‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 163 sur 179 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LES CARMÉLITES DU PATER-NOSTER. — LES SOEURS DU ROSAIRE. — LES FILLES DE LA CHARITÉ. —— LES CLARISSES. — LES SOEURS DE MARIE-RÉPARATRICE,

Les Carmélites du Pater-Noster.

Saint Mathieunous dit que Jésus, se trouvant un jour environné d’une grande multitude, monta avecses disciples sur une hauteur et prononça le célèbre sermondit: de la montagne. Après avoir exposé les huit béatitudes et les principes de sa doctrine, il indiqua la manière dont il fallait prier et ajouta : « Vous prierez donc ainsi: Notre Père, qui êtes dans les cieux. » (Saint Mathieu, Cheat, 9 à 14.)

D'autre part, saint Luc raconte que Notre-Seigneur étant en prière en un certain lieu, un de ses disciples lui dit, quand il eut cessé de prier : « Seigneur, apprenez-nous à prier,comme Jean l’a appris à ses disciples. » Il leur répondit : « Lorsque vous priez dites : Notre Père... » (Saint Luc, ch. xr1, v. 1 à 5.)

Notre-Seigneur a donc deux fois, dans deux circonstances et dans deux localités différentes, enseigné cette même prière à ses disciples la première fois en Galilée, sur une montagne voisine du lac de Tibériade, et la seconde fois en Judée, près de Béthanie, comme semblent l'indiquer les versets qui précèdent ceux où il est question de cette prière. Saint Luc, en effet, dans les der-

niers versets du ch. x, nous montre Jésus à Béthanie. Quoi qu’il en soit, une tradition constante et transmise de siècle en siècle place sur la montagne des Oliviers l'endroit où Notre-Seigneur aurait enseigné pour la seconde fois à ses disciples l'Oraison Dominicale et un sanctuaire, sous le nom de Pater-Noster, y aurait été élevé par les premiers chrétiens. |

En 1102, c’est-à-dire trois ans après la conquête de Jérusalem par les croisés, le pèlerin Sæœwulf s'exprime ainsi : « Près du lieu de l’Ascension, à un jet de pierre, « Notre-Seigneur écrivit l’Oraison Dominicale de sa « propre main, au dire des Syriens. Là, avait été bâtie « une très belle église qui, dans la suite, fut entière- « mentdétruite par les infidèles. »

Les croisés, une fois maïtres de Jérusalem, se hàtèrent de construire en ce lieu un autre oratoire destiné à honorer l’enseignement de cette prière. Cette chapelle tombait déjà en ruines, en 1152, lorsqu'elle fut visitée par deux pèlerins danois appelés lun Eskill Sveinsson, l’autre Svein Sveinsson, le premier, amiral, le second, évêque. Tous deux demandèrentau Seigneur et obtinrent la grâce de mourir en Palestine et celle d’être enterrés dans le sanctuaire du Pater-Noster, qui fut restauré plus tard, du prix desaumônes qu'ils avaient laissées.

Après la prise de Jérusalem par Saladin, cette église fut renversée, mais ses ruines de plus en plus effacées, il est vrai, ont été signalées presque jusqu’à nos jours par un grand nombre de pèlerins.

En octobre 1856, la princesse de la Tour d’Auvergne étant alors en pèlerinage à Jérusalem, et visitant avec M. de Barrère, consul général de France dans cette ville, les principaux sanctuaires qu’elle renferme, gravit avec lui la montagne des Oliviers. Parvenue au lieu appelé le Pater-Noster, elle se tourna vers le drogman du consul, Hanna Carlo et, poussée par une inspiration soudaine, elle luidit : « Serait-il possible d’a-

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