‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 29 sur 179 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DEPUIS LA CONQUÊTE GRÉCO-MACÉDONIENNE JUSQU’AU SOULÈVEMENT DES MACCHABÉES

Après laconquèête de Tyr (332 avant J.-C.), Alexandre se rendit bientôt maître de toute la Palestine. Pendant ce siège mémorable, 1l avait envoyé une lettre au grand-prêtre des Juifs pour lui demander des secours; mais laddoua refusa noblement de violer le serment qu'il avait prêté à Darius Codoman. Le satrape de Samarie, au contraire, fit sa soumission au conquérant macédonien, lui amena huit mille hommes, et obtint, en retour, la permission de construire un temple sur le mont Garizim. Maître de Tyr, puis de (Gaza, Alexandre, avant de se diriger vers l'Égypte, marcha contre Jérusalem, pour la punir d’avoir osé résister à sa volonté. Mais la vue du grand- prêtre, revêtu de ses ornements pontificaux, et accompagné des prêtres et des lévites, fit sur lui une telle impression, au moment même où il touchait à la ville sainte, qu'il s’inclina avec respect devant Iaddoua qui s’avançait majestueusement vers lui. Il alla sacrifier avec le pontife dans le temple, et accorda aux Juifs l’'exemption des impôts pendant l’année sabbatique. C’est ainsi que Jérusalem, avec toute la Palestine, après avoir été pendant deux siècles soumise aux Persans, tomba sous la domination macédonienne.

Alexandre ayant été emporté par une mort prématurée (323 avant J.-C.), comme il se disposait à achever

la conquête du monde, ses principaux généraux célébrèrent ses funérailles par des guerres sanglantes en se partageant les membres de son vaste empire. Ptolémée Lagus, surnommé Sôter, s'empara de l'Egypte et de la Syrie. Il se rendit par la ruse maître de Jérusalem en pénétrant dans cette ville un jour de sabbat, sous prétexte de vouloir y sacrifier. Il la traita avec beaucoup de cruauté, et un grand nombré de Juifs furent transportés en Égypte; d’autres, plus tard, y émigrèrent d'eux-mêmes, attirés par la fertilité du sol et par les avantages qui leur étaient promis.

= Ptolémée Philadelphe, qui succéda à Ptolémée Sôter dans le gouvernement de l'Égypte, forma le projet de faire traduire les livres saints des Juifs. Dans ce but, 1l envoya une députation avec de riches présents pour le temple au grand-prètre Eléazar, frère et successeur de Simon le Juste qui, d’après un passage de l’£cclésiastique (ch. 1. v. 1 et 2), avait exécuté des travaux de consolidation et d’embellissement dans le temple.

Conformément aux désirs exprimés par Ptolémée Philadelphe, Eléazar envoya à Alexandre soixantedouze vieillards versés dans la science de la loi judaïque et chargés de traduire les livres saints en grec. Ptolémée les accueillit avec le plus grand empressement et une extrême bienveillance et les installa dans de magnifiques demeures. C’est là qu’en soixante-douze jours ils achevèrent, en se partageant la tâche, la traduction du Pentateuque, dite vulgairement version des Septante, nom qui s’étendit ensuite à la version grecque de tout l'Ancien Testament.

Ptolémée récompensa généreusement les soixantedouze interprètes etles renvoya dans leur pays avec de riches présents pour eux-mêmes, pour le grand-prêtre et pour le temple.

À cette même époque, florissait en Judée Antigonus de Socho, disciple de Simon le Juste, dont on a conservé la maxime favorite qu’il faut pratiquer le bien

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