L'ORPHELINAT DE SAINT-JEAN-IN-MONTANA
On remarque dans ce jardin une petite maison humble et modeste qui servait de résidence au Révérend Père Marie, quandil venait à Saint-Jean; c’est là qu'ilarendu son dernier soupir, le 6 mai 1884, et c’est dans un cimetière voisin, appartenant à la communauté, qu'il repose depuis le 8 du même mois ; déjà son tombeau vénéré commence à être le but de pieux pèlerinages. En dehors de l’enceinte des murs de l'établissement, les flancs de la montagne, dont le couvent couronne le sommet et quine produisaient que ronces et épines, ont été, grâce au Père Marie Ratisbonne, entièrement défrichés ettransformés. D’ici à quelquesannées, les plantations qu'on y a faites donnerontun rapportimportant pour la subsistance des nombreuses enfants qu’entretient la maison, ce qui permettra d’augmenterle chiffre de celles-ci. Il y a aussi, dans l'établissement de Saint- Jean, un pressoir envoyé de Marseille et qui est au service de tous. Enfin, à Saint-Jean comme à l’'Ecce-Homo, les Sœurs de Sion se sont instituées les pharmaciennes gratuites des chrétiens comme des musulmans.
L'institut Saint-Pierre.
L'institut Saint-Pierre, que j'ai visité à plusieurs reprises et sur lequel, en 1888, le R. P. Directeur a bien voulu me remettre une notice détaillée, fut fondé à Jérusalem en 1874 par le R. P. Ratishbonne. Aucune œuvre de ce genre n'existait encore dansla Ville Sainte parmi les catholiques. Aussi, dès le principe, M le patriarche Bracco donna-t-1l avec empressement un bref, où il insistait sur l'extrême urgence d’un pareil établissement. Ce qui montre mieux que tout autre argument l’utilité de cet institut, dont le but était la fondation d’une école d’arts et métiers, c'est que, aussitôt que le bruit de cette création nouvelle se répandit dans le pays, plus de deux cents enfants de tous les points de la Palestine sollicitèrent leur admission, et
depuis, cet élan n’a pas cessé. Pour qui connait l'apathie habituelle des Orientaux en face de toute innovation, un tel empressement était une preuve évidente de Popportunité de l’œuvre projetée. Une maison fut donc ouverte, le 8 septembre 1874, sous le vocable de Saint- Pierre, et une trentaine d’internes y furent immédiatement admis sous la direction de quelques prêtres de Notre-Dame de Sion. Cet établissement était situé à l’intérieur de la ville, près de la porte de Damas, et comprenait quatre modestes bâtiments appelés Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-André, et enfin la pauvre demeure du P. Marie-Alphonse et de ses confrères, qu'ils avaient baptisée par ironie du nom de Petit-Luxembourg. Dans un pareil état de choses, la surveillance des enfants était difficile. C’est pourquoi le R. P. Ratisbonne saisit la première occasion pour acheter un terrain hors de la ville et y construire l’école d’arts et métiers. Ce terrain dépasse en étendue 3 hectares et se trouve à 20 minutes à l’ouest de la ville, sur un plateau élevé, au delà du Birket-Mamillah. Au mois de septembre 1879, les travaux indispensables étant à peu près achevés, on quitta l'établissement provisoire pour s'installer dans la maison actuelle de Saint-Pierre. Le 11 du même mois, le Père Ratisbonne offrit pour la première fois le Saint- Sacrifice dans la nouvelle chapelle.
Si l'institut Saint-Pierre, destiné à former de bons et honnêtes ouvriers, est l’un des foyers les plus efficaces et les plus utiles de la régénération de la Terre Sainte qui semble sortir d’un long assoupissement, il doit être également, quand il sera terminé, dans la situation où 1il est placé, en face des établissements. russes et prussiens, l’un des plus beaux monuments de Jérusalem. Conçu dans des proportions imposantes, 1l est solidement et régulièrement bâti; mais il reste encore une aile à construire, lorsque les fonds nécessaires à cette adjonction auront été réunis. Rien n’égale l'étendue, la variété et la grandeur du superbe