‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 37 sur 179 · JEAN HYRCAN · texte numérisé non relu

JEAN HYRCAN

mère et à ses frères, détenus prisonniers par lui.

Le Ie' livre des Macchabées affirme, au contraire, que ces deux fils de Simon avaient été massacrés en même temps que leur père et ne fait pas mention de leur mère.

L'année sabbatique met fin à ce siège. Ptolémée prolite de cette circonstance pour s'enfuir ; mais auparavant, d’après le récit de Josèphe, il fait tuer la mère et les deux frères de Jean, puis il se retire auprès de Zénon, tyran de Rabbath-Ammon.

Peu detemps après, Antiochus Sidétès vient, avecune armée formidable, assiéger Jérusalem. Il en ravage tous les environs et l'entoure elle-même de sept camps retranchés. Du côté du Nord, par où elle était plus facilement attaquable, il élève cent tours de trois étages et y place des cohortes. Chaque jour, il renouvelle les assauts, et, pour enfermer davantage les habitants, il creuse au devant de ces différents camps un fossé très large et très profond. Jean Hyrcan, craignant de manquer de vivres, se débarrasse des bouches inutiles. Les malheureux, chassés de la ville, périssent pour la plupart de faim et de misère. Lors de la fète des Tabernacles, les assiégés demandent une trève de sept jours. Antiochus Sidétès la leur accorde et, par cette faveur, mérite de leur part le titre d'Eusébès, à cause de sa piété. En eflet, il introduit même dans la place des bœufs aux cornes dorées, pour être offerts en sacrifice. Les assiégés finissent par traiter avec lui et s'engagent à lui donner des otages et cinq cents talents, dont trois cents immédiatement.

C'est pendant ce siège que, suivant Josèphe (Anéiquités judaïques, 1. XIIL, ch. 1x, $ 4), Hyrcan, pour se procurer de l'argent, ouvrit le tombeau de David, et en üra trois mille talents.

Remarquons, en passant, que cela semble prouver péremptoirement que ce tombeau était dans la ville même. Autrement, comment Hyrcan aurait-1l pu, en-

veloppé qu'il était de tous côtés par les ennemis qui avaient établi sept camps autour de la ville, sortir de l'enceinte, ainsi bloquée si étroitement, pour aller vers le Nord ouvrir le tombeau de David? Or, comme le fait observer Josèphe, le terrain étant plat vers le Nord et la ville étant de ce côté plus facilement accessible et, par conséquent, attaquable, c’est vers ce point qu'Antiochus Sidétès avait élevé ses nombreuses tours d’attaque qui n'auraient jamais permis à Hyrcan, même à la faveur de la nuit, de se diriger furtivement vers les Kobour-el-Molouk, si on les regarde comme étant les tombeaux des rois, pour y puiser dans la chambre funéraire de David les trois mille talents en question. En outre, comment ce mausolée, s’il avait été situé en dehors de la ville, aurait-il pu échapper tant de fois aux recherches et à l’avidité des conquérants qui avaient tour à tour assiégé Jérusalem? Comment aurait-1l pu conserver encore intacte, dans ses mystérieuses cachettes, une somme d'argent aussi considérable que celle dont parle Josèphe ? La chose n’est pas vraisemblable ; il est même peu probable que jamais, à aucune époque, on ait pu enfouir dans la chambre sépulcrale de David, comme en réserve pour l'avenir, des trésors d’une telle importance. [l est aussi peu facilement admissible que, même dans le sein de la ville et au milieu des ravages et des bouleversements qu’elle avait si souvent subis, ce tombeau, s’il avait contenu des richesses semblables, n'ait pas tenté davantage l’avarice des vainqueurs.

Cependant Antiochus Sidétès, ayant péri dans une expédition contre les Parthes, est remplacé par son frère, Démétrius Nicator, 130 avant J.-C.

L'année suivante, Jean Hyrcan s'empare de Sichem et détruit le temple du mont Garizim qui, depuis deux siècles, était le rival de celui de Jérusalem. Il profite ensuite des luttes qui déchiraient le royaume de Syrie, disputé tour à tour par différents prétendants, pour faire jouir ses Etats d’une paix profonde. Il résidait

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