L'HOSPICE DE NOTRE-DAME-DE-FRANCE
mum, les religieux de lAssomption entreprirent de rendre ce pèlerinage accessible à un ‘beaucoup plus grand nombre de bourses par une réduction dans les dépenses que nécessitait un si long voyage, et de le faciliter même aux pauvres par une souscription ouverte dans ce but.
La première année, l'élan fut si grand qu'il fallût deux navires pour conduire en Terre Sainte les 1000 pèlerins inscrits. Les difficultés furent grandes pour loger tant de monde à Jérusalem. Cependant, les Pères Franciscains et les autres communautés catholiques purent donner abri à tous, au prix de réels sacrifices de part et d'autre. Pendant les années suivantes, le nombre des pèlerins fut moindre; il se maintint néanmoins dans une moyenne de 400. La maison hospitalière de Casa- Nova ne peut guère loger plus de 100 pèlerins et on continuait à être à charge aux communautés. Il fallait donc, si l’on ne voulait pas renoncer à la magnifique croisade de pénitence, bâtir une maison assez vaste pour donner l'hospitalité à tous les pèlerins. C’est ce qui fut décidé au retour du troisième pèlerinage, en 1884. L’œuvre fut aussitôt commencée. En moins de deux mois, les pèlerins recueillirent en dons volontaires près de cent mille francs pour l’achat du terrain. Depuis, les aumônes ont continué d'arriver et l’on a pu déjà élever une des ailes de l'hôtellerie de Notre-Dame de France. La maison peut dès maintenant donner asile à une centaine de personnes. On a commencé, en 1887, la construction du bâtiment central. Les travaux actuellement interrompus seront repris activement, aussitôt que les ressources le permettront.
Le Saint Père, en renouvelant, en 1887, les indulgences et facultés accordées aux pèlerins de la Péaitence, a béni et encouragé la fondation et les religieux qui s’y dévouent au service des pèlerins.
Le 22 mars 1888, j'ai visité avec beaucoup d'intérêt cet établissement naissant sous le conduite du R. P.
Germer-Durand, qui a bien voulu m’en faire lui-même les honneurs et qui me remit une note à ce sujet. Ce religieux distingué, malgré une santé délicate, préside avec un frère aux immenses et pénibles travaux qu'exige un si vaste édifice. Situé en dehors et près de la ville entre l’hôpital Saint-Louis et le couvent des Dominicains, ce bel hospice, consacré à Notre-Dame de France, promet d’être digne tout à la fois des deux noms associés ensemble qui lui ont été donnés et, comme Pa dit M. le consul général de France, c’est pour les Français un point d'honneur et une question de la plus haute importance de mener rapidement à bien cette œuvre essentiellement nationale. On en tirera, en effet, de grands avantages matériels pour la commodité des pèlerins, la concentration de leurs efforts, l’unité de leur direction et de leur action. Il en résultera aussi des
avantages non moins précieux au point de vue politique.