‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 32 sur 179 · DEPUIS LE SOULÈVEMENT DES MACCHABÉES JUSQU'A LA CONQUÊTE ROMAINE · texte numérisé non relu

DEPUIS LE SOULÈVEMENT DES MACCHABÉES JUSQU'A LA CONQUÊTE ROMAINE

À cette même époque (167 avant J.-C.), un autre héroïque vieillard, voyant sa nation sur le point de succomber, entreprend de la relever les armes à la main. Avecses cinq fils, Jean, surnommé Gaddis, Simon, appelé également Thasi, Juda, surnommé Macchabée, surnom qui répond en hébreu à celui de Martel en français, Eléazar, surnommé Abaron, et Jonathan, surnommé Apphus, il ose s’insurger ouvertement contre toute la puissance d’Antiochus. J'ai nommé Mathathias, arrièrepetit-fils d'Asmon; de là le nom d’Asmonéens donné à ses fils et à ses descendants. Pressé par les ministres de ce roi impie et sanguinaire d’obéir aux ordres du tyran, 1l répond fièrement : « Quand bien même toutes les nations se soumettraient à Antiochus et consentiraient, pour lui plaire, à abandonner la loi de leurs pères, moi, mes fils et mes frères, nous resterons toujours fidèles à la foi de nos aïeux. » Un Juif ayant eu la lâcheté, à Modin, de sacrifier sur un autel, Mathathias, originaire de cette ville, tue ce Juif apostat, renverse l'autel et massacre l’envoyé d’Antiochus; puis, avec ses fils et beaucoup d’autres de ses compatriotes, il s'enfuit dans les montagnes.

Cependant, la garnison laissée par Antiochus à Jérusalem, dans la forteresse dont j'ai parlé, va, un jour de Sabbat, attaquer des Juifs qui s’étaient réfugiés dans

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le désert. Ceux-ci, au lieu de se défendre, se laissent impunément égorger au nombre de mille, avec leurs femmes et leurs enfants, pour ne pas transgresser le repos du jour du sabbat, en s’écriant tous : « Mourons dans notre simplicité; le ciel et la terre nous sont témoins qu’on nous fait périr injustement. »

Mathathias et ses partisans prennent alors la résolution de combattre, même les jours de sabbat, si on les attaquait.

L'année suivante, 166 avant J.-C, la Judée a à déplorer la mort de ce généreux vieillard qui, avant de rendre le dernier soupir, encourage et bénit ses fils, en désignant Juda Macchabée pour le remplacer dans le commandement des troupes, comme étant le plus brave de tous ses fils.

Je n'ai point à raconter en détails cette lutte gigantesque d’une poignée d'hommes, dirigés par un héros, contre des troupes sans cesse renaissantes. En elfet, c’est l’histoire seule de Jérusalem que je dois 1c1 résumer brièvement. Néanmoins, les destinées de cette ville dépendant complètement de l’issue d’une pareille lutte, je me contenterai de rappeler sommairement qu'après plusieurs victoires remportées coup sur coup par cet intrépide guerrier contre plusieurs des meilleurs généraux d’Antiochus, il monta à Jérusalem, dont, l’an 164 avant J.-C., il s’'empara, à l’exception de la forteresse, purifia le temple et Les parvis, rétablit l'autel des holocaustes, y offrit des sacrifices et environna l’enceinte sacrée de hautes murailles pour s’opposer à la citadelle qu'occupaient les ennemis.

Josèphe, en racontant le même fait, au lieu de se borner à nous apprendre que Juda releva l'enceinte extérieure du temple, c’est-à-dire du Moriah tout entier, affirme qu'il reconstruisit également les remparts de la ville elle-même. (Antiquilés judaïques, 1. XII, ch. vu,

S175) ù Cependant, Antiochus Épiphanes avait succombé à

une affreuse maladie, à la suite d’une expédition malheureuse qu'il avait tentée contre Élymaïs, en Perse, dont il voulait piller le temple, célèbre par les richesses qui y étaient entassées.

À la nouvelle de sa mort, Lysias s'empare de la régence au détriment de Philippe, désigné par le roi mourant, et place sur le trône de Syrie son fils Antiochus, très jeune encore, auquel il ajoute le surnom d'Eupator. ;

Comme lagarnison syrienne, postée à Jérusalem dans la citadelle d’Acra, ne cessait pas d’infester de là tous les alentours du Moriah et de molester ceux qui entraient dans le temple ou qui en sortaient, Juda Macchabée entreprend de réduire cette forteresse et d’affranchir ainsi Jérusalem et principalement le mont Moriah d'une semblable servitude.

Antiochus Eupator, pour dégager la citadelle d’Acra et conquérir Bethsour, que Juda avait fortifiée, réunit une armée de 120.000 fantassins, de 20.000 cavaliers et de 32 éléphants. Il marche contre Bethsour qui finit par se rendre. Une bataille sanglante est livrée par Juda près de Beth-Zachara. Éléazar, fils de Saura, d’après le [* livre des Macchabées, et frère de Juda, s’il faut en croire Josèphe, se dévoue alors et tue un des éléphants, croyant qu’il portait Le roi, à cause des ornements qui le décoraient; mais il est lui-même écrasé par la chute de ce gigantesque animal, sous le ventre duquel il s'était placé pour le frapper.

Anüochus, dont les forces infiniment supérieures avaient contraint Juda à se replier sur Jérusalem, s’avance vers cette ville. Pendant qu'il l’assiège, il apprend que Philippe, chargé par son pêre de Padministration de ses propres États, vient de se rendre maître d'Antoche. Sur le conseil de Lysias, il conclut la paix avec les Juifs et se hâte de retourner dans son royaume. Mais, avant de partir, violant le serment qu’il avait fait aux habitants, il pénètre, à la faveur de la paix trom-

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