‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 141 sur 179 · LE COUVENT DE SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

LE COUVENT DE SAINT-SAUVEUR

rellement appliquées à l’église qui l’a remplacée.

Derrière le maître-autel est le chœur des religieux. Ceux-ci comptent parmi eux des prêtres qui parlent presque toutes les langues de l’Europe et la plupart de celles qui sont en usage dans l'empire ottoman; ils peuvent donc entendre les confessions des pèlerins de toute nalion qui recourent à leur pieux ministère.

L'église actuelle, qui sert de paroisse aux Latins, et qui est due en grande partie à la munificence de François-Joseph [f, empereur d'Autriche, fait beaucoup d'honneur aux pères qui Pont si rapidement construite et qui ont su en faire l’un des plus beaux monuments ‘religieux de la Palestine. Elle est accompagnée d’une tour carrée servant de clocher et qui se termine en une pointe gracieuse d’où s’élance une magnifique croix qui resplendit dans les airs et domine la ville entière. Les cloches de ce campanile ébranlent tous les échos de la Cité Sainte, et, quand elles sont mises en mouvement, elles étouffent complètement la voix des muezzins.

Cegrandcouvent renferme actuellement 80 religieux ; tant pères que simples frères. Il occupe un espace très étendu entre les remparts de la ville au nord et la rue dite en arabe Haret-deir-el-Frendj (rue du couvent des Francs), au sud. Dans sa partie septentrionale, on à bâti un séminaire séparé, mais très voisin du cloître réservé aux religieux. Les séminaristes sont en ce moment au nombre de dix et pendant quatre ans ils suivent des cours de théologie. À ce même couvent, sont adjointes deux écoles, une école d’apprentissage et une école d’orphelins, sous la haute direction, l’une et l’autre, d’un religieux belge des plus capables, le père Dominique. Dans Pécole d'apprentissage, je signalerai particulièrement une imprimerie pouvant imprimer en huit langues, le français, l'italien, l'arabe, le turc, l'allemand, Le slave, le grec moderne et l’arménien. Une machine destinée à la fonte des caractères a été envoyée, il y a quelques années, par Sa Majesté

lempereur d'Autriche. À côté de l'imprimerie est un atelier de reliure. D’autres ateliers, pour la chaussure, la serrurerie et la menuiserie occupent également. un certain nombre d’enfants. C’est dans ce dernier atelier qu’on a fabriqué toutes les boiseries et toutes les stalles si bien exécutées de la nouvelle église. On s’est servi pour cela de bois de noyérs provenant de Damas, où les jardins abondent en noyers gigantesques. On sait que les veines de ce bois, quand elles sont polies et vernies, produisent une sorte d’effet chatoyant qui flatte singulièrement le regard.

Dans l’école des orphelins, 37 enfants, tous internes, apprennent, sous la direction de quatre professeurs, tant frères que laïcs, l'arabe, l'italien et le français; ils sont entièrement à la charge des pères, ainsi que 28 orphelines qui habitent une maison voisine et sont dirigées par quatre sœurs franciscaines, venues de leur maisonmère du Caire. Ces deux écoles sont tenues l’une et l’autre avec beaucoup de soin, et on ne pourrait trop savoir gré aux pères d’arracher ainsi à la misère et au vice des enfants qui leur doivent le précieux bienfait d’une éducation chrétienne.

En même temps qu'ils sont la providence spirituelle de la paroisse latine de Jérusalem, les Franciscains en sont en même temps la providence temporelle par les secours de toutes sortes qu’ils donnent aux malheureux. Is distribuent, en effet, environ 350 kilos de pain par jour aux pauvres; ces pains sont fabriqués à la boulanserie du couvent. Ilslogent pareillement, dans des maisons qu'ils possèdent ou qu'ils louent, beaucoup de familles qui autrement seraient sans asile.

Non loin de ce grand couvent estunbelhospice, connu de tous les pèlerins sous le nom de Casa Nova, et où les pères donnent une cordiale et bienveillante hospitalité à tous les étrangers francs qui viennent frapper à leur porte. Considérablementagrandi depuis quelques années, il cst parfaitement approprié à l’usage des nombreux

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