L'HOPITAL SAINT-LOUIS
déroula ses anneaux. Prompt comme lPéclair, l’Arabe, d’une main expérimentée, saisit le reptile et Pemporta hors de ma chambre, à ma grande satisfaction ; car j’étais peu rassuré, sachant que je possédais près de moi un hôte si dangereux.
Avant de poursuivre plus avant; je dois ici payer publiquement ma dette de profonde gratitude envers les excellentes sœurs de Saint-Joseph, qui n’ont soigné avec tant de dévouement dans la grave maladie que je {is à cette époque à Jérusalem et qui, sans elles, probablement m'aurait été fatale à ma première arrivée dans la Ville Sainte.
Cet hôpital s’appelait alors : lOspedale caltolico (hôpital catholique).
En 1859, le gouvernement français obtint qu'au lieu de s'appeler l’Ospedale cattolico, 1l prit le nom d’Ospedale san Luigi (hôpital Saint-Louis). En 1871, à la demande de M. Crampon, alors consul de France à Jérusalem, il reçut le nom français de Saint-Louis.
En 1868, de la petite maison cophte, très peu commode, où il avait d’abord été établi, il fut transféré dans lPancien patriarcat, qui était devenu vacant, par suite de la construction alors achevée du palais patriarcal et qui avait été mis à la disposition des sœurs de Saint-Joseph. Dans ce nouveau local, deux salles peu étendues furent affectées, l’une au service des hommes, l’autre à celui des femmes. Depuis sa fondation, cet hôpital avait été sous la direction de médecins italiens. En 1878, M. le consul de France à Jérusalem Patrimonio demanda que le médecin attaché à l’hôpital français et subventionné par la France fût lui-même Français. Il conseilla en même temps à M. le comte de Piellat, jeune Lyonnais qui venait d'arriver en Palestine avec sa pieuse mère et avec le désir et les moyens d'y créer quelque œuvre utile à la religion et à la France, de jeter les fondations de l’hôpital actuel.
M. de Piellat embrassa avec ardeur cette idée géné-
reuse et acheta, non loin de la ville, près de l’angle nord-ouest des remparts, un terrain assez considérable, dans une position très salubre. Il y fit commencer aussitôt les bâtiments que lon y voit maintenant et qui pourront être augmentés un jour. L'hôpital nouveau fut inauguré le 1% janvier 1882; il ouvrait avec six sœurs de Saint-Joseph. Trente lits y avaient été établis : dix-huit pour hommes et dix pour femmes. M. le docteur Sabadini, Corse d’origine et par conséquent Français, qui en était le médecin, obtint du ministère francais, outre la subvention annuelle de 12.000 francs accordée à l’ancien hôpital depuis sa fondation, la somme de dix autres mille francs une fois donnés, avec laquelle il acheta de nouveaux lits de fer, des meubles indispensables, des médicaments de toutes sortes et des instruments chirurgicaux.
Les dépenses moyennes se montent actuellement, chaque année, à une vingtaine de mille francs. Le gouvernement français a augmenté depuis son allocaton; néanmoins, le patriarche latin doit parfaire encore une somme assez importante, afin de solder les dépenses de l’année. Ce bel hôpital, quoique à peine achevé, est déjà devenu insuffisant, et il serait à désirer que M. le comte de Piellat pût couronner l’œuvre qu’il a si libéralement commencée, en lui donnant un développement plus considérable.
Je ne dois point oublier de dire qu’un aumônier vient tous les jours y dire la messe, dans une chapelle dédiée à saint Louis etentièrement due, également, à la pieuse munificence du même fondateur. Il y visite régulièrement tous les malades, en leur offrant les services et les consolations de son saint ministère.
Le docteur Sabadini a constitué à Jérusalem une société médicale; elle se compose de 12 médecins de différentes nations et tous diplômés.
La langue française a été adoptée pour les conférences que ces médecins tiennent entre eux de temps
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