‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 152 sur 179 · LES RR. PP. DOMINICAINS · texte numérisé non relu

LES RR. PP. DOMINICAINS

convers. Tous, excepté deux frères, sont de nationalité française ; mais ce couvent est provisoire et destiné à s’agrandir selon la mesure des ressources dont pourront disposer les religieux qui l’occupent. Leur but en s'établissant à Jérusalem, comme me l’a indiqué le R. P. vicaire, est multiple : il s’agit d’abord de restaurer l’ancien couvent que les Dominicains possédaient dans cette ville et, à la longue, leur province de Terre Sainte qui disparut à la suite des dernières défaites du royaume latin fondé par les croisés.

En second lieu, comme la prédication est, pour ainsi dire, dans l’essence de leur ordre. les Dominicains de Jérusalem ont l'intention de s’y livrer et d’entreprendre même un jour une controverse suivie, mais Conciliante et charitable, avec les schismatiques, les protestants, les juifs et les mahométans. Quand et de quelle manière ce dernier ministère deviendra-t-il possible ? C'est ce qui ne peut être déterminé pour le moment. Il semble toutefois qu’un ébranlement commence à se produire et qu'une moisson s’annonce. En attendant, ces religieux prépareront l'avenir par l’étude des langues et l'acquisition d’un ensemble variéde connaissances théologiques et spéciales. Peut-être seront-ils amenés à créer diverses œuvres pour faciliter le rapprochement d'adversaires qu’il s'agirait de persuader, plus encore que de convaincre.

Les Dominicains de Jérusalem se proposent également d'offrir dans leur couvent une hospitalité un peu différente de celle que les Pères Franciscains donnent depuis si longtemps aux pèlerins, avec tant de bienveillance et decharité. Il y a un grand nombre de laïcs et d’ecclésiastiques surtout qui aimeraient à venir dans la Cité Sainte pour y demeurer un temps plus considérable que celui pendant lequel ils peuvent rester à la Casa- Nova. Ils s'y imprégneraient à loisir des grandes pensées qui germent à l’ombre des murs de Jérusalem ; ils puiseraient à leurs sources mêmes ces connaissances de

mœurs, de langues, d'histoire, de topographie, sans lesquelles il est impossible d’arriver à la pleine intelligence des Livres Sacrés. Ce dessein, nommément soumis au souverain pontife Léon XIIT par le R. P. Mathieu Lecomte, a été accueilli par Sa Sainteté avec la plus vive sympathie. Il est inutile de dire quel surcroit d'influence la France catholique gagnerait au succès d’une pareille œuvre.

Enfin, les mêmes religieux ont la ferme espérance de reconstruire la basilique Saint-Étienne et de donner en même temps un développement plus considérable au culte de ce grand saint.

Puissent ces différents projets se réaliser bientôt dans lintérêt du catholicisme et dela France, qui trouveraient dans la réussite des Révérends Pères Dominicains un nouvel et puissant auxiliaire ! Il est urgent, en effet, de réagir contre les progrès, de jour en jour grandissants, en Palestine, du schisme et de l’hérésie qui cherchent à amoindrir et à supplanter l'influence de la religion catholique et, par conséquent, celle de la France.

Hospice de Notre-Dame de France.

L'œuvre des pèlerinages de pénitence à Jérusalem a été commencée en 1881. Elle a été comme la conséquence et le complément nécessaire des grands pèlerinages à Notre-Dame de la Salette et à Notre-Dame de Lourdes. La foule des pèlerins non catholiques envoyée chaque année à Jérusalem par la Russie formait un douloureux contraste avec le petit nombre des pèlerins français; il semblait que la France eût désappris le chemin dela Palestine. Élargissant donc la voie ouverte par l’œuvre des pèlerinages en Terre Sainte qui, depuis trente ans environ, y conduisait chaque année une et quelquefois deux caravanes de pèlerins français, dont le chiffre dépassait rarement celui de 20 ou de 30 au maxi-

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