‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 166 sur 179 · LES SOEURS DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

LES SOEURS DU ROSAIRE

renferme une quinzaine de religieuses qui prientnuit et Jour pour le.triomphe de la religion et pour la prospérité de la France’ sur la montagne même où les deux plus augustes prières que répète le genre humain tout entier ont été formulées aux hommes, l’une par le Christ lui-même, l’autre par ses apôtres.

Un second couvent de Carmélites a été fondé quelques années plus tard près de Bethléhem, ainsi qu’un magnifique monastère voisin destiné aux Pères de Bétharam ou Pères du Sacré-Cœur; mais je n’ai point à en parler ici, non plus que des autres établissements religieux de cette célèbre bourgade. Qu'il me suffise de déposer, en passant, mes regrets les plus sincères et les plus profonds sur la tombe où dort déjà Mn de Saint-Crick d’Artigau, la pieuse fondatrice de ces deux couvents, qui a succombé, jeune encore, avant d’avoir pu achever en Palestine les diverses œuvres qu’elle avait entreprises avec une munificence qui n’avait d’égale que ses rares vertus.

Les Sœurs du Rosaire.

M. l’abbé Legrand, missionnaire du patriarcat latin de Jérusalem, a publié, en 1887, sur les sœurs du Rosaire, nouvellement établies dans la Cité Sainte, un article fort intéressant d’où je vais extraire quelques détails. J’ai d’ailleurs visité moi-même cette congrégation, en 1884, peu d'années après sa fondation; je l’ai revue ensuite déjà florissante dans sa pauvreté même, en 1888. C’est M. le chanoine Tannous, né à Nazareth et élevé par M# Valerga à la dignité de chancelier du patriarcat latin, auquel revient le mérite de l'avoir fondée. Cet ecclésiastique arabe, aussi zélé qu'intelligent, établit d’abord à Jérusalem la con-

frérie des Mères chrétiennes, qui fut affiliée à l’archiconfrérie de Paris, due à l'initiative du Révérend Père

Théodore Ratisbonne ; il y établit également la confrérie des Enfants de Marie.

En 1878, plusieurs jeunes filles appartenant à cette dernière confrérie eurent la pensée de créer une congrégation indigène dans la Ville Sainte, et, sans se laisser décourager par les obstacles de toute nature qu’elles rencontrèrent, elles mirent en commun leur petit avoir, pleines de confiance dans la divine Providence. Mer Bracco se plut à favoriser les premiers commencements de la communauté naissante, qui fut confiée aux soins de M. l’abbé Tannous. son chancelier. Celui-ci, faute de ressources suffisantes, a dû se contenter d’abord d’un humble local et, le 24 juillet 1880, la nouvelle maison s’ouvrit sous le patronage de Notre-Dame du Rosaire. Nulle famille religieuse n'existait encore, en effet, sous ce vocable. Il semblait donc qu’il y avait une place vide à Jérusalem dans cette couronne de vierges qui, à la suite de Marie, seront présentées au Divin Epoux. Le 15 septembre 1881, Ms Bracco imposa lui-même le voile aux jeunes filles indigènes qui avaient voulu se consacrer à Dieu sous les auspices de Marie. La congrégation du Rosaire ne comptait, à ses débuts, que huit membres. Depuis 188%, Me le patriarche a institué un noviciat régulier, et dix nouvelles sœurs ont été admises à prononcer leurs vœux. Actuellement, le Rosaire compte 22 religieuses, dont 19 professes. Elles dirigent sept écoles et trois autres en projet les attendent avec impatience. Les obstacles provenant de la langue, du climat et des habitudes du pays, obstacles qui pourraient arrêter d’autres congrégations religieuses, n'existent pas pour les sœurs du Rosaire. Accoutumées au régime de la contrée, elles acceptent, en fait de local, de nourriture et de ressources, ce qui serait insuffisant à d’au= tres. Aussi M£ le patriarche leur a-t-1l déjà confié les sept écoles suivantes : 1° celle de Naplouse; 2 celle de Zababdeh, en 1882 ; 3° celle de Birket, en 1885 ;

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