‹ Jérusalem: son histoire, sa description, ses établissements religieuxChapitre 38 sur 179 · ARISTOBULE · texte numérisé non relu

ARISTOBULE

d'ordinaire dans la tour de Baris, où il avait fait déposer la robe pontificale dont il se servait comme grandprêtre dans l’intérieur du temple. Ses fils firent de même.

Après un règne de vingt-neuf ans, il mourut l'an 107 avant J.-C. On croit généralement que son tombeau est celui dont, lors du siège de Jérusalem par Titus, il est plus d’une fois question dans Josèphe, sous le nom de tombeau du grand-prêtre Jean, comme se trouvant dans la partie nord-ouest de la ville

Jean Hyrean avait laissé cinq fils. L’aîné d’entre eux, Aristobule, change en royauté le principat dont il était revêtu et accorde également le titre de roi à Antigone qui venait après lui. Quant à ses trois autres frères, il les tient dans les fers. Il emprisonne également sa mère, à laquelle Hyrcan avait légué ses États comme à son héritière, et 1l la laisse inhumainement mourir de faim. Bientôt, sur des rapports mensongers et à la suite d’une intrigue ourdie par Salomé, sa femme, la même que les historiens désignent également sous le nom grec d'Alexandra, 1l fait tuer son frère Antigone, dans un passage secret et ténébrenx qui reliait la tour Baris à l’enceinte du temple, sous le nom de tour de Straton. Comme le fait remarquer Josèphe, Antigone justifiait ainsi, par sa mort, la prédiction d’un vieil Essénien qui avait annoncé que ce prince périrait dans la tour de Straton. C’est ainsi qu’on appelait la ville qui, plus tard, devint Césarée Maritime, etcomme cet Essénien, le jour même où devait mourir Antigone, vit ce jeune prince traverser le temple sous ses yeux et, par conséquent, très loin de l'emplacement futur de Césarée Maritime, il commençait à se lamenter de ce que, pour la première fois de sa vie, 1] apprenait que l’une de ses prédictions ne se réalisait pas, lorsqu'il fut averti bientôt qu'Antigone venait d’être tué dans un passage souterrain conduisant à la tour Baris et appelé pareillement tour de Straton. Des remords cuisants s'emparent en-

suite d’Aristobule, à la fois parricide et fratricide, et il expire au milieu d’atroces douleurs.

Quand ila rendu le dernier soupir, Salomé, sa femme, fait sortir de prison les frères d’Aristobule et crée roi l'aîné d’entre eux, Alexandre Jannée. Celui-ci (105 avant J.-C.) met à mort l’un de ses frères, qui aspirait au souverain pouvoir. Il traite, au contraire, l’autre avec honneur, parce qu’il ne manifestait aucune ambition. Il va bientôt assiéger Ptolémaïs. Cette ville appelle à son secours Ptolémée Lathyre, chassé d'Egypte par sa mère Cléopâtre, et alors retiré dans ile de Chypre dont il était devenu le souverain; puis elle refuse de l’admettre dans ses murs, une fois qu'il est débarqué à Sycaminos, avec 30.000 hommes, tant fantassins que cavaliers. Ptolémée s'empare d’Asochis, en Galilée, et cherche à engager la lutte avec Alexandre Jannée qu’il défait près des bords du Jourdain. Abusant aussitôt cruellement de sa victoire, il ravage sans pitié le pays. Mais alors Cléopâtre accourt d'Egypte avec une armée pour arrêter les succès de son fils, dans lequel elle voit un rival au trône d'Égypte. et débarque à Ptolémaïs. Alexandre Jannée, sauvé par cette intervention soudaine, va conclure, dans cette ville, une alliance avec Cléopâtre; puis, débarrassé de la crainte que lui inspirait Ptolémée, il attaque Gadara, au delà du Jourdain, et emporte cette place après un siège de six mois; il prend également Amathonte, Raphia, Anthédon et Gaza, qu'il renverse de fond en comble.

De retour à Jérusalem, il s’aliène de plus en plus les Pharisiens dont il avait, à l’exemple de son père, abandonné la secte, pour s’allier aux Sadducéens. Pendant la fête des Tabernacles de l’année 95 avant J.-C. le peuple, à l’instigation des pharisiens, lui lance des outrages et des cédrats que les Juifs tenaient à la main, selon l’usage traditionnel prescrit pour la fête, un jour qu'il était debout devant l'autel pour y sacrifier en qualité de grand prêtre. On lui rappelle en même temps

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qu'il'est le fils d’une captive et indigne, par conséquent, de l'autorité pontificale. Pour se venger, Alexandre -Jannée ordonne à ses soldats un massacre général des habitants et 6.000 de ces derniers tombent sous leurs coups. Une nouvelle expédition l’attire ensuite de nouveau au delà du Jourdain; mais, vaincu près de Gadara par Obeïda, roi des Arabes, il revient à Jérusalem, où il a à réprimer plusieurs insurrections successives. Exaspérés contre lui, les habitants appellent à leur secours Démétrius Eucérus, fils d’'Antiochus Gryphus, qui arrive avec une armée de 40.000 hommes de pied et de 3.000 cavaliers. Alexandre Jannée est complètement battu par lui près de Sichem. Néanmoins, 1l parvient ensuite à réunir sous ses étendards un nouveau corps de 6.000 hommes et triomphe, à son tour, de ses ennemis. En rentrant dans les murs de Jérusalem, 1l y commet d’affreuses cruautés, en faisant crucifier sous ses yeux, pendant qu'il se livre aux douceurs d’un festin, plusieurs centaines de prisonniers dont il avait massacré les femmes et lesenfants. Les dernières années de sa vie sont encore remplies par d’autres expéditions. Eofin, l'an 78 avant J.-C., il meurt de la fièvre au siège de Ragaba, près de Gérasa, en recommandant à sa femme Alexandra, qui l’avait accompagné dans cette campagne, de capter la bienveillance des Pharisiens qu'il avait eu le tort de s’aliéner. Ceux- ci, en retour de ces conseils donnés à la Reine, qui prit, à sa mort, les rênes du pouvoir, lui firent de magnifiques funérailles, et l’enseveñrent au nord du mur septentrional du temple, et non loin de ce mur, comme cela ressort du passage suivant de Josèphe. (Guerre des Juifs, |. V, Ch. vu, $ 3.)

« Les partisans de Jean combattaient de la tour Antonia et du portique septentrional du hiéron du temple, devant le monument du roi Alexandre. »

Alexandra règne au nom de ses deux fils et confie le souverain pontificat à Hyrcan l’ainé. Les Pharisiens,

auxquels, d’après le conseil de son mari, elle s’était ralliée, abusent de l'influence qu’elle leur accorde pour se venger, à leur tour, de leurs ennemis les Sadducéens.

Cependant, Tigranes, roi d'Arménie, à la tète d'une armée formidable, envahit la Syrie et la Judée et assiège Ptolémaïs; mais il est rappelé bientôt dans ses propres États, à la nouvelle que Lucullus ravage l'Arménie. Alexandra tombe malade et meurt, après un règne de neuf ans (59 a vant J.-C.).

Quelque temps avant la mort de sa mère, Aristobule avait quitté furtivement Jérusalem et, ayant réuni des troupes autour de lui, s’était fait proclamer roi. Alexandra, pour prévenir ses projets ambitieux, avait emprisonné sa femme et ses enfants dans la tour Baris; mais elle rend bientôt le dernier soupir. Hyrean Il, nommé roi par les Pharisiens, marche contre son frère. Battu près de Jéricho, 1l revient s’enfermer dans Jérusalem et se retranche dans le chäteau-fort où ilretenait captifs la femme et les enfants d’Aristobule. Il chasse ensuite ses adversaires de l’enceinte du temple; mais, plus tard, il entre en pourparler avec son frère Aristobule ; ils s’'embrassent publiquement, et il est stipulé entre eux que Hyrcan rentrera dans la vie privée,ret qu’Aristobule sera reconnu roi. Josèphe ajoute qu’à la fin de cette entrevue, Aristobule se dirigea vers le palais royal, et Hyrcan, comme un simple particulier, gagna la demeure d’Aristobule. (Antiquités judaïiques, L. XIV, ch. 1, $2.)

Ce palais royal est probablement celui dont il est question ultérieurement sous le nom de palais des Asmonéens, comme étant voisin du Xystus et situé sur un emplacement élevé. (Antiquités judaïques, 1. XX, ch. vin, $ 11. — Guerre des Juifs, 1. IL, ch. xvu, $ 32)

Ces deux derniers passages de Josèphe indiquent que ce palais, différent de la tour Baris, s'élevait près du côté occidental et non à l’angle nord-ouest du temple,

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