LES ÉTABLISSEMENTS PROTESTANTS ET JUIFS
dans cette ville en 1840, y a créé beaucoup d’établissements : un évêché, entretenu aux frais communs de l'Angleterre et de la Prusse, et dontle titulaire doit être alternativement nommé par luneetpar l’autre puissance; un temple élégant et bien construit, qui s'élève en face de la tour de David, sur le mont Sion; un autre temple bâti pour les indigènes chrétiens convertis au protestantisme ; un hôpital pour les Juifs, un autre pour les chrétiens indigènes, un troisième pourles lépreux; deux orphelinats de garçons, un orphelinat de filles, deux écoles ; une assez grande bibliothèque et un hospice, de ordre des Johannites, pour la réception des pèlerins prussiens. De même que le consul de France seconde officiellement le développement des établissements latins et que le consul de Russie patronne ceux des Grecs et spécialement des Russes, ainsi les consuls de Prusse et d'Angleterre rivalisent également de zèle pour propager les-efforts et les accroissements de La mission protestante.
Les Juifs, qui, il y a vingt ans à peine, ne dépassaient pas, à Jérusalem, le chiffre de 9.000 individus, atteignent maintenant, soit dans cette ville, soit dans les faubourgs qui la précèdent vers l’ouest, celui de 28.000. Ceux qui habitent l’enceinte de la cité y sont entassés dans des maisons pressées les unes contre les autres, sur les pentes orientales du mont Sion et dans la vallée du Tyropæon. Leur quartier, sillonné par des rues sales et étroites, est fort mal tenu. Aussi la mortalité est-elle très grande parmi eux, d'autant plus qu’ils reçoivent presque chaque année de nouvelles recrues de vieillards des deux sexes, leurs coreligionnaires d'Europe, qui, après avoir quelquefois promené longtemps leur vie errante à travers le monde, viennent à Jérusalem, vers la fin de leur carrière, pour y mourir et être enterrés près de leurs pères, dans la vallée de Josaphat. | |
Ils sont divisés en plusieurs sectes, dont les princi-
pales sont les Séphardim, les Achkenazim et les Karaïtes.
Les Séphardim se rattachent, par leur origine, aux Juifs chassés d Espagne, en 1497, par Ferdinand et Isabelle.
Les Achkenazim se composent d’Israélites allemands, russes et polonais.
Les Karaïtes rejettent le Talmud et se contentent de l’Ancien Testament.
Les Juifs ont, dans la ville, plusieurs grandes synagogues. L'une des plus considérables consiste en une belle salle surmontée d’un dôme et éclairée par de nombreux lustres. Elle forme une grande nef accompagnée de deux nefs latérales et au centre de laquelle une estrade circulaire est réservée aux rabbins et aux lecteurs. Letabernacle regarde l’est. Les Israélites chantent le sujet de leurs lectures en se dandinant de droite à gauche et de bas en haut. Les plus riches se eouvrent, pendant leurs prières, d’un vêtement orné de broderies en argent, et sur le sommet du front ils portent, dans une Sonte de petit étui, le nom ineffable de l'Éternel, écrit en caractères hébraïques. Des tribunes supérieures et grillées sont destinées aux femmes.
Tant dans la ville que hors de son enceinte, les Juifs possèdent, grâce surtout aux hibéralités de MM. de Rothschild, de sir Moses Montefiore et de plusieurs autres banquiers de leur nation, deux hôpitaux, deux hospices et de nombreuses écoles de filles et de garçons, Celle qui est située dans le faubourg qui, vers l’ouest, précède la ville, est lune des plus florissantes. On y enseigne l’hébreu, l'arabe et le français. On y apprend en même temps à tous les enfants qui la fréquentent un métier particulier, selon leurs aptitudes diverses, ce quileur permettra plus tard de gagner par leur travail honorablement leur vie.
Les musulmans, enfin, évalués à 7.560 individus, ont à Jérusalem, indépendamment te magnifiques mosquées d’Omar et d’'EI-Aksa, une dizaine d’autres moins