LES RR. PÈRES FRANCISCAINS DE TERRE SAINTE
Lorsque, en 1187, la funeste bataille de Hattin eut anéanti le royaume franc de Jérusalem, conformément aux décrets mystérieux de la Providence, cette ville, reconquise par les croisés, au prix de tant de sacrifices et de tant de sang répandu, et conservée seulement par eux pendant 88 ans, retomba au pouvoir des musulmans, qui depuis, sauf pendant quelques années, l’ont toujours gardée. C’est alors que Dieu suscita, dans la personne de saint François d'Assise, le chef d’une légion pacifique et héroïque tout à la fois d’humbles, mais vaillants religieux, qui entreprirent de fonder en
+ Palestine un royaume plus durable que celui de Gode- -froy de Bouillon. Douze d’entre eux débarquèrent à Ptolémaïs, en 1219, sous la conduite de leur vénérable Lfondateur. Peu de temps après, quelques pauvres religieux de leur ordre étaient déjà installés à Jérusalem. L En 1244, ils y furent tous massacrés par des hordes de Lfarouches Karezmiens, dans l’église même du Saint- Sépulcre, où s'étaient réfugiés avec eux, comme dans bun asile inviolable, une foule de femmes, de vieillards Let d’enfants.
En 1291, Saint-Jean-d’Acre, le dernier boulevard de Ma chrétienté en Palestine, tomba à son tour, et les Fran- |ciscains y teignirent encore de leur sang les églises Iconfiées à leur garde. D’autres disciples de saint François remplacèrent bientôt à Jérusalem leurs frères martyrs, mais leur position était toujours précaire.
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En 1342, Robert, roi de Naples, et Sanche, sa femme, schôtérent du sultan d'Égypte le sanctuaire du mont Sion et le cédèrent au Saint-Siège qui, par une bulle de Clément VI, datée d'Avignon, le 21 novembre de cette année, en remit la propriété, avec le soin de la desservir, aux Pères Franciscains. Depuis cette époque, ces religieux n’ont pas cessé de rester fidèlement aux différents postes d'honneur où ils avaient été placés ; ils les ont défendus souvent au périlde leur vie et les sanctuaires qu’ils ont été obligés d'abandonner leur ont été arrachés par la force, sans qu'ils aient pour cela jamais abdiqué le droit d’en revendiquer un jour la possession. C’est donc à cette pieuse milice que le monde catholique doit l’avantage inappréciable d’avoir conservé jusqu’à notre époque la propriété, soit exclusive, soit partagée, de quelques-uns des Lieux les plus saints et les plus vénérés de la terre. Chassés par les musulmans, en 1551, du Cénacle, les Franciscains s’établirent d’abord provisoirement dans une maison appelée le Four et située sur les flancs du mont Sion; puis, en 1559, 1ls« achetèrent à grands frais l’église etle couvent de Saint> Sauveur, qui avaient auparavant appartenu aux (réor giens et où ils s’efforcèrent de maintenir intacts les différents privilèges qui leur avaient été octroyés par less souverains pontifes. En 1561, les indulgences dont 1ls4 jouissaient au Cénacle furent transférées : à leur nouveat monastère. |
Je n’ai point ici à raconter leur histoire; mais je doish dire que c’est grâce à eux que, pendant longtemps, less pèlerins latins ont pu venir se prosterner devant les Saint Sépulcre et le Golgotha; c’est dans leurs divers couvents que tous trouvaient asile, conseil et sécurités Sans eux, la chaîne de ces pieux pèlerinages eût été. souvent brisée; sans eux aussi la France de Charleman gne, de Godefroy de Bouillon et de saint Louis eût vais nement cherché à exercer son protectorat séculaire sum des sanctuaires que les pèlerins latins auraient, fautes