LES FOUILLES DE LA BASILIQUE SAINT-ETIENNE
qui ont échappé aux ravages des hommes et du temps couvrent maintenant une superficie qui n’est pas moindre de 95 mètres carrés. La longueur de l’église découverte est de 40 mètres et sa largeur de 19 m. 50 c. À l'intersection du transept et de la nef principale, on a trouvé et vidé avec beaucoup de peine une vaste excavalion pratiquée dans le roc et remplie de décombres. Elle forme un rectangle à peu près régulier de 11 mètres environ de longueur sur 8 de largeur et 5 de profondeur.
Le ciment qui en revêt les parois intérieures indique qu'ultérieurement elle à été convertie en citerne, mais tout porte à croire qu’elle a été, dans le principe, une crypte funéraire dont les cloisons auront été ensuite brisées. Quels tombeaux renfermait cette crypte ? Étaitce le lieu de la confession de saint Étienne? ou bien contenait-elle la sépulture d'Eudoxieet de sa petite-fille, l'épouse de Gensérie, qui, nous le savons, fut enterrée près de son aïeule dans la basilique Saint-Etienne ? Celle-ci était précédée, vers l’ouest, d’un atrium, comme en possédaient la plupart des églises à cette époque.
Au-dessous était creusée une citerne dont l’orifice se voit au milieu. On a retrouvé une partie de cet atrium couvert de larges dalles, exactement orienté et au niveau du pavé de la basilique; il mesurait 30 mètres de long. En outre, je viens d'apprendre qu'au nord de la nef septentrionale de labasilique, on a dégagé en partie une annexe qui avait probablement pour lui correspondre au midi le chœur des religieux, lequel reste à fouiller, ce qui donne déjà au vaisseau une largeur d’environ 30 mètres. Parmi les nombreux morceaux de marbre et de sculptures de toute espèce trouvés au milieu des décombres, on a recueilli un fragment de marbre qui, selon toute apparence, a appartenu à une table et sur le rebord duquel sont gravés les caractères grecs suivants : z@v £vAüy 945, qui signilient : gardien des tables. Cette table pourrait être celle d’un autel an-
cien. Dans ce cas, comme le pense ingénieusement le R. P. Germer-Durand, cet autel était sans doute dédié à saint Étienne, car dans les basiliques d'autrefois il n’y avait qu'un seul autel. L'inscription que nous venons de reproduire semble avoir été une invocation au protodiacre et protomartyr. Les diacres, en effet, furent institués d’abord pour veiller au bon ordre des tables et à la distribution des aumônes aux fidèles.
Si le lecteur désire avoir de plus amples détails sur l'emplacement et sur les fouilles de la basilique Saint- Étienne de Jérusalem, je l’engage à consulter les opuscules suivants :
1° Unebrochure intitulée : Où se trouve, à Jérusalem, le lieu de la lapidation de saint Etienne, par L. Heidet (Jérusalem, imprimerie des R. P. Franciscains, 1887) ;
2° Deux articles qui ont parudans le Cosmos, le 5 novembre 1887 et le 17 mars 1888, dus l’un et l’autre à la plume du R. P. Germer-Durand, religieux assomptionniste. Le premier a pour titre : Inscriptions grecques trouvées dans les fouilles de Saint-EÉlienne, à Jerusalem ; le second : les Fouilles de Saint-Étienne ;
3° Un mémoire de M. le baron Ludovic de Vaux intitulé : Mémoire relatif aux fouilles entreprises par les R. P. Dominicains dans leur domaine de Saint- Etienne, près de la porte de Damas. Ge mémoire a été inséré dans la Revue archéologique, en 1888. Déjà le même écrivain avait publié dans cette Revue, en juin 1886, une courte note sur La découverte d’un antique hypogée faile par les révérends pères Dominicains à Jérusalem dans leurs fouilles de Saint- Étienne : J
4° Enfin, un article très substantiel intitulé : Decouverte de la basilique de Saint- Étienne à Jérusalem, par le R. P. Reginald Dubourg, article qui a été imprimé à Paris à l’imprimerie du Pélerin en 1888.
Le couvent des RR. PP. Dominicains ne compte actuellement que quatre pères et autant de frères