‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 162 sur 179 · L'INSTITUT SAINT-PIERRE | 4TA · texte numérisé non relu

L'INSTITUT SAINT-PIERRE | 4TA

panorama qui se déploie aux regards du haut de ses magnifiques terrasses. Au sommet de l'établissement s’élèvera un jour une statue colossale de saint Pierre, dominant de là tous les établissements des sectes dissidentes. Cette idée était caressée par le R. P. Marie Ratisbonne, puisse-t-elle se réaliser bientôt!

Telle qu’elle est, la maison ne contient que 53 enfants. Les quatre prêtres français qui la dirigent voudraient pouvoir continuer les constructions, de manière à admettre au moins 100 enfants, car ils sont obligés de répondre presque chaque jour par de pénibles refus à des demandes incessantes et de voir de pauvres orphehns aller chercher dans des établissements protestants, juifs ou schismatiques, le pain du corps, mais aussi, hélas ! la mort de l’âme.

Les 53 enfants abrités actuellement dans Pinstitut Saint-Pierre se décomposent ainsi sous le rapport des nationalités : 26 de Palestine, recueillis dans les missions du patriarcat latin; 14 Libanais, 9 Syriens,3 Écyptiens et 1 Allemand et, sous lerapport des cultes : 18 catholiques latins, 22 Maronites,.5 Grecs unis, 3 Syriens catholiques, 1 Chaldéen, 1 Cophte schismatique, 1 protestant et 2 Juifs.

Sept ateliers fonctionnent en ce moment : ce sont ceux de sculpteurs, menuisiers, tailleurs, cordonniers, tailleurs de pierre, tourneurs et relieurs. Plusieurs enfants apprennent aussile métier de jardiniers.

Une boulangerie est installée dans Pétablissement et déjà elle fournit le pain aux trois maisons de Notre-Dame de Sion en Terre Sainte. Dans peu, une lithographie y sera adjointe et un excellenthorloger viendra de France, prochainement, pour y former des apprentis. œ

Le personnel de la maison consiste en quatre prêtres français de la Société des Pères de Notre-Dame de Sion. Ce sont : le R. P. de Cormis, supérieur; le R. P. de Chaumontel, directeur, qui a eu la bonté de me remettre cette notice et de me faire les honneurs de lin-

stitut Saint-Pierre, la dernière fois que je le visitai, en 1888 ; le R.P. Alphonse, économe, et enfin le R. P. Legrand. [1 faut y ajouter un prêtre maronite, deux professeurs d’arabe et un professeur de français, puis les patrons et chefs d'ateliers. Six religieuses de Notre- Dame de Sion sont attachées à l’établissement; elles sont chargées de la lingerie, de la cuisine, de Pinfirmerie et de la sacristie.

La chapelle, bien que provisoire, car elle doit être remplacée par une plus grande, a été déclarée chapelle publique, par décret de Ms' le Patriarche. Aussi les familles catholiques des environs viennent elles y assister à la messe et autres offices qui s’y célèbrent.

Le programme de l’enseignement, en dehors des travaux d’ateliers, comprend l'instruction religieuse, les éléments des langues française et arabe, le chant, la musique instrumentale, lagymnastique et le dessin. Chaque mois, un concours a lieu dans chaque atelier, afin de stimuler l'ardeur des jeunes apprentis.

Chacun des enfants coûte environ par an 300 francs de nourriture et d'entretien. Ils sont tous élevés dans l'amour de la France dont ils parlent la langue et dont, les jours de fêtes, ils se plaisent à arborer et à saluer le drapeau sur leur établissement. La France, en effet, est leur principale bienfaitrice, c’est le Père Alphonse Ratisbonne qui, au moyen ‘de quêtes répétées et de voyages pénibles, a pu réunir les fonds nécessaires à la fondation de si vastes bâtiments et à l’entretien gratuit de tant d'enfants. Depuis sa mort, ce sont également des prêtres français qui continuent à faire vivre cette belle œuvre et qui travaillent à Pachever. Le gouvernement français et tous les pèlerins catholiques qui visitent l'institut Saint-Pierre ne sauraient donc trop l’encourager de leur appui et de leurs aumônes.

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