LES SOEURS DE SAINT-JOSEPH DE L'APPARITION
dont les plus âgées ont sept ans et les plus jeunes trois ou quatre, elle sait les maintenir en respect, et elle m'a assuré qu'elle était fort satisfaite de leur tenue et de leur docilité. Elle leur a fait devant moi chanter des cantiques, réciter leur catéchisme, débiter des fables
elle les a interrogées ensuite sur la géographie de la Palestine et même sur celle de la France. Tous ces divers exercices sont faits en français, et j’ai été réellement émerveillé des heureux résultats qu'elle sait ürer, au moyen d’une patience infinie, de la classe enfantine dont elle est la directrice et qui se compose de latines, de grecques schismatiques et même de musulmanes.
La première classe compte 60 jeunes filles, toutes externes, et appartenant à différentes religions. La seconde classe en renferme 57, également externes et de religions diverses.
L'orphelinat contient une quarantaine d’internes, toutes catholiques. Comme dans les autres classes, on y enseigne le français, l'arabe et l'italien. Indépendamment des devoirs multiples qu'imposent aux sœurs la surveillance, l’instruction et l'éducation de tant d’enfants, elles réunissentpareillement chez elles, à certains jours déterminés, une soixantaine de jeunes filles plus grandes sortes de leur établissement, mais non encore mariées, etqui forment une congrégation dite de Sainte- Marie. Les mères chrétiennes constituent une autre congrégation que dirige l’un des prêtres du patriarcat.
Pour subvenir à l’entretien de ces œuvres diverses, les sœurs recoivent annuellement 2.000 francs de la custodie et différentes allocations du gouvernement français et du comité des Écoles d'Orient. Quelques âmes charitables et les ressources que leur procure le travail de l’ouvroir leur fournissent le reste. Elles vivent au jour le jour, pleines de confiance dans Celui qui nourrit les oiseaux du ciel et dont elles implorent constamment le secours ; car elles sont en tout 24 sœurs ; elles ont la charge de plus de 306 enfants dont presque
toutes sont entièrement gratuites et dont beaucoup sont nourries et habillées par elles. Sept de ces religieuses sont employées à l’hôpital français.
L'hôpital Saint-Louis.
En 1851, M. Lequeux, alors chancelier de M. Botta, consul de France à Jérusalem, conçut la première pensée de créer dans cette ville un dispensaire français. Il s'était ouvert de ce projet à M. Wigley, architecte anglais catholique, et à M. Mendelson, autrichien. Ces trois Messieurs se cotisèrent entre eux dans ce but et réunirent les premiers fonds pour cette création charitable et d’une grande importance. À cette époque, en effet, 1l n'y avait encore aucun hôpital à Jérusalem. Un premier petit hôpital y fut donc fondé cette année même dans une maison particulière, sous les auspices du patriarche latin, M Valerga, et du consul de France M. Botta. En 1852, le gouvernement français, à la demande de ce dernier, aecorda au patriarche latin une subvention annuelle de 12.000 francs pour lentreten de 18 lits dans cet hôpital, dix pour hommes et huit pour femmes. Je fus l’un des premiers Français qui, au mois d'août 1852, étrennèrent ce pauvre établissement à peine naissant. Pendant ma première nuit, je fus réveillé par un petit sifflement partant d’une fente qui se trouvait dans les parois de la chambrette où je reposais. La bonne sœur supérieure de Phôpital, à laquelle, le lendemain matin, je fis part de ce bruit inquiétant, me dit que ce sifflement devait provenir d’un serpent caché dans l’épaisseur du mur et qu’elle allait faire appeler un psylle ou Arabe charmeur de serpents. Je vis effectivement bientôt entrer dans ma chambre un Arabe de taille athlétique qui se plaça devant le trou et imita, à plusieurs reprises. par un léger soupir, legémissement de la femelle. A la fin, une petite tête apparut hors de la fente; c'était celle d’un serpent qui peu à peu