‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 167 sur 179 · LES SOEURS DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

LES SOEURS DU ROSAIRE

4° celle Jaffa en Galilée, à une demi-heure de Nazareth, également en 1885; 5° celle de Beth-Sahour, en 1886 ; 6° celle du Salt, l’ancienne Ramoth-Galaad, au delà du Jourdain ; 7° enfin, celle de Feheis, trois heures plus loin que le Salt, en 1887: Dans chacune de ces missions, dont quelques-unes sont très pénibles, et où elles doivent être deux pour se prêter un mutuel appui. elles sont le véritable bras droit du missionnaire qui en est chargé. Elles ont soin, en effet, de l'enfance, des asiles, des malades et du linge de lPéglise. Elles récitent publiquement, en entier, tous les jours, le rosaire ; le premier chapelet à l’église, après la messe, le deuxième à l'école, vers midi, le troisième à l’église, le soir. Une partie de la population chrétienne assiste ordinairement à cette récitation. Les ressources annuelles du Rosaire sont: 1° une allocation de 1200 francs donnée par le gouvernement français ; 2° le traitement de huit maîtresses, à 300 francs chacune, fait par Mer le patriarche, soit 2.400 ; 3° une allocation de 500 francs provenant de l’œuvre des écoles d'Orient ; 4° un don annuel de 141.000 francs accordé par l’œuvre du Saint-Sépulcre, établie à Cologne, soit en tout 5.100 francs, auxquels le fondateur du Rosaire ajoute généreusement ses honoraires de messes. C’est avec cette faible somme qu'il faut faire face à de nombreuses dépenses. Il s’agit, en effet, pour lemoment, d'acheter un terrain, afin d’y éleverle noviciat ainsi que l’église de Notre-Dame du Rosaire. Ce terrain a été choisi en dehors de la ville, près de la piscine supérieure, appelée Birket-Mamillah, à côté de laquelle le prophète Isaïe prononça jadis, devant le roi Achaz, la principale de ses prophéties, celle où il est dit que le Messie naîtra d’une Vierge. C’est dans un pareil endroit, consacré par un tel souvenir, que le chanoine Tannous a conçu le projet de construire le couvent et l’église du Rosaire, et pour l’accomplissement de cette grande œuvre il fait appel à l'appui du gouvernement français

et de toutes les âmes charitables qui s'intéressent à la Terre Sainte.

Les Filles dela Charite ou de Saint- Vincent-de- Paul.

Les Filles de la Charité ou de Saint-Vincent-de-Paul se sont établies depuis longtemps en Égypte et en Syrie, où elles ont des maisons très os b He dont j'ai signalé plusieurs fois et ailleurs les immenses bienfaits ; mais elles n'avaient encore fondé aucune maison en Palestine, sans doute, pour ne pas nuire au développement des autres congrégations religieuses de femmes créées dans ce pays. Comme la population de Jérusalem s’est singulièrement augmentée dans les dernières années qui viennent de s’écouler, et que les établissements religieux des schismatiques, des protestants et des juifs, se sont beaucoup accrus, il y a place maintenant pour d’autres dévoüments que ceux des premières communautés religieuses françaises qui se sont fondées dans la Ville Sainte. Il est nécessaire aussi de’ réagir par des œuvres nouvelles contre l'influence toujours croissante des adversaires du catholicisme. L'arrivée des Filles de la Charité à Jérusalem, le 3 mai 1886, a donc été saluée par toute la population catholique de cette ville comme un événement des plus heureux. Installées d’abord, au nombre de cinq, dans une petite maison située au milieu du quartier arménien, elles recevaient quelques pauvres dans une sorte de cave humide servant de dispensaire. Leurs ressources étant très modiques, force était d'aller doucement. Elles se sont donc bornées. dans le principe, à la visite des malades à domicile et aux soins donnés au dispensaire, avec distribution de remèdes. Peu de jours suffirent pour faire connaître à tous, et principalement aux Tures, ce qu'était la charité chrétienne. Les visites à domicile, suivies parfois de guérisons inespérées, firent naître parmi les familles secourues une telle confiance que bientôt le nombre des

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