitement appareillés, et qui soutenaient des voûtes dont la plupart sont écroulées. Ils ont trouvé aussi d’immenses citernes qui, avec quelques réparations, pourraient encore servir. Des salles déblayées sont également assez bien conservées et l’une d’entre elles a été transformée par eux en chapelle protestante.

Le couvent des chevaliers Teutoniques était beaucoup moins considérable que ceux des Templiers et des chevaliers de Saint-Jean. Dans la rue dite des Allemands, au Moyen-âge, et qui allait de la rue du Temple à la porte de la Tannerie,le Bab-el-Morharbeh de nos jours, s'élevaient l’église et l’hôpital Sainte-Marie des Allemands, fondés en 1128 pour les pèlerins de langue al- Jemande. Le personnel de cet hôpital, transporté plus tard à Saint-Jean-d’'Acre, forma le noyau de lPordre Teutonique. Cet ordre avait dû sa première origine à un Allemand résidant à Jérusalem avec sa femme, et qui conçut la généreuse pensée de créer dans cette ville un établissement pour y héberger les pèlerins pauvres et nfirmes de sa nation. (Jacques de Vitry, ch. Lxv.) L'emplacement qu’occupait ce couvent est maintenant divisé en plusieurs magasins ‘et maisons particulières habités encore aujourd’hui par des Juifs allemands.

__ Je ne reviendrai pas ici sur les autres grands travaux exécutés par Les croisés à la basilique du Saint-Sépulcre, à Sainte-Anne, à l’église de l’Assomption de la Vierge,

à celle de l’Ascension et au Cénacle. J’en ai dit un mot plus haut; il me reste à mentionner, en terminant, quelques autres églises ou chapelles qui leur sont attribuées, ou du moins qu'ils réparèrent.

À deux cents mètres au nord-ouest de l’église Sainte- Anne, et à cent vingt au sud-est de la porte appelée aujourd’hui Bab-ez-Zahari (porté des Fleurs) ou porte d'Hérode, on remarque les ruines d'une église qui, il y à peu d'années encore, était devenue la demeure d’un pauvre potier. Les voûtes en étaient depuis longtemps écroulées et les nefs étaient obstruées par des décombres et par des broussailles. Précédée, à l’occident, d’un porche ou narthex intérieur qui était la portion la mieux conservée de cet édifice, elle était divisée en trois nefs au moyen de piliers carrés; puis suivait un transept dont la partie centrale était jadis surmontée d’une coupole sur pendentifs ; au delà régnait une nouvelle travée destinée à agrandir le chœur, et enfin venaient trois absides, demi-circulaires au dedans et polygonales au dehors. Depuis deux ans, ces ruines vénérables ont complètement changé d'aspect, l'église dont elles étaient les débris ayant été transformée en école musulmane et appropriée par des constructionsnouvelles à cet usage. D’après une tradition encore vivace à Jérusalem, elle porte lenom de Sainte-Madeleine et on la considère comme ayant été bâtie sur l'emplacement de la maison de Simon le Pharisien, où cette grande pécheresse, purifiée par son repentir et par son céleste amour pour Jésus, avait oint de parfum, baigné de ses larmes et essuyé avec ses cheveux les pieds du Sauveur, pendant qu’il était à table. {Saint Luc, ch. vu.)

En souvenir de cet événement, on a longtemps montré aux pèlerins, jusqu’à nos jours, et moi-même j'ai pu remarquer, 1} y a quelques années, la forme d’un pied sur l’une des dalles de la nef principale et qui passait pour offrir les vestiges de l’un des pieds de Notre-Seigneur.

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