ESDRAS. — NÉHÉMIE
Depuis ce moment jusqu'à l’année 458, l’histoire se tait sur Jérusalem ; mais cette année-là, qui était la septième d'Artaxercès-Longuemain, le docteur de la loi, Esdras, obtint de ce prince un édit favorable pour conduire une nouvelle colonie à Jérusalem. A peine arrivé dans cette ville, avec de nombreux exilés, Esdras apprit que beaucoup de Juifs avaient contracté des alliances illicites avec des femmes païennes et étrangères, et il excita vivement ses coreligionnaires à rompre ces unions coupables.
Quelques années plus tard, en 445, Néhémie, échanson à la cour d’Artaxercès, ayant été informé du triste état dans lequel se trouvait la communauté juive à Jérusalem, forma le projet de voler au secours de ses frères. Artaxercès, témoin de sa douleur, lui accorda la permission de se rendre à Jérusalem et lui donna des lettres pour les gouverneurs des provinces.
Néhémie s’empressa d’abord de relever Les remparts de la ville et partagea cette importante entreprise entre les principaux chefs de la colonie. Malgré les menaces et les périls même qui souvent empèchaient les ouvriers de travailler et qui les forçaient de manier d’une main l’épée et de l’autre les instruments dont ils avaient besoin, cette œuvre considérable fut en peu de temps menée à bonne fin. Dans une fête imposante, Esdras lut ensuite le livre de la loi et en interpréta le sens devant les prêtres et les lévites. A cette cérémonie succéda celle de la fête des Tabernacles, qui fut célébrée avec une pompe inaccoutumée; puis le peuple se livra à une pénilence générale et renouvela son alliance avec l'Éternel. Enfin, une autre grande cérémonie religieuse accompagna la dédicace des murs de Jérusalem.
Néhémie réprima ensuite toutes les violations de la loi, telles que le travail, les ventes et les achats le jour du sabbat, ainsi que les mariages avec des femmes étrangères.
La trente-deuxième année du règne d’Artaxercès
(433 ans avant J.-C.), Néhémie revint auprès du roi; mais instruit bientôt des graves désordres qui avaient suivi son départ, il demanda à retourner à Jérusalem. A peine arrivé dans cette ville, il y corrigea les abus qui lui avaient été signalés et veilla à l'observation de la loi.
Sous le règne d’Artaxercès-Mnémon, un fratricide abominable souilla et ensanglanta le temple de Jérusalem (366 avant J.-C.). Le grand-prêtre Johanan avait un frère nommé Josué, qui aspirait à le supplanter dans ses fonctions sacerdotales. Gräce à la protection de Basose, général persan et gouverneur de Syrie, il le tua dans le temple même, à la suite d’une querelle survenue entre les deux frères. Pour punir ce crime, Bagose, qui ne pouvait rien contre la personne même de Johanan, condamna les Juifs à une amende de cinquante drachmes pour chacune des victimes qui, chaque Jour, étaient immolées sur l’autel des holocaustes.
Johanan, appelé également Jonathan, eut pour successeur, au suprème ponuûficat, son fils Taddoua ou Jaddous. Celui-ci avait pour frère un nommé Manassé, qui avait épousé Nichaso, fille du cuthéen Sanaballète, satrape de Darius Codoman, dans la Samarie. Forcé ou de renoncer à sa femme, comme étrangère,'ou d’abdiquer ses droits au souverain pontificat, Manassé, à l'instigation de son beau-père, embrassa avidement le projet, que lui suggéra celui-ci, de bâtir, sur le mont Garizim, un temple rival de celui de Jérusalem, dont il deviendrait le grand-prêtre, et c’est ainsi qu'il fonda le culte samaritain.