RUINES DE SAINTE-MARIE-MADELEINE
En 1165, le pèlerin J. de Wirtzbourg (ch. va) mentionne cette église comme desservie par des moines ja- cobites qui y signalaïent à la piété des fidèles une croix tracée sur le pavé et indiquant l'endroit où se tenait Marie-Madeleine aux pieds de Jésus.
En 1187, cette église fut transformée en médreseh, ou école,et prit le nom de Maimounieh, qu’elle a gardé jusqu’à notre temps parmi les musulmans. Nous lison à ce sujet dans Medjr-Eddin (p.12%) :
« La médreseh Maimounieh avoisine la porte ez-Za- « hari. C'était une église construite par les Roumi : « elle eut pour fondateur l’émir Farez-Eddin Abou-Saïd « Maimoun, trésorier de Saladin, lan 1197. Denos jours, « elle n’a plus d'organisation; elle est même livrée à « l'abandon. »
Comme elle appartenait aux Jacobites, ainsi que nou le savons par J. de Wirtzbourg et par un passage du Cartulaire du Saint Seépulcre (p. 121), il est à croire qu’elle avait été fondée par les Syriens, comme laffirme d'ailleurs Medjr-Eddin, antérieurement à l’époque des croisades; car, par le mot de Roumi, les Arabes désignent toujours les Grecs byzantins et non les Latins.
M. de Vogüé pense néanmoins que ses débris actuels semblent la rattacher aux monuments romans de cette époque. Elle à pu effectivement subir alors des réparations plus ou moins considérables; mais j’incline à penser qu’à cause de sa coupole et de son narthex intérieur, on est autorisé à attribuer aux Grecs sa forme générale. Dans ce cas, les croisés l’auraient trouvée déjà bâtie, quand 1ls s'emparèrent de Jérusalem; seulement, comme elle était assez rapprochée de l’une des portes et du rempart septentrional de la ville, point où celle-ci fut principalement attaquée, elle a dû souffrir beaucoup du siège et ses voûtes ont pu être ensuite remaniées par les Francs. Il en est de même probablement des trois petites églises suivantes qui sont encore debout et qui remontent au moins à l’époque des croisa-
des, si même elles ne l’ont pas précédée pour leur fondation première.
L'une, située non loin de la porte de Damas, sur l’un des points culminants du mont Bézétha, estconnue parmi les Grecs sous le nom de Mar-Hanna ou Saint-Jean, et parmi les Latins sous celui de Mar-Boutros ou Saint- Pierre. Les musulmans, qui, depuis l’époque de Saladin, l’ont transformée en mosquée et y ont ajouté un minaret, l’appellent Deïr-Mellaouïeh, dénomination qui s’est communiquée ensuite aux derviches tourneurs qui desservent ce sanctuaire. Cette église renferme trois absides et trois nefs, dont la nef centrale est séparée des deux latérales par quatre piliers carrés. À droite et à gauche, trois fenêtres ébrasées ont été pratiquées dans l’épaisseur des murs. |
La seconde église, de dimensions plus restreintes encore, avoisine, au nord, le couvent de la Flagellation. Devenue propriété particulière et habitée par une famille grecque, elle porte le nom de Deir-el-Adès. On y montre sur une pierre les traces très dégradées d'un petit pied que l’on a longtemps fait passer pour être celui de la Sainte Vierge enfant. Cette chapelle est surmontée d’une coupole percée de quatre fenêtres ogivales et construite en pierres de moyen appareil et très régulières.
La troisième église, dédiée à saint Jacques le Mineur, et située sur le mont Sion, non loin du Temple protestant, n'offre rien de remarquable que son ancienneté.