‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 164 sur 179 · LES CARMÉLITES DU PATER-NOSTER · texte numérisé non relu

LES CARMÉLITES DU PATER-NOSTER

voir jamais cetendroit ? » Le drogman ne lui répondit que par son silence, tant la chose lui paraissait impossible à réaliser. Peu de temps après, la princesse retourna en France pour revenir quelques mois plus tard à Jérusalemet y poursuivrel’exécution de son projet. Dix ans durant, Hanna Carlo, à sa demande et en son nom, acheta morceau par morceau ce terrain précieux qui était depuis des siècles dans les mains deplusieurs famil- les arabes. La princesse, une fois en possession de ce qu’elle avait tant convoité, le donna généreusement à la France qui eut ainsi un sanctuaire de plus à Jérusalem ; en même temps, elle s’établitsur la montagne des Oliviers dans un chalet qu’elle se fit bâtir pour surveiller de plus près les travaux qu’elle méditait. Ce fut là qu'en 1872 elle reçut la visite de deux religieuses carmélites qui revenaient de Cochinchine et qui lui demandèrent la permission de se fixer au lieu où Notre- Seigneur avait enseigné l’Oraison Dominicale. La princesse n'avait alors nullement l'intention de créer un Carmel en Terre Sainte; mais, cédant aux instances de ces deux religieuses, elle crut reconnaître dans leur demande une inspiration du ciel et elle chercha aussitôt à la réaliser. Pour cela, il lui fallait des ressources considérables qu’elle n'avait point en ce moment, ainsi que l'autorisation du Souverain Pontife, de la congrégation de la Propagande et du Patriarche de Jérusalem. A force de voyages et de négociations diverses, elle finit avec le temps par les obtenir, et ce ne fut qu'en 1873 que les travaux furent poussés avec activité. Ceux . de l’église furent confiés à un habile architecte, le capitaine Guillemot, qui les termina en 1875. Élégante et gracieuse, cette chapelle est surmontée d’un dôme. Un jour doux et bleuâtre, dû à la couleur des vitraux dont elle est ornée et qui communique cette teinte aux rayons lumineux qui la traversent, y prète par . son ton vaporeux à la méditation et à la prière. On y remarque trois statues représentant le Sacré Cœur de

Jésus, Notre-Dame de Lourdes et saint Joseph, et six tableaux dont quatre ont été peints par la princesse ; ce sont : Jésus enseignant le Pater à ses apôtres, l’Immaculée Conception, saint Louis, roi de France, et sainte Aurélie, patronne de la duchesse de la Tour d'Auvergne.

Quant au nouveau cloître du Pater-Noster, il est antérieur à la chapelle, car il date de 1868, et fait également honneur à l'architecte qui l’a bâti, M. Lecomte. En fouillant le sol qu’il devait occuper, on a trouvé une grande quantité de fragments de tombes et, en parliculier, ceux de deux tombes jumelles regardées comme celles des deux princes danois Sveinsson, et un cercueil qui passe pour être celui de sainte Mélanie. On a exhumé pareillement de nombreux débris de mosaïques, de marbres sculptés et beaucoup de médailles de différentes époques, qui attestent les révolutions successives que ce lieu a subies.

Le monument moderne dans lequel nous allons maintenant pénétrer a été conçu sur le plan réduit. du Campo-Sancto de Pise. C’est un parallélogramme de 30 mètres de long sur 20 de large. Ici, j emprunte

les détails suivants à la brochure de M. Alfred Mon-.

brun, intitulée: Le Carmel et le sanctuaire du Pater- Noster, à Jérusalem, p. 105.

« La partie longue du cloître, à droite et à gauche, « est divisée en 9 travées; celle deface en a 5 seulement. « Chaque travée possède une ouverture géminée repo- « sant sur une base pleine à hauteur d’appui. Le trèfle, « ornement de toutes les rosaces de nos vieilles cathé-

« drales ogivales, apparaît dans l’arc supérieur ; le fond.

« est orné de 32 panneaux composés d'environ quatre- « vingts plaques de porcelaine de 20 centimètres carrés « qui, réunies ensemble, forment un tableau. Chaque « cadre contient dans une langue différente le Pater peint « sur porcelaine ;les lettres sont en bleu foncé sur fond « gris clair. Ces langues sont à partir dela porte d’en-

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