‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 147 sur 179 · SANCTUAIRE DE SAINTE-ANNE. — LA PISCINE BÉTHESDA · texte numérisé non relu

SANCTUAIRE DE SAINTE-ANNE. — LA PISCINE BÉTHESDA

Les missionnaires d'Alger et l’Ecole de Sainte-Anne.

En commençant ce chapitre, je ne puis mieux faire

que d'emprunter les paroles suivantes à l’éloquent discours, prononcé à Jérusalem, au mois de mai 1888, par M. Ledoulx, consul général de France, devant la grande caravane de pénitence

« Vous n'ignorez pas, Messieurs, que Sa Majesté le Sultan, après la guerre de Crimée, pour reconnaitre le service que la France lui avait rendu, a offert à notre pays la basiliqueet le sanctuaire de Sainte-Anne. IL importait de restaurer lPantique édifice et de le rendre au culte. Deux gouvernements divers ont travaillé à cette tâche avec la même libéralité et le mème dévoment; car il est constant que la France, sous quelque régime qu'elle se trouve, ne se départit point de sa politique traditionnelle en Orient, et que sa main généreuse dispense les témoignages de sa sollicitude, sans s'inquiéter de l'effigie que porte l'or qu’elle voudrait répandre encore plus abondamment. Mais il ne suffisait pas de restaurer Sainte-Anne, de rendre au culte un temple dont les dalles portatent l'empreinte dü front et des genoux de nos ancêtres : il fallait de plus élever dans ce voisinage un établis-

« sement qui témoignât de notre sympathie pour les

« populations qui l’entourent et de notre désir de con- «tribuer à la régénération de l'Orient. Il fallait done « tout d’abord confier ce précieux dépôt à des mains « dignes de le conserver. Ce choix n’était difficile qu’en « raison des mérites égaux que tous les ordres ou com- « munautés françaises présentaient au même titre. « Toutefois, la haute autorité d’un de nos prélats les « plus distingués dans les questions orientales, sa sur- « prenante activité, son patriotisme éclairé, la confiance « qu'il inspire et les éminents services qu'il a rendus « au pays décidèrent le gouvernement à accepter les « offres généreuses et désintéressées de Mer Lavigerie. « Les pères de Notre-Dame d'Afrique furent désignés comme chapelains et conservateurs denotre basilique « nationale. »

C’est en 1878, lorsque les principales réparations de la basilique de Sainte-Anne, restaurée avec tant d'art par M. Mauss, touchaïent à leur fin, que les missionnaires d'Alger furent appelés par le Saint-Siège et par la France à desservir ce sanctuaire. En effet, un décret de la Propagande, du 8 février 1878, confirma la cession du sanctuaire faite par le gouvernement français aux missionnaires. Au mois de mai dercette même année , M“ Lavigerie vint lui-même à Jérusalem avec l’un de ses grands-vicaires, pour préparer linstallation de ces religieux. Ceux-ci prirent possession de leur maison, au nombre de quatre seulement, le Le octobre 1878. Ils se bornèrent dans le principe à faire revivre le culte catholique à Sainte-Anne et dansla crypte de l’Immaculée-Conception et de la Nativité de la Sainte Vierge. Ils eurent, en outre, à s’occuper de l’achèvement des travaux de la basilique et de la construction d’une demeure plus vaste pour les missionnaires. Ils partageaient leur temps entre la prière, l'étude, principalement celle des langues orientales et de lEcriture Sainte, la surveillance des ouvriers et aussi la souffrance; car presque continuellement la fièvre

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