JONATHAS MACCHABÉE. — SIMON MACCHABÉE
ramène d'Arabie et qu'il fait couronner sous le nom d’Antiochus VI, dit Théos (143 avant J.-C.).
Ce jeune prince, pour attacher Jonathas à sa cause, s’empresse de lui assurer tous les privilèges qui lui avaient été accordés précédemment. Vainqueur des généraux de Démétrius, non loin de Cadès, Jonathas renouvelle l'alliance et amitié de sa nation avec les Romains et les Spartiates.
De retour à Jérusalem, après différentes expéditions, il répare les murs de la ville et bâtit une très haute muraille entre la forteresse syrienne et la Cité, afin de les séparer entièrement et de couper toute communication entre elles deux.
Cependant, Tryphon, aspirant au trône de Syrie, au mépris des droits du jeune Antiochus dont il s'était fait jusque-là le défenseur, s'empare traîtreusement de la personne de Jonathas dans lequel 1l craignait de rencontrer un adversaire à ses projets, en l’attirant à Ptolémaïs par de fallacieuses paroles.
A cette nouvelle, et sans se laisser accabler par un si grand malheur, Simon, son frère, se hâte de prendre la direction des affaires. Il répare l’enceinte de Jérusaiem et achève les travaux commencés par Jonathas.
Tryphon, poursuivant le cours de ses pertfidies, fait prévenir Simon qu'il a retenu son frère Jonathas, à cause de l'argent qu'il devait au roi, et qu'il ne lui rendra la liberté que si on lui envoie à lui-même cent ta lents d'argent et ses deux fils en otages. Simon pressentait bien une ruse dans le langage et dans la demande de Tryphon. Néanmoins, 1l lui envoie les cent talents exigés et les deux fils de Jonathas, dans la crainte qu'on ne laceusât d’avoir sacrifié son frère, s’il n'avait point satisfait aux conditions imposées par Tryphon. Celui-ci, violant sa parole, garde Jonathas, après avoir reçu ses deux fils et les cent talents. Bientôt 1l le met à mort, ainsi que ses deux fils, à Bascama, dans le pays de Galaad. Simon va chercher le corps de
son frère et le rapporte à Modin, où il élève un magnifique tombeau en l'honneur de son père, de sa mère, de ses frères et de lui-même.
J'ai le regret d'annoncer que ce superbe et illustre mausolée, dont, en 1870, j'avais retrouvé l'emplacement, quelques colonnes et les arasements inférieurs de plusieurs chambres sépulcrales, au milieu des ruines de Médieh, l’antique Modin, n’est plus maintenant, comme je m’en suis tristement assuré, en 1884, qu'un amas confus de pierres brisées. Les paysans des villages voisins ont exhumé de là une dizaine de tronçons de colonnes monolithes et de belles pierres de taille qu'ils ont vendues à Lydda comme matériaux de construction. S'imaginant, en outre,quece mausolée renfermait quelque trésor caché, à cause des fouilles qui avaient été pratiquées par moi-même et par d’autres, et de la visite qu'il avait reçue de plusieurs voyageurs de différentes natons, ils l’ont bouleversé de fond en comble. cherchant même dans l’intérieur des pierres le trésor mystérieux qu'ils y croyaient renfermé.
Cependant Tryphon met le comble à ses crimes et à son ambition en tuant son jeune maître Antiochus et en usurpant sontrône.
Dans de pareilles circonstances, Démétrius, le rival de Tryphon, et Simon renouent ensemble une alliance réciproque. Simon est reconnu par lui comme grandprêtre et chef de la nation juive, et de cette année 142 avant J.-C. commence pour les Juifs une nouvelle ère:
Simon réduit enfin et force de se rendre la citadelle d'Acra qui, depuis tant d'années, tenait en échec la ville de Jérusalem. Selon Josèphe, «après avoir emporté cette forteresse, il la rasa complètement jusqu’au sol, afin qu’elle ne püt plus servir de poste favorable à ceux qui s'en empareraient, pour de là causer du dommage comme auparavant. Et après.avoir fait cela, il lui parut utile de raser la montagne elle-même, sur laquelle