SIMON MACCHABÉE
cette citadelle était située, afin que le temple fût plus élevé. Et tous, se mettant à l’œuvre, rasèrent la montagne. Durant trois ans entiers, ils poursuivirent sans relâche ce labeur, jour et nuit, pour faire disparaître cette hauteur jusqu’aux fondements, et la transformèrent en une plaine unie, tellement que, dans la suite, le temple domina tout, la forteresse et la colline sur laquelle celle-ci ävait été bâtie ayant été supprimées. » (Antiquités judaïques, 1. XIIT, ch. vi, $ 6.)
Dans ce passage, qui est très net et très explicite, il ne peut être évidemment question que d’une citadelle se trouvant dans la basse ville ; car 1laurait été impossible aux Juifs de rabaisser la partie supérieure de la ville, en la nivelant au-dessous du mont Moriah, où s'élevait le temple, tandis qu'il était possible de faire subir une pareille diminution à la colline qui, vers l’Ouest ou le Nord-Ouest, touchait au mont du temple et servait d'assiette à la citadelle qu'y construisirent les Syro-Macédoniens. Ce passage, en outre, me semble trancher d’une manière définitive la question controversée de l’emplacement de cette citadelle que, d’après les deux livres des Macchabées, on pourrait ètre tenté de placer sur le mont Sion. La forteresse d’Acra devait, suivant toute apparence, avoisiner l'angle nord ouest de l’enceinte du temple, au sud de Pemplacement qu’oceupa ensuite la tour Baris, qui plus tard devint la tour Antoma; car si elle avait été remplacée purement et simplement par la tour Baris, pourquoi Simon l’auraitil détruite et rasée au-dessous du niveau du temple, et pourquoi aurait-il entrepris et exécuté un travail aussi considérable que celui-là, si, sur les fondations de la forteresse qu'il venait de démolir, et, en quelque sorte, de déraciner du sol avec tant d'efforts, 1l avait aussitôt construit une nouvelle citadelle destinée à sa propre résidence ? Il est à croire qu'après avoir anéanti la forteresse d’Acra, qui avait tenu si longtemps en crainte et la ville et le temple qu’elle dominait immédiatement,
ilne voulut point habiter lui-même cet endroit si néfaste: à sa nation et aux adorateurs du temple, et qu'il préféra se choisir, non loin de là, une autre position également favorable à ses desseins, vers l’angle nord-ouest du temple. Délivrée du joug des Syriens par la destruction de la citadelle d’Acra, Jérusalem jouit pendant quelque temps, sous la ferme et habile direction de Simon, d'un repos profond, ce que la Bible, selon son expression favorite, exprime en peu de mots, par: l’image suivante : « Chacun, dit-elle, se reposait en paix sous sa vigne et sous son figuier. » Simon fit frapper monnaie en son nom et renouvela lalliance que sa. nation avail contractée auparavant avec les Spartiates et les Romains.
L'an 138 avant J.-C., Antiochus Sidétès, fils de Démétrius, envoie contre lui une armée commandée par lun de ses meilleurs généraux, nommé Cendébée. Celui-ci est battu par les deux fils aînés de Simon, Juda et Jean.
Malheureusement, un horrible forfait devait mettre: bientôt fin à la vie et au règne d’un prince si accompli, sous lequella Judée commençait à respirer de toutes les. calamités qu'elle avait si longtemps subies.
L'an 135 avant J.-C., Simon est tué traîtreusement. par son propre gendre, Ptolémée, fils d’Aboub, au milieu des joies d’un festin, dans le château de Doch,. près de Jéricho. Ses deux fils, Mathathias et Juda, qui l’avaient accompagné, tombent également sous les coups. d'assassins apostés. Jean Hyrcan, autre fils de Simon, prévenu àtemps, à Gazara, des pièges qui lui sont tendus, met à mort les gens envoyés pour l’égorger et s’empresse de se faire reconnaître à Jérusalem comme le successeur de son père, et investir du pontificat suprème ; puis 1l va attaquer Ptolémée dans son château de Doch. Ce siège dure longtemps; au moment où Jean Hyrcan redouble d'efforts pour s'emparer de cette forteresse, Ptolémée fait infliger d’horribles tortures à sa.