II PRÉFACE
sivement la rhétorique dans différents collèges ou lycées de l'État. Enfin, en 1852, je fus envoyé à l'École Française d'Athènes. La vue de la Grèce et de son beau ciel, la magie de ses souvenirs, la perfeclion incomparable de son Parthénon, les chefsd'œuvre innombrables qu'elle a enfantés en tous genres, ses échos répétant encore les noms glorieux de ses anciens poètes, de ses historiens, de ses généraux, de ses hommes d'État, de ses sages, de ses orateurs et de ses arlistes, il n’en fallait pas tant pour m'enivrer du plus vif enthousiasme, et si le spectacle de la Grèce contemporaine me désenchanlait parfois un peu, je me reprenais bien vite à l’admirer de nouveau, en me replongeant avec une sorte de transport dans l'étude de ses antiquités et dans la contemplation des merveilles de son génie littéraire et artistique.
À Constantinople, en Asie Mineure, et surtout en Troade, le même enthousiasme suivit ou plutôt guida mes pas. En Troade, en effet, grâce à la fidélité des descriptions homériques, je pouvais évoquer facilement sur Les lieux mêmes toutes les principales scènes de la grande épopée de l'Iliade. Quel charme d'errer, ce poème à la main, le long des rives sinueuses du Simoïs el du Scamandre, de gravir la colline où fut Troie, d'escalader les hauteurs boisées de l'idaet de contempler de là la Troade entière, la plaine d’Ilion, témoin jadis des combats des Grecs el des Troyens, les fleuves qui l’arrosent, l’île voisine