‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 30 sur 179 · PTOLÉMÉE ÉVERGÈTES. — ANTIOCHUS III · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE ÉVERGÈTES. — ANTIOCHUS III

pour lui-même et non pour en être récompensé. Cette doctrine, mal interprétée par deux de ses disciples, Sadoc et Baïthos, les porta à nier les peines et les récompenses de l’autre vie, et ce fut là l’origine de la secte des Sadducéens.

Après la mort d'Éléazar, frère de Simon le Juste, Manassé, fils de Iaddoua et oncle de Simon et d'Éléazar, fut revêtu du suprème pontilicat, son petit- neveu Onias, fils de Simon, étant trop jeune pour gérer de pareilles fonctions.

En 246 avant J.-C.. Ptolémée Philadelphe eut pour successeur son fils Ptolémée Évergètes qui, en pas sant à Jérusalem, y offrit des sacrifices dans le temple. Plus tard, le grand-prêtre Onias IL, fils de Simon le Juste, refusa de payer à ce souverain le tribut annuel de vingt talents auquel il était assujetti. Ptolémée Évérgètes menaça alors de s'emparer de la Judée. Pour détour ner l’orage qui allait fondre sur Jérusalem et sur toute la contrée, Joseph, fils de la sœur d'Onias,

engagea son oncle à se rendre en Égypte, afin d’ apaiser la colère du roi. Sur son refus, 1l y alla lui-même, après avoir recueilli pr éalablement l’argent nécessaire pour payer à Ptolémée Évergètes la somme qui lui était due. Puis il prit à ferme les impôts de la Phénicie, de la Cœlésyrie, de la Samarie et de la Judée, en promettant au roi d'Egypte le double de ce que s’engageaient à lui payer d’autres fermiers des provinces. Il occupa pendant vingt-deux ans ce poste important et lucratif.

Après la mort de Ptolémée Évergètes, empoisonné, dit-on, l’an 221 avant J.-C., par son fils Ptolémée Philopator, Antiochus IIT, roi de Syrie, surnommé le Grand, entreprit la conquête de la Palestine; mais, en 217, 1l fut vaincu, près de Raphia, par les Égyptiens et obligé de signer un traité de paix avec Ptolémée Philopator, qui entra en possession de toutes les provinces conquises par Antiochus. De nouvelles luttes

éclatèrent ensuite entre Antiochus, d'un côté, et Ptolémée Philopator, de l’autre.

La Palestine eut beaucoup à souffrir de ces guerres incessantes, setrouvant elle-même placée’ enttoles deux combattants. Aussi, l'historien Josèphe la compare-t-il alors à un navire ballotté en tous sens par la tempête.

L'an 203 avant J.-C., Jérusalem tomba au pouvoir d’Antiochus.

En 199 avant J.-C., elle fut reprise par Scopas, général égyptien, qui commandait l’armée de Ptolémée Épiphanes, successeur de Ptolémée Philopator. Ge général laissa, en se retirant, une garnison dans Ja citadelle, mais bientôt Antiochus (198 avant J.-C.) triompha de Scopas, non loin des sources du Jourdain. Les Juifs alors se soumirent aux vainqueurs, Padmirent dans leur ville, fournirent des vivres à ses troupes et à ses éléphants, et l’aidèrent à chasser la garnison égyptienne qui occupait la citadelle du mont Sion. En reconnaissance de ce service. Antiochus accorda aux Juifs divers privilèges, comme le témoignent plusieurs décrets de ce prince, reproduits par Josèphe.

En 193 avant J.-C, Antiochus fit la paix avec Ptolémée Philopator et lui donna sa fille Cléopâtre en mariage, avec la Cœlésyrie, la Phénicie, la Samarie et la Judée pour dot.

En 187 avant J.-C., Antiochus le Grand eut pour successeur son fils Séleucus Philopator. Quelque temps après, Onias IT mourut, laissant le suprême pontificat à simon If. Celui-ci eut lui-même pour successeur Onias IT, son fils, à qui Areios, roi des Lacédémoniens, envoya une ambassade et des lettres.

Séleucus, pour payer aux Romains le tribut annuel de mille talents, auquel son père, Antiochus, avait été condamné, ordonna à son premier ministre, Héliodore, d'aller puiser cette somme dans letrésor du temple à Jérusalem. Nous lisons, à ce sujet, dans le II: livre des Macchabées (ch.im), qu'au moment où Héliodore se dis-

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posait, avec ses gardes, à forcer la porte du trésor, il fut terrassé tout à coup par un cavalier céleste qui fondit sur lui, et frappé de verges par deux autres anges qui le laissèrent étendu sur le sol et à demi mort. Le grandprêtre, pensant que le roi pourrait peut-être soupçonner les Juifs d'avoir commis quelque attentat contre Héliodiore, offrit pour sa guérison une hostie salutaire.

Des compétitions sanglantes, à propos du pontificat suprème, éclatèrent ensuite à Jérusalem, et y jetèrent le désordre et le trouble.

L’an 170 avant J.-C., cette mème ville fut pillée et remplie de massacres par Antiochus Épiphanes, successeur de Séleucus, à son retour d’une expédition en Égypte. Deux ans après, ce prince envoya à Jérusalem un surintendant des tributs, qui vint avec une grande suite. D'abord, il affecta une douceur feinte, puis il attaqua les habitants et en fit un grand carnage. Après avoir pillé la ville, il la livra à l’incendie et en détruisit les maisons et les remparts. Ensuite, il fortifia la Cité de David et en fit sa citadelle. (WMacchabées, I. F, ch. 1.)

Dans le IT° livre des Macchabées (ch. v), nous lisons le récit des sinistres prodiges qui s’étaient accomplis à Jérusalem et avaient semblé présager les désastres effrayants que la ville subit dans cette circonstance. On vit pendant quarante jours des cavaliers qui couraient en l’air, habillés de drap d’or et armés de lances, des chevaux rangés par escadrons qui s’élançaient les uns contre les autres, des combats de main à main, des boucliers s’entrechoquant, des dards lancés et une mulütude de gens armés de casques et d’épées nues.

Si nous interrogeons maintenant Josèphe sur les mêmes faits, 1l nous offre quelques détails un peu différents.

Antiochus tente une expédition contre l'Égypte, où les Romains l’empêchent de poursuivre ses succès et de s'emparer du trône de Ptolémée Philométor. À son retour d'Égypte, il marche contre Jérusalem et s’em-

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pare de cette place, dont les partisans de sa faction lui ouvrent les portes. Maître de la ville, 1l y tue un grand nombre d'habitants et en emporte une forte ane d'argent, avant de reprendre le chemin d’Antioche. Deux mois après, 1l envahit de nouveau Jérusalem avec une puissante armée, et, feignant de venir avec des intentions amicales, 1l traite avec cruauté ceux-mêmes qui l'avaient accueilli avec empressement, pille le temple et emmène avec lui dix mille captifs, hommes, femmes et enfants. Il incendie ensuite les plus beaux édifices de la cité et fonde une citadelle dans la ville basse, et non dans la ville de David, c’est-à-dire dans la ville haute, comme le dit le livre des Macchabees “AP CHAl.)

35. « Et ædificaverunt Civitatem David muro magno et firmo et turribus firmis, et facta est 1llis in arcem. »

Il construit ensuite un autre autel sur les ruines de l’ancien et y sacrifie des pourceaux; enfin, il contraint les Juifs à abandonner le culte du vrai Dieu Gi livrer à l’idolâtrie.

Comme laffirme Josèphe, c’est donc dans la ville basse, près du temple, qu'Antiochus bâtit une citadelle, et non dans la Cité de David, ainsi que cela semble ressortir du passage précédent du [* livre des Macchabées. On pourrait également supposer que ce verset s'applique d’une manière plus étendue à la ville basse elle-même, ou, en d’autres termes, à la partie inférieure du mont Sion. Le mont Sion, en effet, est divisé par un ravin en deux parties, lune supérieure, l’autre inférieure ; maisices deux parties peuvent être considérées comme appartenant à la même montagne; la partie supérieure étant, à proprement parler, la Cité de David, et la partie inférieure pouvant être regardée comme l’'Acra de Josèphe, à l'extrémité nord-est de laquelle doit avoir été bâtie la citadelle d’Antiochus.

Alors commence en Judée, et notamment à Jérusalem, une persécution des plus cruelles contre tous ceux

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