LES RR. PP. FRANCISCAINS DE TERRE SAINTE
d'appui, renoncé à visiter, et il n’y aurait plus eu de véritable garde d'honneur, entretenue par l’Église catholique, auprès du tombeau de son divin fondateur. Les Franciscains ont donc rendu, par leur opiniâtre fidélité que rien ne décourageait, un immense service à toutes les nations latines ; ils ont, en particulier, bien mérité de la France, dont ils ont, avec les seules armes d’un dévoûment et d’une patience invincibles, secondé en Palestine la généréuse et chrétienne influence. D’un autre côté, il faut remarquer que ce Robert d'Anjou, roi de Naples, qui acheta au sultan d'Égypte, pour une somme considérable,les sanctuaires en quesüon, était neveu de saint Louis, roi de France, qui, lui aussi, avait tant fait pour les Lieux Saints. Aïnsi, c’est toujours la France ou des Français que nous rencontrons comme conquérant par la force ou rachetant au poids de l’or les sanctuaires de la Palestine.
Au commencement du xvn° siècle, un décret de ï Propagande, daté du 22 février 1627, plaça sous la juridiction spirituelle du Révérendissime Père Custode de Terre Sainte les villes de Jérusalem, de Bethléhem, de Nazareth, et tous les endroits de la Palestine, de la Sy rie et del’Égypte, où les Franciscains avaient des couvents.
Vers la fin de ce même siècle, le Père Custode fut également nommé préfet apostolique de toutes ces contrées, y compris l’île de ;{Chypre; mais, en 1829, Grégoire XVI restreignit cette juridiction, en la bornant à la Palestine proprement dite et à l’île de Chypre.
Les principaux dignitaires de la custodie de Terre Sainte sont :
1° Le Père Custode, qui a le titre de Paternité Révérendissime et qui est toujours un Jtalien. Jusqu'au rétablissement du patriarcat, le religieux, qui était revêtu de cette haute dignité, avait des privilèges et des droits quasi épiscopaux; il officiait pontificalement avec la crosse et lamitre. conféraitles Ordres mineurs et accor-
dait les dispenses:
20 Le vicaire du Révérendissime. Cette dignité, d’après les statuts, doittoujours être donnée à un Français ;
3° Le procureur général : chargé de l'administration, il est le caissier de l’Ordre en Terre Sainte et doit être Espagnol.
Avant 1847, époque de la restauration du patriarcat latin, les Franciscains avaient à Jérusalem trois couvents. Le plus important était celui de Saint-Sauveur, où résidaient le Révérendissime et tous les dignitaires de l'Ordre. Il renfermait trente prêtres et trente-deux frères. Dans l’intérieur de ce vaste bâtiment, assez irrégulièrement construit, une chapelle, au premier étage, servait d’unique paroisse à la population catholique qui se montait seulement à 940 âmes environ. Cette chapelle, du nom de Saint-Sauveur, comme le monastère, n'avait absolument rien de remarquable. Son architecture était lourde et écrasée, mais les Franciscains, forcés de quitter leur maison du mont Sion, avaient, comme je l’ai dit, obtenu la faveur, par décision pontificale, d'apporter avec eux et de transférer à lachapelle de leur nouveau couvent les indulgences et les mêmes privilèges que les papes avaient accordés autrefois à l’église du Cénacle. Cette chapelle a été depuis démolie et remplacée, dans ces dernières années, par une vaste église, élégante et bien bâtie, qui, dans son enceinte, peutcontenir presque toute la population catholique de Jérusalem, laquelle se monte maintenant à 2.000 âmes. Divisée en trois nefs par de solides piliers, elle renferme trois autels principaux :
1° L’autel du Saint-Esprit, élevé en mémoire de la Pentecôte ; c’est le maître autel;
20 L’autel de l'institution de la Sainte Eucharistie, du côté de l'Évangile ;
3° L’autel de apparition de N.-$S. J.-C. à saint Thomas, du côté de l’épitre.
Les indulgences attachées au Cénacle et ensuite à la chapelle primitive de Saint-Sauveur ont été. natus=