LES SOEURS DE SAINT-JOSEPH DE L'APPARITION. —= L'HOPITAL SAINT-LOUIS
Les sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition ont été appelées en Terre Sainte par le Révérendissime Père Custode Bernardino, le 14 août 1847, peu de temps avant Parrivée de M® Valerga. Ce sont les premières religieuses françaises qui, depuis l’époque des croisades, se soient établies en Palestine. Elles avaient alors pour supérieure , à Jérusalem, la Révérende Mère Émilie-Julien qui, plus tard, ayant été nommée supérieure générale, a gouverné la congrégation avec tant de sagesse pendant trente ans.
La maison de Jaffa, dont la fondation suivit bientôt, a les mêmes œuvres que celle de Jérusalem, savoir : classes gratuites, dispensaire, orphelinat, hôpital dû à la générosité d’un riche et pieux Lyonnais, M. Guier Il ya actuellement à Jaffa douze sœurs, y compris celles qui sont employées à Phôpital. L'ancien dispensaire subsiste toujours et il s’y fait beaucoup de bien.
La maison de Bethléhem date du 20 décembre 1853. Elle renferme des classes gratuites, un orphelinat, une salle d'asile etun dispensaire. Comme les sœurs y étaient trop à l’étroit, elles ont acheté dans un autre quartier de la ville un terrain où elles font construire un orphehinat qui contiendra également la salle d’asile.
La maison de DR LIN a été fondée en 1872, celle
de Ramleh en 1873, et celle de Beït-Djallah en 1875, à
la demande à la fois de M‘ le patriarche et du Révérendissime Père custode. Ces trois dernières maisons ont pareillement classes gratuites, orphelinat et dispensaire.
Au mois de juin 1887, ces mèmes religieuses ont créé un dispensaire à Nazareth.
Mais revenons à leur établissement de Jérusalem dont il s’agit plus particulièrement en ce moment. Il se compose d’un asile, d’un externat, d’un orphelinat et d’un bel hôpital. Toutes les élèves, petites et grandes, y apprennent le français avec une facilité merveilleuse et chérissent leurs maîtresses dont elles ne pourront jamais assez reconnaître les inappréciables services. Simples et modestes, en effet, Les sœurs de Saint-Joseph m'ont paru posséder un cœur d’or, à commencer par leur digne supérieure, la sœur Germaine, que tout le monde aime et vénère, musulmans comme catholiques. La maison, ou plutôt les différentes petites maisons arabes qui ont été, tant bien que mal, réunies ensemble pour former cet établissement, sont malheureusement très incommodes au point de vue de la discipline, du travail, des récréations et du coucher. l’une de ces maisons avait jadis servi de résidence première à M: Valerga, avant qu’il eût pu bâtir le patriarcatactuel. Plusieurs pièces sont très humides, surtout pendant lhiver; d’autres, en été. sont extrêmement chaudes ; aussi, les sœurs ont-elles acheté, le 18 août 1884 un assez vaste terrain, situé en dehors de la ville, non loin du consulat français, et où elles ont commencé la construction d’un orphelinat qui pourra recevoir une centaine d’orphelines; il s’achèvera lorsqu'il plaira à la divine Providence de leur fournir les ressources nécessaires pour le terminer.
L’asile contient d'ordinaire 130 enfants et quelquefois davantage. La sœur qui dirige à elle seule cette nombreuse petite famille m'a paru exercer sur elleun grand empire. Malgré l’âge très tendre de ces enfants