‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 172 sur 179 · LES COUVENTS GRECS ET ARMÉNIENS · texte numérisé non relu

LES COUVENTS GRECS ET ARMÉNIENS

us entre dix couvents, ayant chacun une ou plusieurs chapelles. Le plus important de ces monastères est celui de Saint-Constantin, résidence du patriarche grec et adossé, d’un côté, à la basilique du Saint-Sépulcre. Il occupe unepartie de l’ancien patriareat latin. Les Grecs possèdent aussi à Jérusalem trois couvents de religieuses non cloitrées. Dans plusieurs de leurs écoles, on enseigne les éléments du grec, de l'arabe, et mème du français. Ils ont un hôpital bien tenu, qui renferme 40 lits. A une demi-heure à l’ouest de Jérusalem, le couvent de Sainte-Croix appartient également aux Grecs el mérite de ma part une mention particulière. Par ses murs hauts et épais, flanqués de contreforts, il offre, comme presque tous les monastères de la Palestine, l’aspect d’une forteresse plutôt que celle d’un couvent. Sa forme est celle d’un carré peu régulier, audessus duquel s'élève la coupole centrale de léglise. Celle-ci est curieuse à étudier, tant à cause de son ancienneté que des peintures à fresque dont ses murs sont revêtus et des belles mosaïques qui composentson pavé. Derrière le maître-autel, une ouverture circulaire indique l'endroit où, d’après une tradition, aurait été jadis planté l'arbre quiservit à faire la croix de Notre-Seigneur ; de là serait venu le nom du monastère. La bibliothèque de ce couvent est l’une des mieux pourvues de la Palestine, depuis qu'il a passé des mains des Géorgiens dans celles des Grecs, qui l'ont transformé en un séminaire, aujourd'hui, dit-on, fermé.

Les Arméniens non unis ne dépassent pas à Jérusalem le chiffre de 510 individus. Néanmoins, ils sont fort riches et ils habitent, sur le mont Sion, l’un des plus beaux quartiers de la ville. Ils ont également à leur tête un patriarche qu’assistent quatre évêques. Ils possèdentun collège, un séminaire, un grand couvent, dit couvent de Saint-Jacques, plusieurs autres moins considérables, soit d'hommes, soit de femmes, une imprimerie très bien montée, et un hospice pour les pèlerins

de leur rite. Leur cathédrale date, suivant eux, du xr siècle, maiselle a subi des restaurations modernes. Elle est à trois nefs et à coupole. Ornée de peintures, de mosaïques, de marbres divers etde nombreux tapis, elle estentretenue avec beaucoup de soin. On y montre, dans une chapelle, l'endroit où saint Jacques le Majeur aurait eu la tête tranchée, par ordre d'Hérode Agrippa, après son retour d'Espagne où il aurait été porter la lumière de l'Evangile. Dans le chœur, on remarqué deux trônes, l’un vide, consacré à la mémoire de ce grand apôtre, l’autre où siège le patriarche arménien. Les Arméniens sont, comme on le sait, monophysites, c’està-dire qu'ils n’admettent qu'une nature en Jésus-Christ, la nature divine, doctrine qui a étécondamnée, en 451, au concile de Chalcédoine, dans la personne d’Eutychès.

Les Jacobites, ou Syriens non unis, de la secte pareillement des monophysites, sont seulement au nombre de 15. La chapelle de leur petit couvent passe pour avoir été bâtie sur l’emplacement de la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, dans laquelle saint Pierre se réfugia. (Actes des Apôlres, ch. xu, v. 12.) Un tableau de cette chapelle, qui est petite à une seule nef, représente une vierge noire avec l’enfant Jésus et est attribué à saint Luc. Les fonts baptismaux ysont regardés comme ceux où la Sainte Vierge elle-même aurait été baptisée, du moins telle est la tradition des Syriens.

Les Cophtes non unis, au nombre de 100, logent dans deux couvents, lun voisin de la basilique du Saint- Sépulcre, l’autre situé près du Birket-Hammam-el-

Batrak.

Les Abyssins, dont le chiffre atteint à peine celui de », sont très pauvres et habitent quelques misérables cellules qui entourent la petite coupole de la chapelle souterraine de Sainte-Hélène. |

Les protestants, à Jérusalem, comptent 300 adeptes. Grâce aux secours intarissables de la société biblique, la mission protestante anglaise et prussienne, fondée

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